Rares sont les ouvrages de Thomas Sowell, figure libérale-conservatrice emblématique des Etats-Unis, à être traduits en français. Réjouissons-nous car l’un de ses ouvrages les plus importants – qui ne traite pas d’économie mais des questions raciales aux Etats-Unis – vient dernièrement de l’être. Ce sont les Editions Résurgence, maison libertarienne qui traduit notamment les ouvrages de Hans-Hermann Hoppe, qui nous offre Intellectuels et Race.
Rares sont les ouvrages de Thomas Sowell, figure libérale-conservatrice emblématique des Etats-Unis, à être traduits en français. Réjouissons-nous car l’un de ses ouvrages les plus importants – qui ne traite pas d’économie mais des questions raciales aux Etats-Unis – vient dernièrement de l’être. Ce sont les Editions Résurgence, maison libertarienne qui traduit notamment les ouvrages de Hans-Hermann Hoppe, qui nous offre Intellectuels et Race.
Préfacé par Laurent Obertone, auteur notamment d’un pamphlet anti-étatisme nommé Eloge de la Force, ce livre de Thomas Sowell dénonce des notions désormais à la mode en France comme le racialisme, le multiculturalisme ou encore la discrimination positive. Afro-américain, né pendant la ségrégation, il démontre avec brio comment les intellectuels du XIXème au XXIème siècle se sont appropriés les questions raciales afin de dérouler leur idéologie, qu’ils revendiquent comme une « science ».
L’analyse de Sowell est chronologique, et permet de montrer que les intellectuels « progressistes » ont radicalement changé leur vision des questions raciales. Si aujourd’hui le courant de pensée « progressiste » explique que si les personnes noires réussissent moins, c’est à cause d’un racisme systémique et de constructions sociales qui profitent aux blancs, ce même courant expliquait à l’origine que les noirs sont « des grands enfants et doivent être traités comme tels » (p. 50). A l’origine de cette phrase, le professeur d‘économie Richard T. Ely, qui affirmait dans un livre paru en 1922 que « nous devons mettre les classes les plus désespérées, laissées pour compte de notre progrès social, sous soins de garde les plus évolués qui soient, avec ségrégation des sexes et confinement afin d’empêcher [leur] reproduction. » D’autres membres du courant « progressiste » de la fin du XIXème et du début du XXème siècle estimaient que les immigrants provenant d’Europe de l’Est et du Sud étaient des dangers pour le niveau intellectuel, économique, et génétique. Le professeur Francis A. Walker souhaitait protéger « le niveau de vie des américains et la qualité de la citoyenneté américaine contre la dégradation due à l’arrivée tumultueuse de vastes foules de paysans ignorants et brutes venus des pays d’Europe de l’Est et du Sud. » (p. 49).
D’une thèse ouvertement raciste et haineuse, les « progressistes » sont désormais dans le camp des soi-disant « antiracistes » en accusant les populations blanches d’être responsables du malheur des noirs-américains. La seconde guerre mondiale fut notamment un tournant avec la sortie du livre An American Dilemma (1944) du suédois Gunnar Myrdal. C’est également à cette période que les progressistes se renommèrent, aux Etats-Unis, « liberals ». Si les différences socio-économiques entre les races furent attribuées à la génétique, elles sont désormais attribuées au racisme. Dans tous ces changements, seul reste ici deux caractéristiques : celle qui tend à considérer les populations noires comme « des enfants », et l’action de l’Etat qui, de protecteur des premiers immigrants américains face aux nouveaux arrivants, est aujourd’hui appelé à défendre et avantager les non-blancs vis-à-vis de la société « raciste » américaine.
Or, et c’est ce à quoi nous amène Thomas Sowell dans la deuxième partie de son livre, l’accroissement du rôle de l’Etat orchestré par les « progressistes » de tous les temps n’a fait que provoquer des dégâts. Si la situation actuelle des noirs est détériorée, c’est à cause des politiques publiques menées par l’Etat (subventions publiques, discrimination positive) issues d’une culture de l’excuse qui prend racine dans les thèses racistes qui considèrent les noirs comme membre d’une « race inférieure ».
Thomas Sowell nous rappelle donc que pour lutter contre leurs conditions, les noirs-américains dont il fait partie doivent bannir le ressentiment à l’égard de la société et des blancs, et se considérer comme des individus libres et responsables. Mais surtout, comme pour tous les individus, ils doivent se détacher de l’action néfaste de l’Etat.
Intellectuels et race, de Thomas Sowell Et en France, les féministes seraient bien avisées de faire le même raisonnement, d’arrêter de se présenter elles-mêmes comme victimes, et de se considérer comme des êtres libres et responsables.
Inversion hallucinante des choses.
Si les progressistes étaient racistes au 19e et au début du 20e siècle, c’est parce que la société toute entière l’était. La « supériorité de la race blanche » était une évidence pour tout le monde, en occident.
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2 réponses
Intellectuels et race, de Thomas Sowell
Et en France, les féministes seraient bien avisées de faire le même raisonnement, d’arrêter de se présenter elles-mêmes comme victimes, et de se considérer comme des êtres libres et responsables.
Inversion hallucinante des choses.
Si les progressistes étaient racistes au 19e et au début du 20e siècle, c’est parce que la société toute entière l’était. La « supériorité de la race blanche » était une évidence pour tout le monde, en occident.