L’amélioration considérable du niveau de vie dans les pays émergents pourrait bien rebattre les cartes de l’industrie mondiale et permettre aux pays industrialisés de rapatrier une partie de leurs emplois dans ce secteur. Aux Etats Unis par exemple, le secteur industriel a gagné 300 000 nouveaux emplois en 2010. En 2011, les salaires des Vietnamiens ont connu une hausse nette de 6%. Les ouvriers chinois ont multiplié par 6 leur salaire annuel entre 1995 et 2010.
L’amélioration considérable du niveau de vie dans les pays émergents pourrait bien rebattre les cartes de l’industrie mondiale et permettre aux pays industrialisés de rapatrier une partie de leurs emplois dans ce secteur. Aux Etats Unis par exemple, le secteur industriel a gagné 300 000 nouveaux emplois en 2010. En 2011, les salaires des Vietnamiens ont connu une hausse nette de 6%. Les ouvriers chinois ont multiplié par 6 leur salaire annuel entre 1995 et 2010.
On parle beaucoup des entreprises qui délocalisent. On évoque moins souvent le cas de celles qui relocalisent. Et de fait, on oublie que la mondialisation n’est pas un phénomène statique et invariable. Il est vrai que les délocalisations touchent plus de salariés que les relocalisation ne créent d’emplois. Néanmoins, cette nouvelle tendance indique que les bas salaires seuls ne sont plus la panacée et que la décision d’une entreprise de déplacer ses unités de production est fondée sur d’autres motivations.
Atol, Rossignol, Decathlon, Geneviève Lethu, Majencia, Le coq sportif ou encore Meccano, ont tous choisi de relocaliser une partie de leur production en France. Une bonne nouvelle pour notre industrie dans cet océan de déconvenues. Plusieurs explications sont à l’origine de ces choix. On peut en nommer deux qui sont récurrentes. L’augmentation des coûts de transport, liés au gonflement de la facture énergétique, et une croissance des salaires dans les pays émergents.
Les données de la banque mondiale nous montrent que le coût de l’import d’un conteneur est passé de 886 dollars en 2005 à 1 248 en 2011, soit 41% d’augmentation. Quant aux salaires, eux, ils sont en hausse partout en Asie ; en Inde, en Chine, en Indonésie ou encore au Vietnam. Le salaire minimum a augmenté de 40% d’un seul coup en Thaïlande en avril dernier. En 2011, les salaires des Vietnamiens ont connu une hausse nette de 6%. Les ouvriers chinois ont multiplié par 6 leur salaire annuel entre 1995 et 2010. L’augmentation de la masse salariale reste cependant inférieure à celle de la productivité du travail, ce qui rend ce dernier toujours attractif pour les entreprises qui souhaitent produire dans l’Empire du milieu. Mais la situation pourrait bien se retourner car certains bas salaires chinois tendent à être concurrencés par ceux des pays industrialisés, lorsque les écarts de productivité sont pris en compte.
Ces pressions à la hausse sur les salaires en Chine sont de deux ordres : économique et politique. D’abord, comme le rappelle une étude des Echos : « 7 travailleurs migrants sur 10 auraient moins de trente ans. Une génération qui n’a pas connu les heures les plus sombres du maoïsme et refuse de plus en plus de se plier aux conditions de travail que tolérait docilement la précédente. » Ensuite, Pékin contrôle largement les augmentations de salaire. Et cette manœuvre politique, à l’heure où les exportations flanchent, permet de renforcer la consommation intérieure et la légitimité du pouvoir.
L’amélioration considérable du niveau de vie dans les pays émergents pourrait bien rebattre les cartes de l’industrie mondiale et permettre aux pays industrialisés de rapatrier une partie de leurs emplois dans ce secteur. Aux Etats Unis par exemple, le secteur industriel a gagné 300 000 nouveaux emplois en 2010. La baisse de la facture énergétique avec l’exploitation des gaz de schistes, la hausse du Yuan par rapport au Dollar, une croissance modérée des salaires, et une forte augmentation de la productivité du travail depuis le début du millénaire sont les explications principales. Il est vrai aussi que l’Etat américain a mis en place un dispositif d’incitations facilitant le retour des entreprises. Pour celles qui relocalisent, un crédit d’impôt de 20% leur est accordé, ainsi qu’une déduction permanente d’impôts pour la R&D effectuée sur le sol américain.
Un dispositif que la France semble ignorer. Nos hommes politiques préfèrent se lamenter sur le sort de l’industrie française plutôt que de changer les choses et d’inciter les retours. Le cas du fabriquant de lunettes Krys est édifiant. En mai 2012, l’entreprise choisit de relocaliser une partie de sa production dans les Yvelines. Mais le projet est vite bloquer par le Conseil municipal qui ne veut pas changer son plan d’occupation des sols. Ce sont donc une trentaine d’emplois qui ne verront pas le jour à cause de la paresse de certains élus. Cette mentalité n’est certainement pas celle à adopter pour inciter les industries à revenir en France. Mais M. Montebourg ne s’en prendra pas aux élus. Ses ennemis désignés sont les patrons. D’ailleurs, comme le phénomène des relocalisations s’amplifient, pourquoi ne pas commencer par supprimer le ministère de M. Montebourg ?
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