Henry Alfred Kissinger a 100 ans. C’est une personnalité très rare, un des plus grands hommes d’Etat qu’a connu l’Amérique. Sa vie est l’exemple même de la réussite américaine : il avait 15 ans quand sa famille juive a fui l’Allemagne nazie en 1938. Il a participé à la Seconde Guerre mondiale, il est même retourné combattre en Allemagne. Il a ensuite étudié à Harvard où il a attiré l’attention de Nelson Rockefeller, membre du Parti républicain, qui sera le vice-président de Gerald Ford. Kissinger sera secrétaire d’Etat sous Nixon et Ford durant huit ans. Il mettra fin à la guerre du Vietnam (en abandonnant les Vietnamiens aux communistes), tentera de résoudre des conflits au Moyen-Orient et, dans l’histoire de la guerre froide, il sera l’artisan de la « détente » avec l’URSS et du rapprochement des Etats-Unis avec la Chine. Pour lui, ce qui compte c’est le rapport de force et la géopolitique. Tant pis pour les peuples. Adepte de la « diplomatie secrète » – qui convient parfaitement aux dictatures – il « oublie » les dizaines de millions de morts du maoïsme et rencontre Mao plusieurs fois. Lequel ne semble guère en avoir été impressionné : « Pour moi, a-t-il dit, Henry Kissinger n’est qu’un petit bonhomme risible. Chaque fois qu’il vient me voir, il est tellement nerveux qu’il a la tremblote ». Kissinger a tellement cru à une relation particulière avec la Chine qu’il lui a même fourni des secrets militaires sur l’URSS ; dans la même veine, il a aussi encouragé la France et la Grande-Bretagne à lui livrer les technologies nécessaires pour construire des réacteurs nucléaires ! En réalité, il a aidé la Chine à devenir plus rapidement une puissance sur le plan international (pour savoir plus, lire avec profit les tomes I et III de l’Histoire mondiale du communisme de Thierry Wolton) .
Avec Moscou, il a choisi la collaboration (le soutien) économique et la realpolitik. Une bonne option pour la dictature soviétique, qui en profite pour étendre son influence dans le monde. Les accords Salt 1 de 1972 sur la limitation des armes stratégiques ont permis à l’URSS de rattraper son retard par rapport à l’Amérique et de commencer à installer des euro-missiles. Pour Kissinger, il n’est plus question de faire du « containment » et de l’opposition à un système totalitaire. Il veut le statu quo, le monde divisé en deux. Le Kremlin bénéficie de cette « détente » : il est à l’offensive un peu partout, en Asie, sur le front latino-américain avec les guérillas marxistes, en Afrique avec des guerres de libération nationale soutenues par les Cubains… Des années plus tard, en janvier 1989, alors que la flamme de la liberté s’allume un peu partout en Europe, Kissinger est envoyé comme émissaire auprès de Gorbatchev afin de conclure un accord de stabilité, une sorte de Yalta 2. Mais la volonté des peuples est-européens a heureusement balayé ce plan… Enfin, lorsque la Russie a envahi l’Ukraine en février 2022, il a d’abord soutenu que Kiev devrait céder des territoires pour obtenir la paix. Puis il a changé d’avis, affirmant que l’Ukraine devrait par la suite être traitée comme un membre de l’OTAN.
Kissinger s’est trompé en méprisant les peuples. Il a cru naïvement que la Chine allait changer et en voulant faire plaisir à Moscou, il a retardé l’effondrement du communisme.
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2 réponses
Vous reprendrez bien un peu d’apaisement après la salade. Avec un petit verre du véritable syndrome de Stockholm, ça passera mieux. Excellent article sur le vrai Kissinger. Très lucide. Quant à Harvard, cette institution fait fortement penser à l’ENA, l’usine à parasites étatistes. Et quand on sait qu’Obama est passé par Harvard, on se dit qu’ils sont décidément fabriqués à la chaîne. Le plus grand président américain d’après-guerre est de loin Ronald Reagan. Un autodidacte visionnaire et sans concession. Mais Kissinger le petit aurait toute sa place dans le monde d’aujourd’hui qui est rempli de ses clones. Pathétique.
IL NE FAUT PAS OUBLIER LE ROLE DE SAMUEL PISAR / CINQUANTE PLUS TARD ON DOIT RECONNAITRE QUE LES BONS SENTIMENTS SONT DE LA NAIVETE FACE AUX DICTATURES !!!
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Vous reprendrez bien un peu d’apaisement après la salade. Avec un petit verre du véritable syndrome de Stockholm, ça passera mieux. Excellent article sur le vrai Kissinger. Très lucide. Quant à Harvard, cette institution fait fortement penser à l’ENA, l’usine à parasites étatistes. Et quand on sait qu’Obama est passé par Harvard, on se dit qu’ils sont décidément fabriqués à la chaîne. Le plus grand président américain d’après-guerre est de loin Ronald Reagan. Un autodidacte visionnaire et sans concession. Mais Kissinger le petit aurait toute sa place dans le monde d’aujourd’hui qui est rempli de ses clones. Pathétique.
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