A Washington s’ouvre le sommet annuel de l’OTAN, certainement la plus efficace alliance militaire défensive de tous les temps, puisqu’elle a réussi à dissuader durant un demi-siècle de guerre froide l’URSS d’envahir la moindre portion d’un de ses Etats membres (au nombre de douze à sa création en 1949, de seize à la chute du Mur de Berlin quarante ans plus tard et 32 aujourd’hui après l’adhésion de tous les pays de l’Est sous la domination jadis de Moscou, ainsi que de la Suède et la Finlande). L’organisation regroupe des pays dont les dépenses militaires sont équivalentes, en données brutes, aux deux tiers du total mondial. Désormais, 23 d’entre eux respectent la règle commune imposant de consacrer plus de 2 % de leur PIB à la Défense, contre seulement 9 il y a quatre ans. La clé de la défense collective est l’article 5 du traité, activé une seule fois après le 11 septembre 2001, selon lequel toute attaque contre le territoire européen ou nord-américain d’un seul de ses membres serait considérée comme une attaque contre tous, imposant à chacun de venir en aide au pays attaqué par tous moyens à sa convenance, diplomatique, financier, ou (mais pas obligatoirement) militaire.
L’Alliance atlantique, qui semblait être sinon en état de « mort cérébrale », comme l’avait estimé un peu imprudemment le président Macron, du moins en quête d’une nouvelle raison d’exister, s’avère aujourd’hui le pilier de la sécurité collective de la quasi-totalité des pays d’Europe et d’Amérique du nord, confrontée à de nouveaux défis avec la guerre provoquée à ses portes par le Kremlin, en Ukraine. Kyiv devrait recevoir de nouveaux engagements d’aide militaire, notamment anti-aérienne, mais pas d’invitation formelle à adhérer à l’OTAN, en raison de l’attentisme allemand et américain.
Le sommet qui se termine vendredi, sera aussi l’occasion de scruter attentivement l’état de santé de son hôte, le président Joe Biden, après des incidents de plus en plus fréquents, récemment, illustrant un état neurologique dégradé. Autres leaders en difficulté parmi les principaux pays de l’Alliance, sur le plan militaire et politique, le président français, qui n’arrivera que jeudi, en raison des conséquences désastreuses de sa dissolution du Parlement, et le chancelier allemand, Olaf Scholz, dont le parti a obtenu un score historiquement faible aux élections européennes, début juin. En revanche, le nouveau Premier ministre britannique, le travailliste Keir Starmer, arrivera auréolé de son récent triomphe électoral.
Autre illustration, pas forcément pertinente sur le plan de la sécurité militaire, de l’exception française, la France est, de loin, le pays membre de l’Alliance où la défiance envers l’OTAN est la plus représentée dans le paysage politique; près de la moitié des électeurs français votent pour des partis qui, des diverses incarnations de l’extrême gauche, en passant par LFI et le PCF, ou de l’extrême droite, ont proposé jadis de quitter purement et simplement l’organisation (de Gaulle avait retiré en 1965 les troupes françaises de la houlette du commandement intégré mais pas de l’Alliance) et nourrissent encore aujourd’hui une profonde méfiance envers elle. C’est le triple de la proportion qui se retrouve dans les pays européens les plus réticents envers l’Otan…
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Une réponse
Il ne faut pas se faire d’illusion : le jour où Poutine attaquera, ce n’est pas en lui jetant des liasses de billets de banque à la figure qu’il reculera.
Ce qu’il faut, ce sont des armes. Et des munitions. Et des soldats qui savent s’en servir. Et des chefs qui ont les c…s d’ordonner aux soldats de s’en servir. Quitte à cabosser amicalement le « compteur de haricot » qui n’aurait pas compris à quoi sert un stock, comme nous en avons toujours eu (« yenapas ! »).
Pour que les industriels baissent leur prix et augmentent leur production, il faut leur donner de la vi-si-bi-li-té.
C’est à dire, modifier le code des marchés public afin que, sauf problème de non conformité (qualité, performances), les industriels aient la certitude que le marché ira jusqu’au bout, aussi bien sur les délais que les quantités. Parce qu’aujourd’hui, les industriels de l’armement savent qu’ils ont un menteur pour client, et « prennent leurs précautions ».
