On sait que Jean-Luc Mélenchon a les dents longues et de la suite dans les idées. Trois fois candidat malheureux à l’élection présidentielle, il avait en vain tenté de personnaliser les élections législatives de 2022 en s’autoproclamant futur Premier ministre. Le 22 juin 2024 sur France 5, il a déclaré sans ambiguïté : « J’ai l’intention de gouverner ce pays », phrase qui s’est muée deux jours plus tard sur France 2 en « Je ne suis candidat à rien », tout en n’excluant…rien.
C’est qu’entre temps il y a eu une levée de boucliers à gauche, soit parce que le poste de Premier ministre aiguise les appétits, soit parce que la personnalité de Jean-Luc Mélenchon peut être vue comme un atout mais aussi comme un handicap lors des élections. Le 24 juin, Marine Tondelier, la secrétaire nationale des Verts, a martelé que le fondateur des Insoumis ne serait pas Premier ministre, le candidat au poste devant être choisi « par consensus » en cas de victoire du Nouveau Front populaire (NFP), tandis que son homologue socialiste, Olivier Faure, avait écrit sur X que « Personne ne peut s’autoproclamer Premier ministre ». Quant à François Hollande, il avait le 23 juin demandé à Jean-Luc Mélenchon de « se taire »…
La situation actuelle n’est pas satisfaisante sur le plan démocratique. En cas de victoire du Rassemblement National ou (a priori) de la majorité présidentielle, le nom du futur Premier ministre est connu de tous. Nous nous retrouvons dans la situation classique d’un régime parlementaire et notamment du régime anglais : outre-Manche, lorsqu’un électeur vote dans sa circonscription, il se prononce à la fois pour un candidat d’un parti politique et, en fait aussi, pour un Premier ministre, à savoir le chef du parti considéré.
En l’espèce, il est demandé aux Français de voter pour un candidat NFP dans une circonscription, mais de s’en remettre à une délibération des partis de la coalition pour soumettre un nom de futur Premier ministre au chef de l’État (auquel, rappelons-le, appartient constitutionnellement la décision de nomination). Les électeurs ne savent donc pas si, en cas de victoire du NFP, le Premier ministre serait Jean-Luc Mélenchon, un autre insoumis, François Hollande ou une personnalité quelconque.
Le fait que la coalition électorale soit largement… électoraliste permet sans doute de comprendre ces dissensions. On peut néanmoins y voir aussi ce que nous n’hésiterons pas à qualifier d’entourloupe. En effet, et Jean-Luc Mélenchon l’a rappelé à juste titre, c’est au parti principal d’une coalition victorieuse de désigner le nom du candidat au poste de Premier ministre, comme cela a été le cas lors des précédentes cohabitations de 1986 et de 1993, le RPR ayant à chaque fois devancé l’UDF dans les urnes.
Puisque La France Insoumise est un parti à la démocratie interne impressionniste, exclusivement soumis aux desiderata de son fondateur, le futur Premier ministre ne pourrait être que Jean-Luc Mélenchon ou un autre insoumis auquel le Lider Maximo aurait finalement décidé de laisser la place. Il serait plus honnête que le NFP le dise clairement…
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Je rappelle que « gauche » en terme de métier signifie « tordu ». Nous avons encore la preuve que cette définition s’applique parfaitement à la « bien nommée » !
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