Journal d'actualité libéral
|
vendredi 16 janvier 2026

Fonction publique d’Etat : le Sénat vise 700 millions d’euros d’économies en un an

Temps de lecture : 2 minutes

Samedi 6 décembre, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances pour 2026, le Sénat a voté un amendement prévoyant de ne remplacer qu’un fonctionnaire d’État sur deux partant à la retraite. Ni les ministères régaliens (Armée, Justice, Intérieur) ni le ministère de l’Education nationale, ne sont concernés. Si cet amendement est validé par l’Assemblée nationale (ce qui n’est pas gagné), il entraînerait la suppression d’environ 23 000 équivalents temps plein (ETP) dans la fonction publique d’Etat.

Et pour cause, l’auteur de l’amendement, Claude Nougain (groupe Les Républicains) explique cette mesure par la présence de nombreux doublons entre administrations centrales et services déconcentrés, opérateurs de l’État et autres structures publiques, notamment les collectivités territoriales. Pour un coût moyen d’environ 30 000 euros annuels pour un agent en début de carrière, les résultats seraient intéressants, avec près de 350 millions d’euros d’économies dès la mi-année, et 700 millions sur une année entière. Un moindre mal !

Pour mieux comprendre le contexte, le texte rappelle que les effectifs de la fonction publique d’État ont continué de croître ces dernières années. Plus précisément, durant le premier quinquennat Macron, les effectifs avaient pourtant reculé de 9 000 postes entre 2018 et 2022. Mais cela a été de courte durée puisque de 2023 à 2025, on a assisté à un retournement complet, avec +21 300 ETP créés, dont 10 600 rien que pour les ministères régaliens. En 2025, le plafond d’emplois de l’État a ainsi atteint 2,41 millions d’équivalents temps plein travaillés (ETPT), soit 2,01 millions pour les ministères et 402 000 pour les opérateurs.

Et, bien évidemment avec ces augmentations, les dépenses de personnel ont explosé à environ 107 milliards d’euros en 2024, soit +6,7 % par rapport à 2023. C’est la progression la plus forte depuis 1986. Si l’on compare au niveau international, la France reste bien sûr l’un des États de l’OCDE les plus dotés en emploi public : 21,1 % de l’emploi total, contre 16,9 % au Royaume-Uni et 11,1 % en Allemagne.

Aujourd’hui plus que jamais, le statut de la fonction publique pose un problème qu’on ne peut plus mettre sous le tapis. IREF- Contrepoints milite depuis des années pour la suppression de ce statut, ainsi que pour une forte réduction du nombre d’emplois publics. L’adoption de cet amendement va indéniablement dans le bon sens, mais nous appelons les responsables politiques à aller encore au-delà, comme nous le détaillons dans notre programme.

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


12 réponses

      1. Je vous invite à consulter les résultats par classe d’âge aux dernières législatives, les chiffres parlent tout seuls.

  1. Si les sénateurs commençaient à se serrer eux-mêmes la ceinture, et leurs jardiniers payés, paraît-il, trois fois le smic à 32 heures/semaine, là il y aurait de sérieuses économies !

  2. Très hypothétique tout ça ! Nous savons très bien comment toutes ces bonnes intentions se terminent ! Encore un os à ronger….

  3. A quand la diminution du nombre de députés et le nombre de sénateurs, le plafonnement des retraites des anciens élus et des hauts fonctionnaires, une grande partie de ces élus ont participés à faire un système de retraite de privilégiés il serait temps de faire un seul et unique mode calcul des retraites privé public et élus.
    Je pense qu’un candidat à la présidence qui viendrait avec cela dans son projet politique, sans oublier de revoir le système sur l’immigration, la justice, et diminuer le nombre de fonctionnaires, des normes en France et du pouvoir de l’Europe, pourrait avoir beaucoup d’électeurs, mais il faut avoir du courage?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.