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mardi 20 octobre 2026

La tronçonneuse de Milei s’attaque à 20 000 fonctionnaires

Temps de lecture : 2 minutes

L’exécutif argentin dirigé par le président libéral Javier Milei a lancé lundi, par décret publié au Journal officiel, un plan de départs volontaires dans la fonction publique dont les pays européens, et la France au premier chef, seraient bien avisés de s’inspirer. Il s’agit d’inciter 20 000 agents à partir contre un chèque assez généreux, pouvant atteindre deux ans de salaire. Le dispositif vise les agents titulaires de l’administration nationale âgés de 58 à 63 ans : selon le syndicat ATE, 21 187 personnes sont concernées.

Le plan ne cible aucune administration en particulier, mais exclut les forces armées et de sécurité, les services de renseignement et le service diplomatique. Les agents qui l’accepteront ne pourront pas revenir dans l’administration pendant huit ans, « pour éviter un phénomène de porte tournante », a commenté le ministre de la Dérégulation et de la Transformation de l’État, Federico Sturzenegger. « Nous continuons à chercher des moyens de réduire la dépense publique afin de continuer à baisser les impôts », a-t-il ajouté.

Ces 20 000 départs s’ajouteraient aux quelque 74 000 emplois publics déjà supprimés depuis décembre 2023, soit une baisse de 21,6 % des effectifs de l’administration nationale, qui sont passés de 343 357 à 269 025 agents. Les suppressions ont surtout pesé sur les administrations nationales et les entreprises publiques. Le plan annoncé lundi est le premier ouvert à l’administration dans son ensemble, les précédents ayant visé des organismes ou des agences.

Sous l’effet de cette politique, l’inflation est tombée à 1,9 % en septembre, contre environ 25 % par mois à l’arrivée de Milei : treize fois moins. Sur un an, elle s’établit à 33,4 %. La reprise s’est toutefois ralentie après une année 2025 solide, autour de 4,5 %, avec une prévision pour 2026 fortement revue à la baisse, à 2,1 %. Le chômage, à 8 % de la population active, reste inférieur aux niveaux des années précédant Milei.

La pauvreté a fortement reculé depuis le pic de 2024, qui frôlait les 53 %, mais elle est récemment remontée à 32 %, contre 28 % au second semestre 2025. Surtout, l’exécutif a réussi un redressement des finances publiques qui compte peu d’équivalents dans le monde actuel : l’État dégage désormais un excédent primaire de l’ordre de 1,3 % du PIB, alors qu’il était dans le rouge chaque année depuis le début du siècle ou presque. La dette publique est revenue de 150 à 155 % du PIB en 2023 à environ 70 à 80 % en données brutes, et 40 % en net, pour une large part sous l’effet de la réappréciation réelle du peso, qui avait mécaniquement gonflé le ratio en 2023.

Les coupes ont porté avant tout sur les subventions, les travaux publics, les transferts discrétionnaires et certains postes de fonctionnement. Le ratio de dépenses publiques est tombé autour de 31 % du PIB, contre 37 à 42 % auparavant : à peine plus de la moitié du niveau français.

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