2023 aura été l’année la plus chaude depuis l’ère préindustrielle. Elle aura aussi battu les records de consommation de charbon, de pétrole et de gaz. Au début du siècle, les énergies fossiles représentaient 87% du mix énergétique mondial ; en 2022 elles comptaient toujours pour 82%. Huit ans après les Accords de Paris, l’Humanité persiste dans sa schizophrénie climatique : nous avons identifié les causes et les conséquences du réchauffement que nous provoquons, mais nous restons fidèles aux fossiles.
Contrairement aux explications naïves de certains pointant du doigt la seule responsabilité de quelques lobbies industriels, le blocage est bien plus profond. Il réside dans la forte corrélation entre énergie en général, énergies fossiles en particulier et développement humain. Le citoyen OCDE est prêt à s’impliquer pour climat, mais sans renoncer à son niveau de vie. Le citoyen des pays émergents est prêt à s’impliquer pour le climat, mais souhaite d’abord accroître son niveau de vie. Notre problème n’est pas seulement de baisser nos émissions : nous devons le faire sans pour autant sacrifier le développement humain. Et là est la quadrature du cercle !
Les grands objectifs internationaux que représentent l’Accord de Paris et le Pacte Vert Européen sont de plus en plus déphasés par rapport à la réalité du monde.
Ainsi, depuis la COP21, les émissions de GES ont continué d’augmenter notamment dans les pays émergents dont le développement reste une priorité. Et, il n’y a pas le moindre indice pour que les choses s’inversent avant le milieu du siècle. Ce constat ne laisse aucun espoir quant l’objectif de 1,5% gravé dans l’Accord de Paris. Bine au contraire il nous emmène vers un mode à 2,7°C.
De son côté, en marge de tous les autres pays du Monde, l’Union Européenne s’est engagée à réduire ses émissions de 55% à l’horizon 2030 ceci afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050. L’objectif est-il réaliste compte tenu des tendances passées et surtout est-il soutenable ? Compte tenu de son coût, ce Pacte Vert augmentera fortement la dette, la fiscalité et le déficit de la balance commerciale. Il ne sera pas sans conséquences sur la vie des Européens. Par ailleurs, en imposant une réduction uniforme à partir de 1990, il est particulièrement défavorable à la France dont le mix énergétique est structurellement beaucoup plus décarboné que celui de ses voisins.
Malgré ces efforts, le Pacte Vert ne contribuera que marginalement à la lutte contre le réchauffement climatique. Compte tenu du poids démographique des pays émergents, sans effort équivalent de leur part, la décarbonation risque de rester lettre morte.
Les Européens sont-ils prêts à adhérer à ces objectifs ? Cette accélération encouragera-t-elle réellement les pays émergents à nous suivre ? Habitat, transports, industrie quels secteurs faut-il décarboner en priorité ?
Sous la supervision de Philippe Charlez Directeur de l’Observatoire « Energie, Climat », l’Institut Sapiens fait le point sur l’avancement de ces deux projets majeurs, en relève les incohérences et propose, en prévision des élections Européennes de Juin 2024, des pistes correctives permettant de soulager l’effort du citoyen tout en réindustrialisant le pays et en garantissant notre sécurité énergétique.
Destiné aux décideurs politiques et aux industriels il vise aussi à éclairer le citoyen ordinaire sur les grands enjeux économiques, sociétaux et environnementaux relatifs au réchauffement climatique et à la transition énergétique.
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