Les candidats à l’élection présidentielle se multiplient, les promesses aussi. Presque tous les prétendants en ont une en commun, qui témoigne de la nostalgie d’une époque révolue : réindustrialiser la France. Elle est belle, mais s’appuie sur un mauvais constat.
Comme pour les retraites, on ne compte plus le nombre de rapports sur le déclin de l’industrie française. En 1973, elle participait pour 25 % à la richesse nationale. En 2025, ce n’était plus que 10 %. Un pourcentage nettement inférieur à celui de nos voisins : 15 % en Italie et 18 % en Allemagne. Les emplois industriels ont baissé de 44% depuis 1973 et le secteur n’emploie plus aujourd’hui que 3,2 millions de personnes, soit 15,5 % de l’emploi privé.
Pourtant, les plans pour réindustrialiser la France n’ont pas manqué. Depuis le début des années 2010 et le rapport Gallois, on a accumulé les politiques publiques « en faveur de l’industrie ». Chaque gouvernement a lancé son plan d’aides et d’exonération de charges, avec les résultats que l’on connaît. Pourtant, malgré ces mesures, le niveau des prélèvements obligatoires sur les entreprises industrielles demeure significativement plus élevé en France que dans les grands pays comparables. L’écart est même de neuf points avec l’Allemagne.
La France n’aide pas les entreprises, elle les punit. Et l’Etat enfle, enfle…
Aider d’une main, punir de l’autre, c’est une pratique française. Depuis environ vingt ans, tout en annonçant leur volonté de réindustrialiser la France, les décideurs politiques n’ont cessé de matraquer les entreprises avec des normes et des réglementations. En 2002, le stock normatif comptait 216 347 articles ; en 2024, c’étaient 354 223, soit 137 876 de plus. Le code de l’environnement, qui concerne particulièrement l’industrie, est passé de 1 020 articles en 2003 à 6 962 articles début 2024 — soit près de sept fois plus en vingt ans. Le coût de ces réglementations pour les entreprises est estimé entre 60 et 80 milliards d’euros (OCDE).
Le soutien aux entreprises est un leurre. Ce fatras de règlementations, de normes, d’impôts, entrave leur croissance tandis que le secteur public, lui, ne fait que croître et embellir. Ce n’est certainement pas une bonne chose pour la « réindustrilalisation », mais la plupart des candidats n’en semblent pas vraiment conscients. On ne peut pas requinquer une économie – industrielle ou pas – sans s’attaquer aux dépenses publiques et à l’Etat. Et l’on ne peut s’attendre à ce que l’Etat batte des records s’il est obèse. Or, l’IREF vient de le montrer, les effectifs de la fonction publique ont augmenté plus vite que la population ! En six ans (2018-2024), ils ont accueilli près de 500 000 agents supplémentaires (ETP, y compris contrats aidés). Ils ont bondi d’environ 9,4%, la population française se contentant d’un modeste 2,4 %. Un agent public recruté pour trois habitants supplémentaires, tel est le rythme. La France a donc nettement choisi l’étatisation.
Désétatiser la France pour redynamiser l’économie et l’industrie
La désindustrialisation est l’une des facettes du déclin français, que tout le monde déplore mais en l’analysant souvent avec autant d’ignorance que de légèreté, voire d’hypocrisie. Il est commode d’accuser la mondialisation, le libéralisme, la Chine ou les Etats-Unis d’être à l’origine de nos maux, mais ce n’est pas ce qui les guérira. Nous venons de le voir, leur origine est en nous, pas à l’extérieur, ce que peu de politiques ont la clairvoyance, l’intelligence ou le courage, d’admettre. Beaucoup « oublient » que la désindustrialisation s’est amorcée bien avant l’âge d’or de la mondialisation et du libre-échange. La part de l’emploi dans l’industrie commence à chuter dans pratiquement tous les pays riches dès les années 1970 et elle s’est accentuée au début des années 1980. Ce sont les emplois dans les services qui ont compensé ces pertes.
