Le décès de l’ancien maire de Paris tourne une page, mais l’« héritage » de Jean Tiberi demeure : l’ancrage à gauche de la capitale.
Décédé dans sa 91e année, Jean Tiberi demeurera donc au regard de l’histoire l’un des principaux responsables de la perte de la ville de Paris, pourtant a priori imperdable, pour la droite.
Issu du secteur public, puis homme politique professionnel (au total 25 ans Maire du Ve arrondissement, 23 ans député), Jean Tiberi est un proche de Jacques Chirac. Son mentor étant devenu chef de l’État, il lui succède en 1995 comme maire de Paris. Son mandat, le seul et l’unique, va être pollué par les « affaires ». Il deviendra l’une des têtes de Turc des « Guignols » sur Canal Plus avec son inénarrable épouse, Xavière, auteure d’un « rapport » chèrement payé et dévoilé, fautes d’orthographe incluses, par le Canard enchaîné. Sans parler de l’affaire de ses enfants, accusés d’être bénéficiaires de logements sociaux de la ville tout en louant des appartements dont ils étaient propriétaires…
La droite parisienne s’entredéchire. Jacques Toubon tente d’abord de l’évincer, mais c’est Philippe Séguin qui sera le candidat officiel de la droite aux élections municipales de 2001, Tiberi ayant été exclu du RPR. « La droite la plus bête du monde » n’ayant pas réussi à éviter les divisions, c’est un illustre inconnu, Bertrand Delanoë, qui l’emporte. Depuis lors, les socialistes n’ont plus lâché les reines de la capitale.
Tiberi devient officiellement un repris de justice en 2015 lorsque la Cour de cassation rejette son pourvoi. Il est alors définitivement condamné pour fraude électorale dans l’affaire dite des faux électeurs du Ve arrondissement à 10 mois de prison avec sursis, 10.000 € d’amende et 3 ans d’inéligibilité.
De Tiberi, nous retiendrons une anecdote très révélatrice d’une certaine droite française peu versée dans le libéralisme. Interrogé sur la politique des subventions suivie par ses successeurs, l’ancien maire se lamentait du fait que les socialistes arrosaient les seules associations de gauche, alors que lui, lors de son mandat, avait versé des subventions à tout le monde…
La carrière de Tiberi permet de comprendre pour quelle raison tant d’électeurs (de vrais électeurs…) se détournent de la politique ou nourrissent le vote populiste. La maire de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé que les drapeaux de la ville seraient en berne. Elle ne pouvait sans doute pas en décider autrement, mais peut-être s’agit-il d’un hommage à celui qui a fortement contribué à l’arrivée des socialistes à la tête de la capitale…
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6 réponses
Je pense que c’est surtout l’évolution macro-économique qui a donné Paris aux socialistes… beaucoup de grandes villes occidentales sont passées à gauche – voire au gauchisme. Nos économies fortement socialo-keynésiennes (encore plus depuis Maastricht et l’Euro) sécrètent ce genre de sociologie de « bureaucratie du secteur privé ». Il suffit d’ailleurs de regarder le contraste des cartes électorales entre les grandes villes socialo-gauchistes et le reste du pays largement RN. Ceci-dit, je vous rejoins sur cette droite chiraquienne qui n’était pas plus libérale que la gauche mitterandienne.
Bertand Delanoë, Pierre faisait de la musique
… n’ont plus lâché les reines de la capitale.
(de quelles tantes peut-on se demander qu’il s’agit ?)
En effet les socialistes n’ont jamais été royalistes …
C’est plutôt le système électoral du maire de Paris qui a fait perdre la droite. Et maintenant les dégâts causés par Hidalgo dans la plus belle ville du monde sont irrémédiables. Il faudra des années pour redonner à Paris sa place de plus belle ville du monde et ça va pas être facile car elle est complètement ruinée et endettée.
Tibéri, comme Chirac, un fonctionnaire congénital et radical-socialiste, malhonnête de sucroît. En résumé, un politique généré par notre géniale fabrique de crétins qu’est l’éducation nationale…