La productivité européenne traverse actuellement une période de grandes difficultés. Il y a quelques mois, une étude d’Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne, soulignait l’écart abyssal qui s’était creusé entre les États-Unis et les pays européens. Eurostat, dans une étude chiffrée détaillant la situation pays par pays, pointe ceux qui restent en tête du classement et ceux qui connaissent des difficultés. Il apparaît nettement que la France, longtemps considérée comme l’un des pays les plus productifs d’Europe et une locomotive sur ce plan, ne joue plus ce rôle.
Pour cadrer l’analyse, Eurostat définit la productivité au travail comme la quantité de biens et services produits par chaque membre de la main-d’œuvre ou par intrant de travail. Elle se mesure via le produit intérieur brut (PIB), ajusté selon le standard de pouvoir d’achat (PPS, qui ajuste les prix pour comparer le coût de la vie), soit par rapport au nombre de personnes employées, soit par rapport au nombre d’heures travaillées, et est ensuite exprimée sous forme d’indice.
Aujourd’hui, en Europe, nous travaillons moins pour obtenir une productivité plus élevée, tendance qui peut se retrouver dans d’autres régions du monde. En prenant un indice base 100 en 2020, le nombre d’heures travaillées par personne employée était de 112,4 en 1999 et est descendu à 104,74 en 2025. Pendant la même période, la productivité réelle du travail par heure travaillée est passée de 87,3 à 106,55. Toutefois, bien que les nouvelles technologies et les machines de plus en plus performantes soient un atout majeur pour la productivité, un ralentissement est particulièrement visible sur les trois périodes retenues par Eurostat : de 1999 à 2008, la productivité croît de 1,5 % ; de 2008 à 2019, elle passe à 1,1 % ; et de 2019 à 2025, elle tombe à 0,5 %.
Qu’en est-il de la France ? En 2025, la croissance de la productivité horaire reste dans la moyenne européenne, avec 1,5 % contre 1,4 % pour l’ensemble de l’UE, et une chute significative du nombre d’heures travaillées. Mais sur le long terme, la situation est plus préoccupante. Pendant les trois périodes étudiées par Eurostat (1999-2008, 2008-2019, 2019-2025), la France ne dépasse jamais la moyenne européenne : entre 1999 et 2008, la croissance de la productivité horaire était de 0,9 % contre 1,5 % pour l’UE ; entre 2008 et 2019, 0,4 % contre 1,1 % ; et entre 2019 et 2025, -0,8 % contre 0,5 %. Pendant la période 1999-2025, seuls la Grèce et le Luxembourg ont enregistré une productivité plus faible que celle de la France.
Le constat est encore plus alarmant à l’échelle régionale : entre 2003 et 2023, 9 des 22 anciennes régions de France métropolitaine ont enregistré une croissance de productivité au travail inférieure à 0,5 %, les autres restant en-deçà de 1 %.
Ainsi, dans le domaine de la productivité, la France se trouve aujourd’hui en queue de peloton d’une Europe déjà malade.
Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral
Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.
6 réponses
Depuis les années 70, les nouveaux emplois sont concentrés dans les services, où les gains de productivité potentiels sont inexistants. Par ailleurs, il n’est pas rare que les entreprises recourent à l’immigration ce qui équivaut à une subvention pour les entreprises les moins performantes.
Comme notre productivité baisse il reste une seule solution Il faut bosser plus avec retraite a 67 ans et 40h hebdo
Qui osera secouer tous nos franchouillards indolents????
On va d’abord mettre tout le monde au boulot. Quand le taux d’activité sera revenu à la normale, on pourra recalculer la productivité. Quant à la retraite, il est évident qu’il faut passer à la capitalisation, plus de problème d’âge identique pour tous, liberté liberté chérie.
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel
Toujours activé
L’accès ou le stockage technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
L’accès ou le stockage technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
6 réponses
Depuis les années 70, les nouveaux emplois sont concentrés dans les services, où les gains de productivité potentiels sont inexistants. Par ailleurs, il n’est pas rare que les entreprises recourent à l’immigration ce qui équivaut à une subvention pour les entreprises les moins performantes.
Les 35 h ont fait beaucoup de mal
La France, dirigée par des littéraires, ne forme plus d’ingénieurs mais forme des juristes!
Et on s’étonne ?
Comme notre productivité baisse il reste une seule solution Il faut bosser plus avec retraite a 67 ans et 40h hebdo
Qui osera secouer tous nos franchouillards indolents????
Certains proposent ça, mais ça ne leur coûte rien car leurs électeurs sont pour la plupart des bureaucrates planqués partis précocement en retraite…
On va d’abord mettre tout le monde au boulot. Quand le taux d’activité sera revenu à la normale, on pourra recalculer la productivité. Quant à la retraite, il est évident qu’il faut passer à la capitalisation, plus de problème d’âge identique pour tous, liberté liberté chérie.