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samedi 18 avril 2026

Gagnez plus, c’est maintenant ! Votre travail mérite d’être bien payé, de Pierre Gattaz

Temps de lecture : 3 minutes

Président du Medef de 2013 à 2018, Pierre Gattaz livre dans cet essai une vision radicalement différente de celle de nos responsables politiques, qui est résolument pro-business et libérale. Dans la rédaction de cet ouvrage, il a été aidé par Maxime Aiach (président et cofondateur d’Acadomia et Shiva), Xavier Fontanet (ancien PDG d’Essilor) et Michel de Rosen (qui a dirigé plusieurs groupes internationaux comme Eutelsat Communications). Un livre écrit par des entrepreneurs et grands patrons à destination de tous les Français, et en particulier des salariés. Car, comme le dit le sous-titre de cet ouvrage : le travail mérite d’être bien payé !

L’ouvrage est composé de deux parties : la première est un constat sur les maux économiques de notre pays ; la deuxième est un catalogue de réformes pour augmenter le pouvoir d’achat de tous les Français.

Dans la première partie, le constat est clair : le travail ne paie pas assez, la France souffre de la smicardisation et les contrats de travail actuels sont trop rigides et freinent drastiquement les embauches. Pierre Gattaz dénonce le fait qu’un cumul de prestations sociales peut rapporter autant voire plus qu’un travail au SMIC dont il faut ajouter les contraintes et les frais (transport, frais de garde d’enfants, etc.) La France est l’homme malade de l’Europe, et les Français ont à la fois de plus en plus peur du déclassement pour eux et leurs enfants, mais ont aussi un sentiment d’injustice voire de ressentiment (la crise ne serait pas la même pour tout le monde).

Quelles sont les causes de tout cela ? En citant Frédéric Bastiat (ce qui est assez rare pour être souligné), M. Gattaz critique un Etat obèse qui absorbe trop de richesses créées par les Français. Surtout, le pouvoir d’achat est trop faible et il n’augmente pas assez car la croissance économique est en berne.

Pour contrecarrer cette spirale négative dans laquelle la France est engluée, trente mesures sont ici proposées.

Parmi les réformes énoncées par Pierre Gattaz, certaines sont ambitieuses. En effet, sa mesure n°8 est une politique également demandée par l’IREF : donner aux Français la liberté de choisir leur couverture santé. Inspiré notamment de la Suisse, Pierre Gattaz affirme que cette approche permet d’être mieux couvert, selon ses choix, en payant moins qu’actuellement. Tout en ayant un plancher minimal d’assurance obligatoire pour ne laisser personne au bord de la route, « ce dispositif encouragera une concurrence saine entre les fournisseurs d’assurances pour offrir de meilleures prestations et des coûts plus avantageux. » (p. 74)

Autre mesure, qui peut étonner de la part d’un grand patron et d’un ancien président du Medef : la réduction des aides aux entreprises. Ayant un coût pour les finances publiques, M. Gattaz propose ainsi de réduire de 80 milliards d’euros les aides aux entreprises ; baisse qui sera accompagnée d’une réduction des contraintes administratives qui pèsent sur nos sociétés.

La retraite est également évoquée : l’idée de plus recourir à la capitalisation est mise sur la table ainsi que le libre choix de l’âge de départ à la retraite pour chaque individu, tout en se basant sur un nouvel âge pivot de 67 ans, à partir de 2028. Pour cette proposition, les exemples de la Suède et du Canada sont cités. Pour les salariés, une mesure attire particulièrement notre attention : que l’entreprise soit libre de proposer à ses employés soit un contrat de travail classique, soit un statut d’indépendant.

Les mesures ne concernent pas uniquement les entreprises et le milieu économique, mais aussi la vie publique et politique. Pierre Gattaz avance l’idée de supprimer un échelon de la sphère publique, les départements, et de créer 33 régions qui feront plus ou moins la taille de trois départements. Cette réforme viserait à diminuer de 10 % les budgets territoriaux. Aussi, cette mesure s’allierait avec le principe de la subsidiarité ; des politiques publiques de l’Etat pourraient être transférées aux collectivités locales, aux associations et aux entreprises.

Pierre Gattaz soumet également la suppression de nombreux postes de fonctionnaires et de réserver le statut de la fonction publiques aux missions régaliennes de l’Etat (police, justice, armée, diplomatie). A cela se rajoute la réduction du nombre de lois et de réglementations : le coût de la gestion administrative en France est de 3,1 % de son PIB, contre 1,9 % aux Etats-Unis. L’auteur énonce un changement de paradigme : « La philosophie que nous recommandons est de se fonder sur l’obligation de résultat et non pas sur celle de moyens. Cela simplifierait beaucoup la vie de tous les Français » (p. 134) Enfin, il recommande l’instauration d’une règle d’or budgétaire pour que chaque budget soit voté à l’équilibre et ainsi en finir avec les déficits et réduire la dette.

Pierre Gattaz l’affirme : la liberté est au cœur de son projet. « La liberté de travailler. La liberté de choisir son métier, son rythme, son statut. La liberté d’entreprendre. La liberté de se responsabiliser plutôt que d’être assisté. Car la liberté, c’est la dignité, et c’est aussi le moteur du progrès. » (p. 170) Ce livre comporte trente mesures, certaines sont audacieuses et permettraient à la France de se relever et de rebooster son économie. Selon l’auteur, si elles sont appliquées, le pouvoir d’achat des Français augmenterait de 30 % ! Mais qui osera appliquer de telles réformes ?

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Une réponse

  1. Très beau programme mais tant que 60% des franchouillards seront bénéficiaires du système actuel de redistribution…..les urnes vont demander toujours plus de quoi qu il en coute…..des qu on ouvre la boîte de pandore tout le monde s y engouffre!!!!
    Quand les 40% restants s acquitent de 100% de l IR et de la TF
    Jusqu’à quand les marchés vont tolérer cette gabegie????

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