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samedi 14 février 2026

La Cour des comptes demande la suppression du Centre national des arts plastiques

Temps de lecture : 2 minutes

Dans un référé qui vient d’être rendu public (daté du 16 septembre 2025), la Cour des comptes recommande la suppression, d’ici 2030, du Centre national des arts plastiques (CNAP) et le redéploiement de ses missions au profit d’institutions existantes. Il faut dire que la Cour a relevé tellement de dysfonctionnements qu’elle ne pouvait conclure autrement.

Le CNAP, créé en 1982 (encore une idée lumineuse de Jack Lang !), a pour missions le soutien à la création artistique, la gestion des 108 000 œuvres du Fonds national d’art contemporain (FNAC) et la diffusion de cette collection auprès des musées et administrations. Pour cela, il emploie 85 agents et gère 19 millions d’euros (M€) de dépenses (dont près de 70% sont des dépenses de fonctionnement).

Historiquement implanté à La Défense, le CNAP a quitté ses locaux en 2024 pour s’installer provisoirement porte d’Aubervilliers, dans l’attente de son transfert définitif à Pantin prévu en 2027 pour un coût total de 98 M€ (contre 50 M€ prévu initialement).

Dans son rapport, la Cour dresse trois constats principaux :

  • l’efficacité relative de l’établissement. Sont notamment dénoncés l’absence d’évaluation permettant au CNAP de s’assurer de la pertinence de son action de soutien à la création ; l’accent mis sur l’acquisition et la conservation des œuvres au détriment de leur diffusion ; le récolement incomplet des collections ;
  • une autonomie budgétaire et fonctionnelle limitée qui réduit la capacité d’initiative propre du CNAP et empêche un pilotage efficient des dépenses ;
  • une gestion administrative fragile, des chevauchements institutionnels dans ses missions et une coordination insuffisante avec ses partenaires, notamment en régions.

Ces constats sont, à peu de choses près, les mêmes que ceux dressés il y a 30 ans par la Cour. Elle en conclut donc que « le modèle actuel du CNAP n’est pas soutenable ». Outre la suppression du CNAP d’ici 5 ans et la redistribution de ses missions, elle souhaite que l’on puisse procéder à un déclassement des œuvres dont l’intérêt artistique serait trop faible pour être conservées. Il est vrai que la moitié des œuvres stockées ne sont jamais sorties des réserves. Quand on sait que le stockage a un coût évalué à 95 € par œuvre et par an et, qu’au-delà d’une quarantaine d’années, le coût de stockage devient supérieur au coût d’achat, il s’avère pertinent de se séparer d’œuvres que personne ne souhaite exposer et dont l’intérêt artistique et culturel est sujet à caution.

Réjouissons-nous que la Cour des comptes demande la disparition d’un opérateur de l’État, la chose n’est pas si courante. Il reste à espérer que le Premier ministre, destinataire du référé, prenne les décisions qui s’imposent.

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6 réponses

  1. Ne nous réjouissons pas trop vite, ce n’est pas encore fait. Le constat qu’on peut faire : la majorité des analyses faites par la C des C ne sont jamais suivies d’effet. Moralité : la C des C au même titre que le CNAP, doit être supprimée.

    1. Casser le thermomètre parce que personne ne daigne soigner la fièvre me semble être au contraire tout sauf une bonne idée…

      C’est ce que nos politiques ont fait avec l’observatoire de la délinquance et de la criminalité, dont les observations n’étaient pas plus suivies d’effet que celles de la Cour des Comptes.

      Résultat des courses, la criminalité n’a pas baissé, loin s’en faut, mais les politiques s’appuient désormais sur le manque de chiffres permettant de la quantifier pour expliquer que tout va bien… et que les Français souffrent d’hallucinations collectives, bien entendu.

  2. Économisons notre temps : il est inutile de chercher l’équivalent du centre national des arts plastiques sous forme d’un organisme ou établissement public dans un autre pays européen.
    Le socialisme technocratique et la Nomenklatura règnent sans partage dans l’hexagone depuis 45 ans et se sont donc faits des obligés de tous bords.
    Peu de chance que le centre soit donc fermé d’ici à la prochaine élection présidentielle.
    Peu de chance qu’il le soit aussi si l’alliance de gauche, qui se mettra en place comme ce fût le cas lors des dernières élections législatives, l’emporte avec le soutien implicite du centre mou autrefois dénommé le marais…

  3. 1 200 agences d’État pour 80 milliards de dépenses….! Il y a lieu de supprimer toutes ces agences qui ne servent à rien..! et pas seulement une ?!

  4. Ce sera fait quand on suivra les recommandations de la CC.
    C’est à dire JAMAIS.
    Et on continue allégrement de gaspiller et de faire les fonds de poches de ceux qui comme moi continuent de bosser en se demandant à quoi ça sert et ce qu’ils font encore ici ?

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