ADP est une société de conseil spécialisée dans les solutions de gestion des ressources humaines : administration des RH, paie, valorisation des talents, gestion du temps de travail, fiscalité et avantages sociaux, expatriation, etc. Créée il y a 70 ans et présente dans 140 pays, elle connaît son sujet. Aussi quand elle publie une étude sur les coûts de la fonction administration du personnel, on la lit. Et que lit-on ? Que l’administration du personnel coûte plus cher en France que partout ailleurs en Europe.
Qu’est ce que l’administration du personnel ?
Pour calculer le coût de fonctionnement du département administration du personnel, ADP a mis au point une méthode de calcul qui s’appuie sur le TCO (Total Cost of Ownership, ou coût total de possession) développé par le Gartner Group en 1987 pour prendre en compte tous les éléments constitutifs d’un produit manufacturé.
Ainsi les coûts de personnel et ceux de l’installation et de la mise à niveau du système d’information (SIRH) sont évidemment pris en compte, mais aussi tous les coûts cachés, en particulier ceux qui sont liés aux processus de paie, de gestion des temps, de gestion du SIRH, de gestion administrative, etc. (jusqu’à 135 processus différents peuvent exister) et impliquent d’autres fonctions dans l’entreprise, financière ou informatique par exemple. Dans ces coûts cachés, on trouve la maintenance du SIRH, la formation, toute la main-d’œuvre indirecte, comme le recours à des intérimaires, les coûts liés à la fiabilité, la sécurité et la conformité du système de paie, la gestion de la qualité et de la non-qualité, les frais généraux, etc.
Les experts d’ADP précisent qu’une large partie des coûts cachés se trouve dans la collecte des données, encore souvent manuelle avec des signatures obligatoires par exemple, ou dans les imports de données semi‑automatiques en amont des calculs de paie.
ADP s’est basé, pour son étude, sur 403 audits réalisés par ses équipes dans des entreprises européennes afin de pouvoir fournir des données pour six pays : la France et ses voisins allemand, néerlandais, anglais, italien et espagnol.
Des coûts en perpétuelle augmentation
Les coûts de l’administration du personnel sont en constante augmentation principalement du fait des dispositions réglementaires. Par exemple, au mois d’avril 2020, au début de la pandémie de covid, 181 textes réglementaires sont parus en Europe, dont 67 en France (soit 37 % du total !). Ils ont contraint les experts d’ADP à rectifier les référentiels de paie : 274 modifications ont été effectuées en Europe, dont… 69% (soit 189) en France ! On touche là du doigt tout le poids de la réglementation française.
Il n’est alors pas étonnant que nous soyons, dans ce domaine comme dans d’autres, les champions d’Europe, comme le montre le graphique ci-dessous :
Source : Enquête TCO d’ADP, 2021.
On constate que le coût de l’administration du personnel est presque deux fois supérieur en France à ce qu’il est en Angleterre ou en Espagne (88 % très exactement). Il est 66 % plus élevé qu’aux Pays-Bas et 44 % plus élevé qu’en Allemagne. Seule l’Italie se rapproche de nous.
Bien entendu, le coût de la main-d’œuvre explique en partie les différences entre pays. Le coût annuel d’un gestionnaire paie et administration du personnel (salaire chargé et quote-part de frais généraux) varie d’un pays à l’autre. Il est ainsi de 52 365 € en Angleterre ou de 54 315 € en Espagne, mais de 62 520 € en Allemagne et de 63 500 € en France, pays où il est le plus élevé (21 % de plus qu’en Angleterre, 17 % de plus qu’en Espagne, 12 % de plus qu’aux Pays-Bas, 9,5 % de plus qu’en Italie).
Cependant, comme nous l’avons déjà indiqué, c’est la complexité de la législation qui intervient de manière décisive dans les différences observées entre les pays. Ainsi, alors que le coût de la main-d’œuvre est similaire en France et en Allemagne, nous nous retrouvons avec un coût global d’administration du personnel 44 % plus élevé dans notre pays qu’outre-Rhin.
Cette réglementation influe sur la productivité. ADP a calculé qu’un collaborateur (ETP) du département paie et administration du personnel gère 366 salariés en Angleterre, 345 en Allemagne, 241 en Espagne, 237 aux Pays-Bas, mais seulement 187 en Italie et 176 en France.
