Les émigrations successives de ce petit Russe Blanc en Pologne puis en France avec une mère passionnément francophile  n’ont pas empêché de faire  de Romain Gary un Français à part entière. Les talents et l’ambition ne manquent pas à ce jeune homme éclectique : à peine  ses nouvelles  littéraires sont publiées  dans Gringoire qu’il s’oriente dans l’aviation, car pour lui pas question pendant la guerre  d’être autre chose qu’un aviateur combattant. Les anecdotes s’en suivent toutes aussi prodigieuses les unes que les autres dans une tonalité pleine d’humour où perce sous la dérision une fierté bien justifiée. Certes il n’aura pas le rôle d’ambassadeur  que souhaitait sa mère, mais sa carrière diplomatique  lui fit découvrir sa véritable vocation. De même qu’il était  impossible pour lui de représenter la France avec des idées auxquelles il n’adhérait pas ,  de même  impossible pour lui  d’endosser les rôles d’imprésario proposés par Hollywood.
Doté d’une sensibilité extrême, l’écrivain entrevoit  avant l’heure le déclin de l’Occident, le règne du sexe et de la violence, la disparition de la féminité, et pour finir la désintégration de l’âme. Le style de cette autobiographie est celui d’un enregistrement qu’il fit peut avant sa mort. Et si les mots se répètent comme par maladresse, la pensée elle avance lentement vers une désillusion certaine.
Articles connexes:
L’avion et la jeunesse : l’efficacité prime la «…
Jean-Paul Oury : De Gaïa à l’IA. Pour une science…
Serge Schweitzer : Le libéralisme : prélude et…
1920-2022 : quand les Polonais et les Ukrainiens…
Andrzej Duda, président polonais : « En Pologne,…
Aviation : les politiques écologistes de l’UE sont…
Napoléon III. La modernité inachevée, par Thierry Lentz
La Pologne, le meilleur allié de l’OTAN