En juin 2024, l’IREF a publié une étude intitulée « Pour désendetter la France, baissons ses dépenses en économisant 210 Mds d’euros et restructurons ses recettes ». Elle disait ce que les politiques doivent faire pour que l’Etat soit plus efficace, plus concentré sur ses missions régaliennes. Elle proposait plusieurs pistes d’économies dont, la crise aidant, la nécessité s’exprime de plus en plus ici et là : dans les prises de position des plus responsables de nos politiques comme – c’est assez nouveau – les opinions du grand public. Les plus importantes de ces pistes, restrictions budgétaires et réforme du statut de la fonction publique, impliquent une tout autre vision de l’Etat. Ce sont les seules à pouvoir nous sortir enfin du labyrinthe dans lequel nous sommes englués, et nous faire redémarrer. Réindustrialiser, moderniser, innover ? Il ne tient qu’à nous.
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7 réponses
Oui ! sans relâche informer les Français sur la triple nécessité d’une industrie : pour le niveau de vie, pour des emplois productifs dans les territoires et pour un minimum de souveraineté.
Ya plusieurs vidéos qui l’expriment et qui parlent du comment y arriver en diminuant l’état , ses agences et ses normes jacobines émises du centre de Paris.
Existe-t-il un lecteur qui ait fait le lien entre augmentation des aides aux entreprises et augmentation de la pression fiscale ? Comment pourrait-il en être autrement avec un Etat dont la valeur ajoutée est proche de zéro et qui de surcroît, montre sa totale incompétence à gérer un budget depuis plus de 50 ans ?
Nous avons tous remarqué , je crois , que ces messieurs qui nous gouvernent sont des fonctionnaires , qu’ils n’ont jamais travaillé dans une entreprise , jamais élaboré un prévisionnel d’activité , de trésorerie , d’investissement soumis à un collège de banquiers , en clair ils ont en commun leur ignorance de la machine économique réelle, d’où leur incompétence .
Donc laissez nous faire s’il vous plait
Entre parenthèses, baser ses investissements, en tant qu’entrepreneur, sur d’éventuelles aides est de la très mauvaise gestion d’entreprise : cela doit rester la cerise sur le gâteau, anecdotique dans la prise de décision, le fond du sujet étant si l’investissement en question a de grandes chances d’être suffisamment rentable… Ou pas !
Début des années 1970, le secteur industriel représentant de l’ordre de 25% du PIB français, actuellement, 9% : il s’agit d’un phénomène de long-terme ayant débuté, par exemple, bien avant l’arrivée de l’euro, au début des années 2000 (…), par exemple… Le résultat de 52 ans de politique économique socialiste, mise en place dès l’arrivée de l’énarque Giscard aux manettes, dès 1974… Le résultat, principalement? De plus en plus de fonctionnaires, de moins en moins d’industrie… Pour le dire sobrement, c’est « un choix de société », interventionniste, technocratique, keynésien, bref… Socialiste, pour lequel le reste du monde n’y est pour rien (…), les Français collectivement étant entièrement responsables des choix politiques faits depuis 52 ans maintenant, de par leurs dirigeants qu’ils ont élus les uns après les autres, mais ne pas ensuite se plaindre du résultat : en économie, on ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière…Et visiblement, c’est loin, très loin d’être terminé, cette histoire, vu que sur l’échiquier politique français, ils ont tous, de Mélenchon à la Marine, une vision socialiste de l’économie, sinon, très clairement, ils n’ont AUCUNE chance d’être élus, car le problème en question va bien au-delà de simples questions matérielles, mais est à force, petit à petit, en 2 génération, est très clairement devenu CULTUREL : sans remise en cause profonde de par une large majorité des Française, ayant intégré les causes 1ères de la situation actuelle (…), il n’y a AUCUNE raison objective, que le phénomène en question, clairement de décadence par rapport au reste du monde, ne s’inverse…
J’ai retenu cette phrase tirée d’un livre de Bernard Minier : »Les théoriciens de métier, en politique comme en économie n’ont pas vocation à réfléchir sur les conséquences de leurs idées ».
Voilà qui me semble s’adapter parfaitement à la situation de la France.
