La crise sanitaire entraîne une récession mondiale. Les conséquences sur l’emploi sont cependant asymétriques selon les pays et les secteurs.
La crise sanitaire entraîne une récession mondiale. Les conséquences sur l’emploi sont cependant asymétriques selon les pays et les secteurs.
De nombreux emplois détruits du fait de la crise sanitaire
La crise sanitaire a entraîné des destructions d’emploi dans tous les pays. En France, ce sont 500 000 emplois qui ont été supprimés au 1er semestre. Faute d’un marché du travail suffisamment flexible, de nombreuses entreprises n’avaient d’autre choix que de recourir à l’interim. C’est ce secteur qui a par conséquent le plus souffert, avec une baisse de 318 000 emplois, surtout dans la construction (- 60,5 %) et l’industrie (- 40,7 %) alors que le tertiaire résiste davantage (-31%). Le confinement français, beaucoup plus strict que celui qu’ont observé d’autres pays comme l’Allemagne, a donc affecté d’abord les plus précaires et il est essentiel, dans ces circonstances inédites, de comparer le gain sanitaire du confinement à ses conséquences économiques et sociales. En Allemagne justement, ce ne sont que 282 000 emplois qui ont été détruits au 1er trimestre grâce à un Etat plus efficace face au coronavirus et donc un confinement moins restrictif. Ces pays ont continué à supprimer des emplois en mai et rien pour l’instant n’indique que cela va cesser. Sur une période différente (mars-mai) ce sont 500 000 emplois qui ont été détruits au Royaume-Uni.
Aux États-Unis, la chute a d’abord été très marquée : plus de 20 millions d’emplois détruits sur le seul mois d’avril. Une perte bien plus importante que dans les pays européens, notamment parce que le chômage partiel n’y pas cours. Mais on a observé très vite une singulière reprise : 2,5 millions d’emplois crées en mai. Alors même que les États-Unis restent fortement touchés par l’épidémie.
Une reprise de l’emploi variable selon les pays
Il est très compliqué de comparer les suppressions d’emplois entre les pays. Tout d’abord parce que la ligne de départ varie (voir tableau ci-dessous). Dans des pays en plein-emploi comme les États-Unis, l’Allemagne ou le Royaume-Uni, la crise engendre naturellement plus de chômage que dans des pays où il était déjà fort, comme l’Italie, la Grèce ou à moindre échelle la France. Ensuite parce que le chômage n’est pas évalué partout de la même manière ni sur des périodes similaires. Enfin et surtout, à cause de la plus ou moins importante prise en charge du chômage partiel par l’Etat. Il est en revanche possible de comparer les perspectives de reprise de l’emploi à moyen terme. C’est ce qu’a fait la Commission européenne dans ses prévisions économiques.
Ainsi, sur l’année 2020, il est estimé que le chômage va fortement augmenter dans tous les pays et plus particulièrement aux États-Unis, (+5,5 points), en Espagne (+4,8) et au Portugal (+3,2). En 2021, le chômage reculerait partout à l’exception du Japon. La France ne fait pas partie des pays dans lesquels le chômage augmente le plus, mais de ceux, en revanche, qui ne le verraient pas beaucoup reculer en 2021. Pire, son niveau resterait très élevé, à 9,7%, soit bien plus que la moyenne européenne de 7,9%. Conjoncture ou trait national ? C’est la question que posait Jean-Philippe Delsol dans son article il y a quelques semaines : les Français veulent-ils encore travailler ?
Ce fort taux de chômage n’est pourtant pas une fatalité. Il résulte de nos choix politiques. En cause, un marché du travail rigide, un système social qui n’incite pas au travail, l’excès de normes et de réglementations qui parasitent les entreprises, et une imposition dissuasive tant pour les entreprises que pour les salariés. Il faudrait agir sur tous ces levier pour replacer la France au moins au niveau de la moyenne européenne. La récession économique actuelle semble être le juste moment de prendre des décisions courageuses, dont dépend notre avenir.
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