Mauvaise météo pour les socialistes en Amérique latine. Les électeurs chiliens ont élu dimanche le leader de droite José Antonio Kast à la tête du pays, avec seize points d’avance sur Jeannette, la candidate communiste, derrière laquelle s’était rassemblée la gauche, devenant le président le plus à droite depuis la fin de la dictature d’Augusto Pinochet en 1990.
Après leur défaite au printemps dernier lors de la présidentielle en Equateur, des mains d’un jeune candidat libéral, puis leur déroute à la présidentielle de fin octobre en Bolivie, les voilà laminés à la présidentielle du Chili. Deux ans après l’arrivée au pouvoir en Argentine du candidat libéral radical, Javier Milei, qui a liquidé l’hyperinflation en trois mois et quasiment anéanti les dépenses clientélistes, la gabegie, les emplois fictifs, surnommé les « gnocchis » et l’essentiel de la corruption, cela commence à faire une tendance lourde. Qui augure d’élections générales compliquées pour le Brésil à l’automne prochain.
« Nous allons instaurer le respect de la loi dans toutes les régions », a déclaré le vainqueur du scrutin, après avoir fait campagne sur la nécessité de lutter contre l’immigration illégale et la délinquance. Mme Jara, qui avait, elle, fait campagne sur la hausse des salaires et des retraites, a rapidement reconnu sa défaite et promis une opposition « exigeante ». José Antonio Kast a été félicité par Javier Milei, ainsi que par la Maison-Blanche, et le gouvernement espagnol, pourtant socialiste, s’est dit impatient de travailler avec le nouveau président. Ce dernier a aussi martelé la nécessité de miser sur les lois du marché et la libéralisation de l’économie. Cette dernière avait été instaurée par Augusto Pinochet, après son coup d’Etat de 1973 au moment où le socialisme de Salvador Allende menait le pays tout droit à l’hyper inflation et la banqueroute. Le régime militaire s’était montré par ailleurs corrompu et tortionnaire, avec une répression qui avait fait 3.000 morts environ (au demeurant dix fois moins qu’au Paraguay oublié de tous). A ce sujet, une anecdote ; le volet économique du régime issu du coup d’Etat s’inspirait des préconisations du patron de « l’école de Chicago », l’économiste libéral radical Milton Friedman, qui avait été reçu par Augusto Pinochet à qui il avait recommandé sans succès de libéraliser AUSSI la vie politique. Cette rencontre lui avait été amèrement reprochée et Milton Friedman s’était étonné deux ans plus tard : « j’ai été aussi reçu par Mao et là personne n’avait rien trouvé à redire… ».
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4 réponses
Les électeurs chiliens se rappelleraient-ils le désastre économique qui a suivi l’élection du communiste pur et dur Allende ? Et la réaction brutale de Pinochet que cela a déclenché ? J’espère que c’est une des raisons qui les a fait voter à droite.
Parce que ce qui m’inquiète en France, c’est que le désastre et la misère qui nous attendent avec les socialos communistes au pouvoir et la droite insignifiante qui ne fait rien d’intelligent, c’est que cela soit suivi d’une bascule soudaine avec révolte violente et disproportionnée par rapport au problème, probablement amplifiée par des conflits ethniques proches d’une guerre civile. Les Français n’ont jamais manifesté beaucoup de mémoire au moment du vote, même le simple bon sens est souvent absent à ce moment.
Cela n’a presque rien à voir mais je ne résiste pas au plaisir d’évoquer la fièvre bovine qui vient de contaminer nos média et Arte en particulier suite à la piqûre du moustique chilien José Antonio Kast d’extrêêême droite élu avec 58% des voix ! Ils s’en étouffent de rage . C’est que partout dans le monde l’immigration sauvage et la délinquance qui en découle produisent les mêmes effets dans les urnes et que nous sommes bien placés pour prendre la suite.
J’ignorais que Friedman avant été reçu par Mao. Merci Contrepoints !
Pinochet avait été obligé d’intervenir face aux assassinats commis par la gauche et l’illégalité de Allende!