Candidat potentiel à l’élection présidentielle, l’ancien ministre de l’Economie et des Finances est toujours aussi confus. Le dernier exemple en date : sa vision de l’Europe.
En s’autoproclamant « plus hérétique qu’on ne le croit » (Franceinfo), Bruno Le Maire tente aujourd’hui désespérément de faire oublier ses résultats calamiteux à la tête du ministère de l’Economie et des Finances durant plus de sept longues années, particulièrement en ce qui concerne la gestion de la dette publique. Celui qui avait osé prétendre qu’il avait « sauvé » l’économie française durant la crise sanitaire entend maintenant sauver l’Europe. A preuve l’entretien qu’il vient de donner au Figaro (26 juin 2026).
Dans cet entretien, il y a à boire et à manger : quelques idées justes, des propositions mal venues et au total une pensée qui apparaît toujours aussi confuse. Commençons par le côté positif. L’ancien ministre estime qu’il faut « investir davantage dans notre État régalien », et corrélativement qu’il convient de « redéfinir la place et les objectifs de notre État social », sans s’appesantir davantage sur le sujet. « Le temps des choix est venu, ajoute-t-il, entre un État régalien puissant et un État providence illimité ». C’est peu ou prou ce que soutient l’Iref.
Mais, après avoir considéré de manière bien rapide que « les Etats-Unis ne sont plus notre allié », il enchaîne en appelant à la construction d’une Europe comme puissance politique avec des « grands programmes industriels communs », une « préférence européenne », une « armée européenne » -ce qui supposerait une modification profonde des traités puisqu’il ne s’agit pas d’une attribution communautaire-.
Surtout, Bruno Le Maire propose « une nouvelle Europe à six : France, Allemagne, Espagne, Italie, Pologne, Pays-Bas » sous la forme d’une « fédération d’Etats-nations ». Cette dernière formule est utilisée par certains juristes depuis quelques décennies, mais elle n’en est pas moins floue. Toutefois, l’ancien ministre donne quelques précisions : cette « fédération » serait dotée d’une Constitution -elle ne serait donc pas issue d’un traité comme une confédération- ; elle parlerait d’une voix unique au sein de l’Union européenne et ce, en « agissant comme un seul État ». Il s’agit donc clairement de créer un État à partir des six Etats existants. La « fédération » devrait obtenir sous cinq années des « résultats concrets » avec un « géant du numérique », une « fabrique de semi-conducteurs » et une « harmonisation fiscale ». Il s’agit donc de créer un État ou un super-État, centralisé, doté de ressources propres et menant des politiques industrielles. On a du mal à saisir en quoi cette « fédération » se distinguerait du super-État que prônent les socialistes.
Pour finir, Bruno Le Maire n’exclut pas de se porter candidat à l’élection présidentielle -un énième candidat !-. Mais cela, nous n’avions pas besoin de le dire à nos lecteurs…
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Bruno Le Maire, l’hérétique de Normale Sup’, l’iconoclaste de l’ENA, le réprouvé des cabinets ministériels, le député inapprivoisable de l’Eure (l’Eure étant, comme chacun sait, terre sauvage hors des confins de la civilisation), l’ermite échevelé qui, depuis toujours, déchirant ses vêtements, hante les couloirs des gouvernements, lanterne de Diogène à la main, afin de pointer les insuffisances et les hypocrisies de ses contemporains. Tout, dans son parcours, de Saint-Louis de Gonzague, où il étudia, à Polytechnique Lausanne, où il enseigna, hurle son refus barbare des conventions. C’est le Rimbaud des circulaires, le Lautréamont des CERFA, le Baudelaire des arrêtés, le Kerouac des notes de service.
Gainsbourg a brûlé un billet de 500 francs pour montrer son refus de la société bourgeoise. Bruno Le Maire a été plus loin, tellement plus loin, en brûlant mille milliards. Il a fait de la politique un happening punk. Le monde artistique underground devrait organiser une rave party à son nom.
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4 réponses
Après Le Maire 1, voici Le Maire 2 ! . . .
B Lemaire continue a être la tête de turc préféré de contrepoints alors qu il est juste a l image de toute notre classe politique élue par les gaulois
Bruno Le Maire, l’hérétique de Normale Sup’, l’iconoclaste de l’ENA, le réprouvé des cabinets ministériels, le député inapprivoisable de l’Eure (l’Eure étant, comme chacun sait, terre sauvage hors des confins de la civilisation), l’ermite échevelé qui, depuis toujours, déchirant ses vêtements, hante les couloirs des gouvernements, lanterne de Diogène à la main, afin de pointer les insuffisances et les hypocrisies de ses contemporains. Tout, dans son parcours, de Saint-Louis de Gonzague, où il étudia, à Polytechnique Lausanne, où il enseigna, hurle son refus barbare des conventions. C’est le Rimbaud des circulaires, le Lautréamont des CERFA, le Baudelaire des arrêtés, le Kerouac des notes de service.
Gainsbourg a brûlé un billet de 500 francs pour montrer son refus de la société bourgeoise. Bruno Le Maire a été plus loin, tellement plus loin, en brûlant mille milliards. Il a fait de la politique un happening punk. Le monde artistique underground devrait organiser une rave party à son nom.
Excellentissime !