IL faudrait déjà commencer par sauver les entreprises que la politique de gauche contraint à la faillite avant de pouvoir réindustrialiser bande d’abrutis!
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7 réponses
Oui ! sans relâche informer les Français sur la triple nécessité d’une industrie : pour le niveau de vie, pour des emplois productifs dans les territoires et pour un minimum de souveraineté.
Ya plusieurs vidéos qui l’expriment et qui parlent du comment y arriver en diminuant l’état , ses agences et ses normes jacobines émises du centre de Paris.
Saint-Etienne chez FFI : https://www.youtube.com/watch?v=bJWL86OB0p0
Lluansi https://youtu.be/KvTz4oWFwG8 avec Gallois
et plus long mais avec Montebourg https://open.spotify.com/episode/43SOsaip9BBMxWG0utJcpV
De la célébration des 50 ans du plan: le discours de Montebourg :
à partir 33 ème min : https://www.youtube.com/watch?v=riVYncEGuA4
Existe-t-il un lecteur qui ait fait le lien entre augmentation des aides aux entreprises et augmentation de la pression fiscale ? Comment pourrait-il en être autrement avec un Etat dont la valeur ajoutée est proche de zéro et qui de surcroît, montre sa totale incompétence à gérer un budget depuis plus de 50 ans ?
Nous avons tous remarqué , je crois , que ces messieurs qui nous gouvernent sont des fonctionnaires , qu’ils n’ont jamais travaillé dans une entreprise , jamais élaboré un prévisionnel d’activité , de trésorerie , d’investissement soumis à un collège de banquiers , en clair ils ont en commun leur ignorance de la machine économique réelle, d’où leur incompétence .
Donc laissez nous faire s’il vous plait
Entièrement d’accord avec vous.
Entre parenthèses, baser ses investissements, en tant qu’entrepreneur, sur d’éventuelles aides est de la très mauvaise gestion d’entreprise : cela doit rester la cerise sur le gâteau, anecdotique dans la prise de décision, le fond du sujet étant si l’investissement en question a de grandes chances d’être suffisamment rentable… Ou pas !
Début des années 1970, le secteur industriel représentant de l’ordre de 25% du PIB français, actuellement, 9% : il s’agit d’un phénomène de long-terme ayant débuté, par exemple, bien avant l’arrivée de l’euro, au début des années 2000 (…), par exemple… Le résultat de 52 ans de politique économique socialiste, mise en place dès l’arrivée de l’énarque Giscard aux manettes, dès 1974… Le résultat, principalement? De plus en plus de fonctionnaires, de moins en moins d’industrie… Pour le dire sobrement, c’est « un choix de société », interventionniste, technocratique, keynésien, bref… Socialiste, pour lequel le reste du monde n’y est pour rien (…), les Français collectivement étant entièrement responsables des choix politiques faits depuis 52 ans maintenant, de par leurs dirigeants qu’ils ont élus les uns après les autres, mais ne pas ensuite se plaindre du résultat : en économie, on ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière…Et visiblement, c’est loin, très loin d’être terminé, cette histoire, vu que sur l’échiquier politique français, ils ont tous, de Mélenchon à la Marine, une vision socialiste de l’économie, sinon, très clairement, ils n’ont AUCUNE chance d’être élus, car le problème en question va bien au-delà de simples questions matérielles, mais est à force, petit à petit, en 2 génération, est très clairement devenu CULTUREL : sans remise en cause profonde de par une large majorité des Française, ayant intégré les causes 1ères de la situation actuelle (…), il n’y a AUCUNE raison objective, que le phénomène en question, clairement de décadence par rapport au reste du monde, ne s’inverse…
J’ai retenu cette phrase tirée d’un livre de Bernard Minier : »Les théoriciens de métier, en politique comme en économie n’ont pas vocation à réfléchir sur les conséquences de leurs idées ».
Voilà qui me semble s’adapter parfaitement à la situation de la France.
IL faudrait déjà commencer par sauver les entreprises que la politique de gauche contraint à la faillite avant de pouvoir réindustrialiser bande d’abrutis!