En d’autres termes, un tel collaborateur gère deux fois moins de salariés en France qu’en Angleterre ou en Allemagne.
Cette étude illustre parfaitement les difficultés auxquelles les entreprises françaises sont confrontées : une fiscalité et une règlementation trop importantes qui font augmenter le coût du travail et entravent la croissance de la productivité des salariés.
Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral
Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.
8 réponses
Pourquoi « salariés » est-il au pluriel dans votre tableau ?
A cet état, il n’y a rien à ajouter et l’on ne peut que constater ce qui est dénoncé depuis des années auprès des gouvernements successifs, sourds et aveugles, ne s’exprimant sur ce sujet que par des contraintes administratives et légales supplémentaires qui alimentent le « mille-feuille » devenu indigeste… pour les pays européens…!
Il n’y a rien de pire que l’aveugle qui ne veut pas entendre aussi la France vit dans le pire défaitisme alimenté par une autosatisfaction syndicale-sociale, qu’elle voudrait faire partager par d’autres pays européens qui, lucides, « font la sourde oreille’‘…!
Molière disait : « Et c’est pour cela que votre fille est muette »… !
Votre analyse ne porte que sur la gestion administrative du personnel. Un autre aspect fortement générateur de coûts est celui de la gestion des relations sociales, face aux instances syndicales et autres représentants du personnel. Une équipe DRH dédiée, un calendrier surchargé de réunions, des représentants du personnel rémunérés pour exercer leur métier de syndicaliste à temps plein… Il ne faut pas s’étonner que de nombreuses entreprises étrangères préfèrent s’implanter chez nos pays voisins et que nos entreprises ne peuvent pas être compétitives.
Bonne analyse. Mais comme HUS, je suis d’accord qu’il y a bien d’autres secteurs sclérosés. Je sais qu’une étude ne peut porter que sur un thème pour être bien comprise. Mais HUS touche du doigt NOTRE problème national d’absence de compétitivité. Il y a bien longtemps, au moins 40 ans, que les feux de détresse sont allumés et pourtant rien ne bouge, rien ne change. Alors en reconduisant Macron pour 5 ans, il ne faut pas s’attendre à un miracle !!!
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel
Toujours activé
L’accès ou le stockage technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
L’accès ou le stockage technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
8 réponses
Pourquoi « salariés » est-il au pluriel dans votre tableau ?
Une coquille ! Pardon.
A cet état, il n’y a rien à ajouter et l’on ne peut que constater ce qui est dénoncé depuis des années auprès des gouvernements successifs, sourds et aveugles, ne s’exprimant sur ce sujet que par des contraintes administratives et légales supplémentaires qui alimentent le « mille-feuille » devenu indigeste… pour les pays européens…!
Il n’y a rien de pire que l’aveugle qui ne veut pas entendre aussi la France vit dans le pire défaitisme alimenté par une autosatisfaction syndicale-sociale, qu’elle voudrait faire partager par d’autres pays européens qui, lucides, « font la sourde oreille’‘…!
Molière disait : « Et c’est pour cela que votre fille est muette »… !
Votre analyse ne porte que sur la gestion administrative du personnel. Un autre aspect fortement générateur de coûts est celui de la gestion des relations sociales, face aux instances syndicales et autres représentants du personnel. Une équipe DRH dédiée, un calendrier surchargé de réunions, des représentants du personnel rémunérés pour exercer leur métier de syndicaliste à temps plein… Il ne faut pas s’étonner que de nombreuses entreprises étrangères préfèrent s’implanter chez nos pays voisins et que nos entreprises ne peuvent pas être compétitives.
Oui, vous avez raison, la gestion des relations sociales est aussi quelque chose qui coûte très cher.
Bonne analyse. Mais comme HUS, je suis d’accord qu’il y a bien d’autres secteurs sclérosés. Je sais qu’une étude ne peut porter que sur un thème pour être bien comprise. Mais HUS touche du doigt NOTRE problème national d’absence de compétitivité. Il y a bien longtemps, au moins 40 ans, que les feux de détresse sont allumés et pourtant rien ne bouge, rien ne change. Alors en reconduisant Macron pour 5 ans, il ne faut pas s’attendre à un miracle !!!
Tous les secteurs de l’entreprise sont malheureusement concernés.
La France est toujours gagnante quand il s’agit de compliquer et de jeter l’argent des contribuables par la fenêtre !
Continuons !