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mercredi 27 mai 2026

La rédaction de la proposition de loi visant à lutter contre les formes renouvelées d’antisémitisme est périlleuse

Temps de lecture : 2 minutes

Partant d’un bon sentiment, la proposition de loi trans-partisane portée par la députée Caroline Yadan recèle de graves effets pervers.L’enfer est, dit-on, pavé de bonnes intentions. La lutte contre l’antisémitisme de La France Insoumise également.

Le 19 novembre 2024, la députée apparentée Ensemble pour la République déposait une proposition de loi (n° 575) visant à lutter contre les formes renouvelées d’antisémitisme. Cosignée par près de 120 députés de Michel Barnier à François Hollande, cette proposition pointait expressément dans ses motifs l’antisémitisme décomplexé d’une partie de l’extrême gauche et de La France Insoumise en réalité. Modifiée à la suite d’un avis du Conseil d’État, elle se trouvait adoptée le 20 janvier dernier en commission des lois.

Elle est constituée de trois ensembles : un renforcement du délit de provocation aux actes de terrorisme ; une interdiction des appels à la destruction d’un Etat ; un renforcement de la « loi Gayssot » sur la contestation des crimes contre l’humanité.

Tout cela part d’un bon sentiment, mais nous ne saurions cacher notre perplexité, et même beaucoup plus. Les propos de Caroline Yadan selon lesquels sa proposition aurait « une fonction pédagogique et législative » sont déjà inquiétants, la législation n’ayant a priori rien à voir avec de la pédagogie…

L’extrême gauche, LFI en tête, s’est bien sûr récriée contre la proposition de loi en excipant de la liberté d’expression, d’une part, et d’une coupable confusion entre la critique de l’Etat d’Israël, celle de la politique israélienne et celle des juifs, d’autre part. On l’a certes connue moins rigoriste en matière de liberté d’expression s’agissant de l’extrême droite, mais passons…

Les partisans de la proposition de loi, comme souvent, ne se rendent pas compte de ce qui pourrait être fait par certains gouvernants ou juges mal intentionnés avec la loi qui serait adoptée. Le cœur du problème se trouve dans l’article 2 de la proposition de loi. L’exposé des motifs précise : « S’il appartient à chacun d’avoir une opinion sur la politique menée par un État, rien ne saurait justifier une négation, un appel à sa disparition ou à son anéantissement ». Et l’article 2 de la proposition de punir « le fait de provoquer directement ou indirectement à la destruction ou à la négation d’un Etat, ou de faire publiquement l’apologie de sa destruction ou de sa négation ».

Certes, le droit pénal est d’interprétation stricte, mais, si la proposition était adoptée, et nonobstant le fait qu’elle ne vise en réalité que l’Etat d’Israël, ce qu’elle ne peut évidemment pas dire expressément, qu’en serait-il demain des appels légitimes à la destruction de tel ou tel régime communiste ou islamiste ? Devra-t-on dire, pour ne pas tomber sous le coup de la loi, que nous souhaitons la chute du régime des talibans, mais surtout pas celle de l’émirat islamique d’Afghanistan ?

Espérons que nos parlementaires auront un sursaut de lucidité lorsque la proposition sera examinée en avril prochain puisque, selon l’annonce faite par le Premier ministre le 19 février, elle sera alors inscrite à l’ordre du jour.

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9 réponses

  1. C Yadan fait un travail remarquable
    Vous vous livrez à un exercice de pinaillage au lieu de saluer son courage de s attaquer frontalement à l antisémitisme
    Osez plus de commentaires positifs au lieu de rester dans une critique essentiellement négative même si les trains qui arrivent a l l’heure ne passionnent pas!!!!

    1. Vous croyez donc qu’il suffit d’une loi pour supprimer l’antisémitisme? C’est naïf et totalitaire. C’est par l’éducation que l’on apprend à penser pas avec des lois…

      1. Si vous voulez éduquer une nouvelle génération de gaulois vous en avez pour 30 ans
        Par contre une loi peut réprimer plus sévèrement tous les actes antisémites car la justice actuellement est d une très grande clémence

  2. Pas besoin de ce genre de loi, il y toujours possibilité de porter plainte pour diffamation. Par contre le danger est énorme a ce petit jeu. Si Hollande est dans le coup raison de plus pour se méfier.
    Quand « l’état de droit » glisse doucement vers le totalitarisme… dirait la grenouille !

  3. « S’il appartient à chacun d’avoir une opinion sur la politique menée par un État, rien ne saurait justifier une négation, un appel à sa disparition ou à son anéantissement »

    Voilà, sous couvert de défense de l’état d’Israël, la porte ouverte à la protection judiciaire définitive de tout état totalitaire.

  4. Décidément, c’est une véritable diarrhée de lois opportunistes en ce moment qui ravage la crédibilité du parlement de notre pays, déjà bien écornée par les hurluberlus qui sont parvenus à se faire élire !
    L’enfer est pavé de bonnes intentions et nous n’avons que faire de simples bonnes intentions, nous voulons des bonne lois. Et l’arsenal existe certainement pour condamner tout appel au meurtre et tout soutien à des organisations terroristes. C’est vrai qu’il n’est aucunement appliqué aux abrutis pro Hamas qui défilèrent avec des drapeaux palestiniens mais cela n’est pas du tout étonnant avec un président qui reconnaît l’état palestinien…

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