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dimanche 31 mai 2026

Le « made in Europe » pour réindustrialiser le continent

Temps de lecture : 2 minutes

Changement de cap économique : Bruxelles a dévoilé mercredi des propositions en faveur du « Made in Europe », visant à réindustrialiser le continent et à mieux résister à la concurrence chinoise, après des mois de discussions animées au sein des 27. La loi dite d' »accélération industrielle » vise à préserver et décarboner des filières clés qui, à l’image de l’automobile, craignent d’être balayées par la concurrence chinoise, alors qu’elles se débattent déjà avec la transition écologique et les prix élevés de l’énergie.

Cela va passer par l’instauration d’une « préférence européenne », une mesure longtemps restée taboue en Europe en raison de son caractère protectionniste. Dans la pratique, il s’agit d’exiger des entreprises de secteurs jugés stratégiques « un nombre ou un pourcentage de composants critiques originaires d’Europe » lorsqu’elles bénéficient de fonds publics. L’urgence à agir a fini par convaincre les plus réticents, l’Allemagne et les pays nordiques, de se rallier à cette nouvelle doctrine économique défendue avec ardeur par la France, à condition qu’elle soit strictement ciblée.

L’automobile fait bien partie des secteurs visés, de même que les technologies d’énergies décarbonées (panneaux solaires, batteries, pompes à chaleur, centrales nucléaires…). Les industries lourdes sont également ciblées. Le BTP et les constructeurs automobiles bénéficiant de fonds publics devront ainsi se fournir en ciment et en aluminium « Made in EU ».

Le « Made in Europe » pourra toutefois s’étendre à des contenus industriels fabriqués en dehors de l’Union par des filiales d’entreprises européennes. Une quarantaine de pays, dont des partenaires commerciaux majeurs comme le Royaume-Uni, le Canada ou le Japon, pourraient bénéficier de ce traitement de faveur, mais sous de strictes conditions.

L’Union européenne était jusqu’ici la seule des grandes économies à n’édicter quasiment aucune mesure de préférence de sa production locale, avec seulement six mesures sectorielles contre 983 aux Etats-Unis, 315 en Inde, ou 131 au Brésil, indique une étude du think-tank européen Strategic Perspectives sur 2025.

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4 réponses

  1. Encore faut-il que tout ne soit pas envahi de Taxes, de Charges et de Contraintes sinon cela ne changera RIEN.

  2. alleluya on se réveille à Bruxelles!
    Ce que la France des Terroirs fait depuis des décennies (AOC) et que les technocrates ont tout fait pour les noyer dans des procédures et autres tracasseries administratives, deviendra peut-être une nouvelle loi européenne!
    Un exemple: un boucher-charcutier n’a pas le droit de vendre ses produits au-delà de 80km autour de son atelier!!!! Du coup on tue l’artisan ou le producteur qui n’a ni le temps ni les moyens de s’engager dans des certifications complexes et chronophages. La qualité du produit est une notion que nos technocrates ignorent complètement…
    Cette porte ouverte aux produits industriels et/ou importés a dégradé les savoir-faire français et européens et dans quelques années on n’aura plus que de la malbouffe industrielle ….

  3. Le protectionnisme n a jamais été la solution car les mesures de rétorsion comme celles de contournement seront immédiates
    La naïveté européenne est confondante car de surcroit la balance commerciale de l UE est excédentaire

  4. Il me vient trois réflexions. D’abord, que le capitalisme de connivence et le collectivisme, c’est bien quand c’est européen. Apparemment, le « nationalisme économique » devient tolérable quand il devient bruxellois. Ensuite, l’UE fonctionne comme un empire colonial : le contribuable français paye les infrastructures européennes (transports, énergie, modernisation, sûreté juridique, alliance militaire, etc.) pour que nos investisseurs délocalisent à l’Est sans risque. S’il fallait imputer le coût réel de ces délocalisations, elles seraient probablement beaucoup moins rentables. Enfin, dans un marché unifié, les capitaux vont se concentrer dans les zones les plus performantes. La France va donc encore plus se transformer en un vaste « mezzo-giorno ». Contrairement à ce qu’escomptent quelques industriels parisiens, ce protectionnisme européen, en effaçant la concurrence chinoise, encouragera l’implantation de grosses unités de production à l’Est. La France n’y gagnera probablement rien (sauf sur quelques niches) et y perdra même peut-être ce qu’il lui reste.

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