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vendredi 5 décembre 2025

Restaurants : après le numerus clausus, bientôt un ministère de la restauration ?

Temps de lecture : 2 minutes

Le nombre de restaurants en France ne cesse d’augmenter : 407 000 établissements en 2024, contre 361 000 il y a cinq ans, soit une hausse de 13 %. Mais cette croissance, loin de réjouir tout le monde, inquiète les professionnels du secteur.

Selon l’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie), la concurrence est devenue trop rude : 25 restaurants ferment chaque jour et la fréquentation a chuté de 15 à 20 % cet été.
La solution proposée par le syndicat ? Instaurer un numerus clausus, c’est-à-dire limiter le nombre de restaurants dans les zones jugées « saturées » et « pour une période donnée ».

Franck Chaumès, président de l’Umih restauration, plaide pour que les maires puissent bloquer l’ouverture de nouveaux établissements, sur le modèle des pharmacies : « Dans une ville s’il y a 150 établissements, il n’y en aura pas 151 ». Celui qui voudrait ouvrir un restaurant en centre-ville devrait d’abord « acquérir un établissement existant ».

Ce discours est révélateur d’un mal bien français : dès qu’un secteur traverse des difficultés, on en appelle non pas à l’innovation et à la concurrence libre, mais à la réglementation et à la planification. Si 25 restaurants ferment chaque jour, c’est tout simplement parce que tous ne trouvent pas leur public. Cela n’a rien de dramatique ; c’est le principe même d’un marché concurrentiel : seuls les établissements capables de fidéliser leurs clients survivent. Certains restaurateurs préfèrent toutefois limiter la concurrence et entraver la liberté d’entreprendre plutôt que de se démarquer par la qualité de leur restaurant. Pourquoi ne pas aller plus loin et nationaliser le secteur de la restauration qui serait placé sous le joug d’un ministère à part entière ?
L’État pourrait alors planifier les ouvertures, déterminer le contenu des cartes, voire distribuer les recettes officielles. Les restaurateurs n’auraient plus qu’à suivre les directives et les consommateurs devraient se contenter d’une offre rationnée.

Une caricature ? Pas tant que ça. La comparaison avec les pharmacies est une bonne occasion de rappeler que la réglementation, censée protéger l’équilibre du secteur, a surtout entraîné une pénurie chronique. C’est justement pour contrer cet effet pervers qu’un décret a été publié le 7 juillet 2024, après plusieurs années d’attente, pour assouplir les conditions d’ouverture des pharmacies dans les communes sous-dotées. En imposant un numerus clausus aux restaurants, on obtiendrait les mêmes effets pervers : des barrières à l’entrée, moins d’offres disponibles et une rente garantie pour les acteurs déjà installés.

Illustration de couverture © Freep!k

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11 réponses

  1. Il y a restaurant et restaurant; il paraîtrait judicieux d’effectuer de sérieux contrôles et surveillances de certains d’entre eux qui se multiplient sur le même thème et que l’on pourrait suspecter de faire derrière leur façade du blanchiment (couleur héroïne ou cocaïne…) d’argent !

  2. J’ai largement les moyens d’aller au restaurant, j’y vais pourtant de moins en moins. Je refuse de payer 25€ pour un burger ou 10€ pour une crème brulée. C’est aussi simple que ça.

  3. S’il est exact que 25 restaurants ferment chaque jour, il est clair que leur nombre devrait revenir à la « norme » sans que l’état ait à s’en mêler ! Où est le problème ?
    Encore un buzz qui fait les choux gras des médias !

  4. Un ministère de plus alors qu’il y en a déjà bien trop souvent affublés de noms qui prêtent à sourire. Nombre des prétendus restaurants sont des lieux où on peut à la limite se nourrir mais certainement pas se restaurer. Leur appellation de restaurant est donc un abus le langage, mais dans un monde consumériste comme le notre, c’est chose banale.

  5. Je crois qu’une fois de plus , le problème n’est pas pris sous le bon angle . Au lieu de dire : il y a trop de restaurants , demandons nous quel est le point commun de ceux qui ferment.
    On se retrouve dans la même situation qu’en 1971 avec la création du numerus clausus de Robert Boulin qui pensait qu’en réduisant le nombre de médecin on réduirait le nombre de prescriptions médicales .
    Problème pris à l’envers et résultats lourds de conséquences .
    De grâce , ne faisons pas de même.

  6. Il me semble surtout que nombre de Restaurants dignes du nom sont écrasés par les Fast-Food certes bon marché (encore heureux!) qui ne proposent pas de la cuisine mais des sandwich , la nourriture se substituant à l’art culinaire. Cette mode qu’exalte la publicité TV est une catastrophe pour notre culture culinaire .

  7. Ce qui est pénible, c’est qu’il est toujours plus difficile de cerner les avantages indirects de la concurrence pour la majorité d’entre nous que les désagréments directs qui empêchent une petite minorité de dormir tranquille…
    D’autre part, tout le monde n’a pas la chance de pouvoir se constituer en groupes bien organisés pour exercer sans vergogne une pression auprès du pouvoir afin de rançonner les « inorganisés » que nous sommes dans notre grande majorité.
    « vox clamentis in deserto »

  8. Et pourquoi pas un numerus clausus dans l’immobilier alors ? Marre de tous ces réseaux qui recrute à tour de bras des gens fraîchement licenciés pour en faire des pseudos agents immobiliers.
    Moi, je dois refaire ma carte tous les 3 ans, le site Leboncoin m’assassine de + 20% de tarifs par an depuis 4 ans alors que les réseaux de mandataires paient 10 fois moins…

  9. C’est encore bien pire que ça car contrairement à une pharmacie, un restaurant n’est pas un commerce essentiel et ne demande pas de bien grandes compétences…

  10. L’URSS a explosé quand l’oBaise État a confisqué ±63% du PIB…
    Encore un [petit] effort pour que le Gastéropode Pays explose!
    🐌🕳😬

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