Journal d'actualité libéral
|
jeudi 12 février 2026

IA : « Moins de travail répétitif, plus de pensée stratégique » selon le directeur d’Amazon

Temps de lecture : 2 minutes

russie

Dans une note interne du 17 juin dernier, Andy Jassy, directeur général d’Amazon, affirme que l’intelligence artificielle va « réduire le besoin de certaines tâches répétitives », tout en exigeant davantage de « pensée stratégique ». Il rajoute : « Nous aurons besoin de moins de personnes pour faire certains des travaux qui sont faits aujourd’hui, et de plus de personnes pour faire d’autres types d’emplois. ». Rien de véritablement inédit : chaque avancée technologique majeure, de l’imprimerie au XVᵉ siècle à l’informatique, a supprimé des emplois tout en en créant de nouveaux.

D’après le dernier sondage de Gallup, la part des employés américains déclarant avoir recours à l’IA dans leur travail est passée de 21 % à 40 % au cours des deux dernières années. L’usage quotidien, quant à lui, en a doublé en seulement un an, de 4 % à 8 %. Des chiffres qui montrent que l’intelligence artificielle s’imposera comme un outil central dans notre quotidien d’ici peu.

Mais derrière l’analyse d’Andy Jassy, une préoccupation plus profonde se profile : alors que l’IA modifie radicalement notre façon de penser et d’aborder le travail, le système éducatif doit impérativement se réinventer pour préparer les futurs talents à cette nouvelle réalité.

Or, les performances scolaires des jeunes Américains et Européens s’effondrent. Aux États-Unis, les résultats en mathématiques des collégiens sont au plus bas depuis trente ans. La France, selon l’étude du PISA de 2022, fait partie du très large groupe de pays de l’OCDE qui voit ses performances baisser. En moyenne, la France enregistre un score de 474 en mathématiques et en compréhension de l’écrit (la moyenne de l’OCDE est respectivement de 472 et de 476), en sciences, elle obtient 487, la moyenne étant de 485. Et ce, alors que le budget alloué à l’éducation nationale atteint 86,9 milliards d’euros en 2025, ce qui en fait le 3ᵉ ministère le plus doté.

Le véritable problème ? L’école et l’université prônent une hiérarchisation floue entre l’usage des outils numériques et du raisonnement personnel. Pourtant, une étude publiée en 2020 dans Frontiers in Psychology montre que l’écriture manuscrite active bien plus efficacement les zones du cerveau liées à la mémoire et à la compréhension que la saisie au clavier.

Dans ce contexte, des outils comme ChatGPT accentuent le phénomène d’externalisation cognitive. Mais une utilisation abusive de ces outils peut donner des résultats préoccupants : des copies sans fautes, mais aussi sans idées. Un professeur universitaire rapporte ainsi avoir reçu un devoir sur la guerre de Bosnie contenant la phrase absurde suivante : « des soldats nazis courageux avaient été violés en masse » ; une production automatique d’IA, sans relecture de l’étudiant. Le phénomène prend de l’ampleur : selon deux enquêtes internationales du Digital Education Council menées en 2024, 86 % des étudiants utilisent l’intelligence artificielle, alors que 61 % des établissements d’enseignement supérieur l’intègrent réellement dans leurs enseignements.

Le véritable obstacle n’est pas technologique, mais idéologique. Tant que les systèmes éducatifs (dont le système français) resteront fondés sur la dépense publique et le conformisme bureaucratique archaïque, ils seront incapables de préparer les talents à un monde fondé sur la libre initiative et l’innovation. L’intelligence artificielle n’est pas une nouvelle menace à combattre, mais une alliée exigeante : elle ne remplace ni l’intuition ni le jugement, mais c’est un levier d’élévation intellectuelle, pour de meilleurs résultats. Il est donc essentiel de la maîtriser pour s’élever.

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


4 réponses

  1. Bonjour,
    Je doute qu’il faille de l’IA pour qu’un livreur fasse correctement son travail et cesse de jeter les colis sur le trottoir, devant la porte du gardien et une pancarte : « Dépôt de colis interdit ». Un peu de bon sens et surtout de conscience professionnelle suffirait amplement.

  2. Admettons ce pronostic tout en sachant que 2/3 de la population du globe sont incapables d’exécuter un travail autre que répétitif ne nécessitant aucune part d’intelligence humaine.

  3. Il faudrait demander aux préparateurs de commandes chez Amazon ce qu’ils pensent de la répétitivité de leur fonction…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.