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mercredi 10 juin 2026

Le mythe d’une croissance chinoise infinie s’essouffle, entre investissement privé en baisse de –5,2 % et demande intérieure faible

Temps de lecture : 2 minutes

Les derniers chiffres viennent d’être publiés – et ils confirment ce que de plus en plus d’observateurs constatent : l’activité économique de la Chine, sous le régime autoritaire de Xi Jinping, montre des signes de fragilité toujours plus visibles.

La production industrielle progresse certes de +5,6 % sur un an, mais en avril, la hausse retombe à +4,1 %, soit son niveau le plus faible depuis juillet 2023. Dans un pays qui représente déjà près de 30 % de la production manufacturière mondiale, ces chiffres suggèrent que le modèle d’expansion industrielle fortement piloté par l’État atteint ses limites.

La demande intérieure, elle aussi, peine à suivre. Les ventes de biens de consommation n’augmentent que de +1,9 % sur les quatre premiers mois de l’année, et seulement +0,2 % sur un an pour le mois d’avril, avec même une baisse mensuelle proche de –0,5 %. L’économie chinoise continue donc de produire un déséquilibre structurel, que les autorités (propagandistes) reconnaissent elles-mêmes de manière indirecte lorsqu’elles évoquent une « forte offre et une demande faible ».

Et que dire de l’investissement ? –1,6 % pour l’investissement total en actifs fixes sur les quatre premiers mois, et –5,2 % pour l’investissement privé. Le secteur immobilier reste particulièrement en crise. Les investissements immobiliers chutent de –13,7 %, les ventes de biens immobiliers neufs de –14,6 %. Par ailleurs, même le tertiaire recule, avec –4,2 % d’investissement. Dans ce contexte, une dynamique notable reste celle des exportations (+11,3 % sur les quatre premiers mois), ce qui montre une dépendance croissante de l’économie chinoise à la demande extérieure.

Le chômage, lui, reste stable à 5,2 % en avril, sans amélioration significative depuis plusieurs années. Finalement, malgré certains indicateurs qui semblent positifs, comme la progression de l’indice de production des services, la lecture globale reste contrastée.

Comme le souligne dans un article le prix Nobel d’économie 2024 Daron Acemoglu : « les entreprises chinoises se concentrent de plus en plus sur le maintien dans les bonnes grâces des autorités politiques, plutôt que sur l’innovation ». Il ajoute également : « Cette consolidation du pouvoir survient malgré d’importantes erreurs de Xi qui tirent l’économie vers le bas et affaiblissent le potentiel innovant de la Chine ». Ces analyses rejoignent celles du directeur général adjoint du FMI, Dan Katz, qui a appelé récemment à davantage de flexibilité du marché chinois. Bien que le conflit en Iran puisse jouer un rôle dans ces difficultés, le principal défi de la Chine ces prochaines années sera de réduire profondément son interventionnisme afin que cette dernière continue de prospérer sur le long terme.

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5 réponses

  1. Quand j’étais plus jeune, l’épouvantail industriel, craint de tous les fabricants européens, c’était le Japon. Made in Japan… Puis le Japon a perdu de son mordant industriel et est aujourdhui remplacé par la Chine. Made in China…La Chine s’essouffle, alors qui sera le suivant dans 20 ans ? : un autre pays asiatique, ou sud américain ? Les paris sont ouverts.

    1. Actuellement l Inde et les pays du sud-est asiatique tirent la croissance mondiale
      Quant a l hémisphère sud américain, il a sombré depuis bien longtemps dans un populisme débridé

  2. Et ce n’est pas fini… le Japon, la Corée du sud arrivent à maintenir une « activité » affichée , mais derrière ces chiffres, se cache la dénatalité . Certains de nos dirigeants l’ont bien compris, mais ne savent pas comment résoudre ce problème….. et proposent de façon simpliste « un remplacement » sans précautions….. d’ici un siècle la population sur terre aura diminué d’un milliard de personnes… rien que 700 millions pour la Chine d’ici la fin du siècle. C’est la seule décroissance qui a commencé insidieusement !

  3. Toute la richesse du monde ne peut excéder celle de la planète. La Chine, depuis 45 ans s’enrichit grâce à un SMH faible qui lui a permis de siphonner la richesse de l’Occident paresseux et cupide . Ce dernier arrivé à l’étiage de ses finances achète de moins en moins et le phénomène va se poursuivre jusqu’à l’effondrement total de l’acheteur, puis viendra l’inversion des flux.

  4. A voir les chiffres, on se demande si Xi Jinping ne joue pas à l’apprenti sorcier avec son soutien à l’Iran …. c’est une chose de nuire aux USA mais quand c’est en sacrifiant l’économie mondiale c’est extrêmement risqué avec un modèle économique qui est basé sur les exportations

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