Et maintenir de la concurrence là où il y en a encore, pour éviter la placide indifférence aux performances, propre à tout monopole. La comparaison opérationnelle Rafale – Eurofighter en dit long sur ce à quoi nous avons échappé, en ne cédant pas aux pressions politiques d’Airbus/Allemagne…
On pourrait aussi évoquer le coté néfaste ou stérilisateur des corps intermédiaires (hiérarchies incluses) entre concepteurs et utilisateurs. Quelques contre-exemples :
–> Le Lightning P38 (que les allemands avaient nommé « le diable à queue fourchue ») a été conçu sur fonds propres, en liaison avec des pilotes. Malgré ses défauts, ils s’est avéré un des chasseurs US les plus efficaces.
–> Quelques années plus tôt, le War Office anglais avait spécifié, pour leur nouveaux avions (Spitfire et Hurricane) un moteur à refroidissement par air « pour faire comme les allemands ». Les ingés anglais l’ont joué à « cause toujours tu m’intéresse » et ont conçu le moteur Merlin, à refroidissement par eau (l’avion volait plus vite quand le radiateur était sorti !).
–> Le F16 a été conçu contre les instruction du Pentagone, plus ou moins « en perruque », « sur un coin de table » (un coin de table US, avec beaucoup de dollars). Les « aviateurs de bureau » avait théorisé l’avion « lourd », basé sur la puissance de ses réacteurs, quand les « aviateurs de cockpit » préférait un avion léger, maniable, qui est devenu le F16. Aujourd’hui, on voit bien que leur démarche était la bonne. Les théoricien du Pentagone n’ont pas changé d’avis pour autant, car « un bureaucrate ne meurt jamais » Résultat : le F35, cette « machine à consommer les budgets militaires »…
–> J’avais prévu d’évoquer l’Eurofighter, qui devait être le « tueur de Dassault », mais il se fait tard…
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Il ne faut pas se faire d’illusion : le jour où Poutine attaquera, ce n’est pas en lui jetant des liasses de billets de banque à la figure qu’il reculera.
Ce qu’il faut, ce sont des armes. Et des munitions. Et des soldats qui savent s’en servir. Et des chefs qui ont les c…s d’ordonner aux soldats de s’en servir. Quitte à cabosser amicalement le « compteur de haricot » qui n’aurait pas compris à quoi sert un stock, comme nous en avons toujours eu (« yenapas ! »).
Pour que les industriels baissent leur prix et augmentent leur production, il faut leur donner de la vi-si-bi-li-té.
C’est à dire, modifier le code des marchés public afin que, sauf problème de non conformité (qualité, performances), les industriels aient la certitude que le marché ira jusqu’au bout, aussi bien sur les délais que les quantités. Parce qu’aujourd’hui, les industriels de l’armement savent qu’ils ont un menteur pour client, et « prennent leurs précautions ».
Et maintenir de la concurrence là où il y en a encore, pour éviter la placide indifférence aux performances, propre à tout monopole. La comparaison opérationnelle Rafale – Eurofighter en dit long sur ce à quoi nous avons échappé, en ne cédant pas aux pressions politiques d’Airbus/Allemagne…
On pourrait aussi évoquer le coté néfaste ou stérilisateur des corps intermédiaires (hiérarchies incluses) entre concepteurs et utilisateurs. Quelques contre-exemples :
–> Le Lightning P38 (que les allemands avaient nommé « le diable à queue fourchue ») a été conçu sur fonds propres, en liaison avec des pilotes. Malgré ses défauts, ils s’est avéré un des chasseurs US les plus efficaces.
–> Quelques années plus tôt, le War Office anglais avait spécifié, pour leur nouveaux avions (Spitfire et Hurricane) un moteur à refroidissement par air « pour faire comme les allemands ». Les ingés anglais l’ont joué à « cause toujours tu m’intéresse » et ont conçu le moteur Merlin, à refroidissement par eau (l’avion volait plus vite quand le radiateur était sorti !).
–> Le F16 a été conçu contre les instruction du Pentagone, plus ou moins « en perruque », « sur un coin de table » (un coin de table US, avec beaucoup de dollars). Les « aviateurs de bureau » avait théorisé l’avion « lourd », basé sur la puissance de ses réacteurs, quand les « aviateurs de cockpit » préférait un avion léger, maniable, qui est devenu le F16. Aujourd’hui, on voit bien que leur démarche était la bonne. Les théoricien du Pentagone n’ont pas changé d’avis pour autant, car « un bureaucrate ne meurt jamais » Résultat : le F35, cette « machine à consommer les budgets militaires »…
–> J’avais prévu d’évoquer l’Eurofighter, qui devait être le « tueur de Dassault », mais il se fait tard…