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samedi 14 février 2026

Groenland : Trump fait la paix avec les Européens

Temps de lecture : 2 minutes

Donald Trump a finalement cédé sur le Groenland, même si des zones d’ombre demeuraient jeudi sur les conditions dans lesquelles un « accord-cadre » claironné par la Maison-Blanche permettait aux Européens et aux Etats-Unis de sortir par le haut de cette crise inutile et qui laissera des traces en matière de défiance transatlantique.

Cet accord, annoncé mercredi soir par Donald Trump après un entretien avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, prévoit un renforcement militaire de l’Alliance dans l’Arctique et le positionnement de missiles américains dans cette île sous souveraineté danoise. Mais, surtout, Donald Trump semble renoncer à annexer le Groenland, contrairement à ce qu’il martelait depuis des mois. Il clamait encore mercredi que « seul compte un titre de propriété et non un accord de bail » car « on ne défend bien que ce que l’on possède ».

Cette reculade inattendue du président américain peut s’expliquer à la fois par une certaine habileté d’une Europe plus unie que d’habitude pour défendre la souveraineté d’un de ses membres, mais aussi par les dégâts domestiques provoqués par ce projet. La France, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l’Allemagne et les pays scandinaves avaient en effet déployé des contingents certes symboliques au Groenland mais dont le message était clairement à destination de Donald Trump « si tu veux nous imposer un fait accompli par un raid de la 11ème airborne, tu cours le risque de devoir tirer sur des soldats européens, c’est un coût politique que tu ne peux pas être prêt à prendre ». Perspective contre laquelle les chefs du Pentagone l’ont vraisemblablement mis en garde, soulignant que l’alliance avec les Européens était bien plus importante pour les Etats-Unis qu’un désert glacé au nord de l’Islande. Surtout, les taux d’intérêts sur les Bons du Trésor américain, qui se traduisent généralement dans le coût du crédit immobilier, avaient commencé à flamber mardi, tandis que les valeurs américaines baissaient. On dit toujours aux Etats-Unis, où de nombreux ménages ont investi leur plan d’épargne retraite en actions, que le véritable juge est Wall Street. Bref, Donald Trump semble n’avoir pas eu d’autres choix que de saisir la porte de sortie que lui tendait l’Europe.

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11 réponses

  1. paragraphe III, lignes 4 & 5 : déployé des continents certes…
    pas plutôt : contingents ? Sinon, quel guignol que ce mégalo ! Dans leur tombe, quelques Staline, Hitler, Mao et autres du même tonneau doivent s’en retourner de jalousie. Pour sa ré-élection il est copain comme cochon avec Musk, et moins d’un mois après il le voue aux gémonies !

  2. « On dit toujours aux Etats-Unis, où de nombreux ménages ont investi leur plan d’épargne retraite en actions, que le véritable juge est Wall Street »
    Voilà un langage que D Trump comprend parfaitement; il n’est donc pas complètement idiot, contrairement à ce qu’on nous chante ici où là.

  3. Sur certains points Trump est pertinent, sur d’autres il a un côté docteur Fol-amour tout à fait déplorable et hors de propos pour le chef d’un État démocratique.

  4. Trump est un excellent manipulateur. Il commence par afficher des exigences impossibles à satisfaire puis fait semblant de reculer. Il donne l’impression à son adversaire, l’Europe, qu’elle l’a fait céder, mais en réalité sa  » position de repli  » était son objectif dès le début. Après ça, ce que pense l’Europe, ça ne le concerne plus.
    C’est un jeu de dupes. Trump est un excellent négociateur doublé d’un manipulateur extrêmement rusé.

  5. Le troupeau bêlant va certainement être ravi de savoir que les zèbres zeuropéistes ont fait « céder » les usa et trump

  6. Il serait peut être temps pour les journalistes de lire son livre sur le Deal afin de cesser d’écrire des sottises. Trump tente des coups de force, ça marche ou ça ne marche pas!

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