Journal d'actualité libéral
|
vendredi 13 février 2026

La gastronomie doit-elle être une nouvelle « exception française » ?

Temps de lecture : 2 minutes

gastronomie française

Plus de soixante grands chefs appellent l’Etat à l’aide au lieu de peser pour la liberté.

Une tribune signée par 66 grands chefs, dont Alain Ducasse, Eric Fréchon ou encore Thierry Marx, a paru dans Les Echos sous le titre « Gastronomie : Nous, grands chefs, lançons un cri d’alarme ».

Dans un contexte délicat pour la restauration avec une baisse de fréquentation des établissements de 15 à 20 % cet été, nos grands cuisiniers affirment que « notre gastronomie est en danger ». « Quelle autre profession, argumentent-ils, produit un tel raffinement avec de si faibles marges ? ». Ils avancent avec fierté que la gastronomie « est notre bien commun, inscrit depuis 2010 au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco ». Mais ils se plaignent des contraintes qui s’accumulent, « réglementaires, administratives, sociales, fiscales ». Ils ajoutent : « Nous demandons aux pouvoirs publics de prendre conscience du risque de ‘dégastronimisation’ de la France », c’est-à-dire de l’affaiblissement du secteur et de la fermeture de nombreuses tables indépendantes.

Au regard de ce constat, nous nous attendions naïvement à ce que nos grands chefs demandent à être libérés de la tutelle de l’État. Eh bien, nullement !

« Qu’on mette enfin à l’épreuve la Liberté ! »

Tout d’abord, la tribune demande trois choses : une réflexion sur le « fait maison » ; le maintien ou le renforcement des aides à l’apprentissage et de la « prime Macron » ; un « effort énorme » sur l’éducation alimentaire par l’Education nationale.

Mais le mieux était à venir : « Nous appelons les pouvoirs publics à considérer la gastronomie, à l’image de la musique ou du cinéma, comme une exception française ». Nos grands chefs ignorent sans doute que les maux qu’ils dénoncent ne sont pas propres à leur secteur, loin de là. Les « contraintes réglementaires, administratives, sociales, fiscales » dont ils se plaignent à juste titre sont le lot commun des Français !

Et quand ils appellent in fine l’État « à trouver les solutions pour encourager les talents et les accompagner dans leurs succès », nous citerons Frédéric Bastiat en leur donnant la bonne réponse, la seule qui vaille, celle que l’on n’a jamais mise en œuvre dans notre pays : « Qu’on mette enfin à l’épreuve la Liberté ! ».

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


10 réponses

  1. Les grands médias (dont « Les Echos » pourtant propriété de M. Arnault !) font une continuelle campagne d’opinion en faveur du socialo-marxisme… Et après ils s’étonnent de voir des hordes mélenchonistes menacer dans les rues ? Frédéric Bastiat, 100 ans avant Lénine, a parfaitement démontré que les capitalistes de connivence vendent la corde pour se faire pendre ! Quand on justifie des aides et des privilèges pour les « secteurs stratégiques » et le « travail national », on justifie ipso facto les revendications socialo-communistes contre la propriété privée et pour l’étatisation générale de l’économie. Un peu de protectionnisme bourgeois justifie en vérité le marxisme le plus rouge : la propriété est privée ou elle n’est pas.

    1. Merci, je partage à 100 %
      Frédéric Bastiat est connu et enseigné dans les universités américaines il devrait l’être en France dès le lycée!

  2. Je pense que le talent n’a pas besoin de subventions, le goût du travail bien fait non plus. Que l’Etat supprime les contraintes en tous genres et oui, mille fois oui, que l' »on mette enfin à l’épreuve la liberté ». Nous sillonnons la France depuis de nombreuses années, petites routes, petits villages, bourgs : plus de commerces, plus de petits restaurants sans prétention mais savoureux, plus de boulangers et de charcutiers-bouchers. Etonnamment on trouve plus facilement un coiffeur…..Tout ce que nous trouvions il y a quelques « nombreuses » années, disparaît année après année, la période Covid ayant été particulièrement destructrice.

  3. Notre pays va droit dans le mur !
    La France n’est pas un pays d’exception et tout n’y est pas exceptionnel au sens positif, loin de là.
    Nos brillons désormais par des « exceptions négatives et déplorables »:
    corruption, incapacité à contrôler les trafics de drogues, prisons passoires, criminalité en hausse y compris chez les adolescents, fraudes et malhonnêtetés généralisées…
    Les dépenses injustifiées de l’Etat motivées pour le seul rayonnement de la France à l’étranger et les « cocoricos » de tous bords sont lassants.
    Et la DETTE résultante, ce sont les Français qui vont la payer.

    Arrogance perpétuelle des politiques, pleurnicheries des corporations en souffrance, la liste des complaintes est longue et déplorable.

    Ce pays va droit dans le mur, les responsables et les plaignants ignorent et méprisent les vrais problèmes à traiter d’urgence, les nouvelles exceptions françaises:
    règne de la maltraitance animale,
    incapacité à légiférer sans la pression ni l’influence de groupes extérieurs pour le devenir de la nature et de la santé,
    pauvreté accrue et insécurité partout etc.

    Alors La tribune des 66 chefs, et les autres complaintes égoïstes ne m’intéressent pas.
    La malbouffe est présente depuis longtemps déjà et bien se nourrir est devenu une prouesse réservée aux privilégiés (merci à l’Agroalimentaire et à ses poisons).

    Je préfère croire que les Français qui ont encore des valeurs et aiment leur pays (sans chercher la « pôle position ») préfèreraient un grand sursaut des décideurs mal intentionnés (et parfois alcoolisés ou cocaïnés), une prise de conscience des vraies catastrophes en cours et à venir afin de remplir leur mission correctement.

    Voilà !

  4. Mais ce gouvernement d’aveugles et de sourds est incapable d’ouvrir la porte de la liberté . Renversons le . Le vote est fait pour ça . Mais on peut craindre que la violence ne se fasse jour

    1. Et comment cher Yves ?

      Le vote blanc n’étant pas considéré, je ne vois plus que la violence pour chasser les incapables de tous bords qui nous ont gouvernés depuis De Gaulle, avec une très nette accélération de la dégradation de notre qualité de vie, de nos libertés, de l’incurie dépensière du gouvernement, depuis le règne d’Emmanuel 1er.

      Votre constat, tout les gens à qui je parle l’ont fait, mais quelle(s) solution(s) proposez-vous ?

  5. Bonjour
    Encore des gens déconnectés de la triste réalité du pays qui croule sous le poids des contraintes et des lois souvent inapplicables. Rendez nous la liberté et l’envie d’entreprendre et d’innover sera au rendez-vous.

  6. La prétention de ces « grands chefs » est décidément bien farfelue. Ils s’imaginent encore régnant comme dans les belles années d’avant le covid. Allons donc ! Ils ont baissé la garde bien avant. S’assimiler à une « exception française » quand on met à ses menus des hamburgers et des sushis relève de la galéjade.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.