Au début du mois, suite à l’expulsion de l’ambassadeur de France au Mali, l’Exécutif s’était donné 15 jours pour statuer sur le devenir des opérations Barkhane et Tabuka. A l’issue du conseil des ministres du 9 février dernier, le porte-parole du Gouvernement, Gabriel Attal, avait annoncé la volonté de réunir les chefs d’Etats des pays partenaires pour discuter de la présence française au Mali et plus généralement au Sahel. Cette réunion a eu lieu mercredi 16 février 2022.
Dans un contexte politique très dégradé, lié à la prise de pouvoir par une junte, l’Exécutif a rejeté d’office l’option du statu quo. Diplomatiquement, l’Elysée avait précisé, avant la réunion, que la question du retrait du Mali était « ouverte mais pas tranchée » et s’était dit « préoccupée par la fuite en avant des autorités maliennes », tout en indiquant un scepticisme de plus en plus grand à maintenir son engagement.
Les présidents du Niger, du Tchad et de la Mauritanie étaient à Paris ce mercredi 16 février, mais pas ceux du Mali et du Burkina Faso, suspendus du G5 Sahel pour cause de putsch. Le lendemain, lors d’une conférence de presse, Emmanuel Macron a clairement indiqué : « Nous ne pouvons rester engagés militairement aux côtés d’autorités de fait dont nous ne partageons ni la stratégie ni les objectifs cachés ». Le retrait français devrait prendre 4 à 6 mois.
Notons que la Belgique avait pris les devants le 15 février en indiquant qu’elle n’enverrait pas au Mali les 250 soldats promis, démontrant par la même occasion la vaste farce que constitue l’européanisation de ce conflit.
La question de la présence des milices pro-russes du groupe Wagner, dirigé par Evgheni Prigojin, surnommé aussi le « cuisinier de Poutine », en soutien au régime militaire de Bamako, était également au menu des discussions. Il faut dire que dès le printemps 2021, d’étranges actions de rue sont apparues dans sa capitale malienne : des groupes brandissant des drapeaux russes ont défilé devant l’ambassade de Russie, invitant Poutine à « rétablir l’ordre ». Cela ressemblait fortement à un spectacle orchestré de l’extérieur. Pour les structures proches du Kremlin, les « points d’entrée » en Afrique sont les pays en crise, quelle que soit la gravité de celle-ci. Le but étant de les déstabiliser encore plus et de faire partir les Occidentaux, comme pendant la guerre froide. En ce sens, le Mali est une cible idéale.
Après dix ans de conflit, la présence française au Sahel commençait bel et bien à ressembler à un bourbier. Le temps est peut-être venu d’évoquer la question de l’africanisation du conflit. En attendant, quitter le Mali est une bonne décision.
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2 réponses
Bonjour Romain et merci pour cette brève intéressante. N’étant pas une spécialiste dans ce domaine, j’aurais aimé savoir quels sont les « objectifs cachés » que vous évoquez en citant Macron. Merci d’avance pour votre réponse.
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2 réponses
Bonjour Romain et merci pour cette brève intéressante. N’étant pas une spécialiste dans ce domaine, j’aurais aimé savoir quels sont les « objectifs cachés » que vous évoquez en citant Macron. Merci d’avance pour votre réponse.
La réaction est, comme d’habitude, tardive. Cela prouve bien que nos politiques sont des gens suffisants sans aucun charisme.