Selon les statistiques de l’Éducation nationale, les enseignants ont un salaire mensuel moyen de 3 090 € nets. Pour les syndicats, qui déplorent la paupérisation du métier, c’est un déni de leur situation réelle. Mais de quels enseignants s’agit-il et combien d’heures travaillent-ils ? Sont-ils moins favorisés que leurs collègues européens ? Entrons dans les détails.
La rémunération moyenne des enseignants fonctionnaires ou assimilés était de 3 090 € nets par mois en 2024, selon la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) – le service statistique de l’Éducation nationale. « Trompeur », nous dit le SNES-FSU, qui fait semblant de ne pas comprendre ce que signifie une moyenne. La rémunération d’un enseignant varie effectivement en fonction de son niveau (certification ou agrégation), de son grade (classe normale, hors-classe, classe exceptionnelle), du fait qu’il soit à temps complet ou à temps partiel, de ses heures supplémentaires, ou encore de la réalisation de missions spécifiques qui conditionne certaines primes (Pacte enseignant…).
Dans le second degré par exemple, la rémunération mensuelle nette de base d’un professeur certifié de classe normale, premier échelon et à temps plein, est de 1 862 €. C’est 2 096 € pour un agrégé. À l’échelon 9, ce qui correspond à environ 18 ans d’ancienneté, elle est de 2 520 € nets pour un certifié, et de 3 172 € pour un agrégé. En toute fin de carrière, un certifié de classe normale gagne en moyenne 2 816 € nets, et 3 394 € s’il est hors classe. Ces montants ne sont pas mirobolants, mais nous sommes loin de la paupérisation brandie par les syndicats.
Contractuels et agrégés en classe préparatoire : les deux extrêmes
Tout est bien différent pour les enseignants contractuels, qui représentent 8 % du total des enseignants et qui sont le plus souvent en CDD : ils gagnent en moyenne 2 130 € nets par mois et n’ont pas de grille de rémunération unique, contrairement aux enseignants titularisés. Les leurs sont variables selon les académies (jusqu’à 18 niveaux différents), avec des rémunérations proches du SMIC.
À l’autre bout de l’échelle, les enseignants de classe préparatoire (le plus souvent agrégés) constituent une catégorie très particulière. Ils gagnent 28 % de plus, en moyenne, que les agrégés hors classe prépa et peuvent être payés jusqu’à 80 € bruts de l’heure pour effectuer des interrogations orales – les fameuses « colles ». Sans oublier l’indemnité de 1 117,92 € par an s’ils enseignent au moins 8 heures par semaine devant plusieurs groupes. La Cour des comptes avait estimé, en 2013, que leur rémunération nette moyenne était de 49 296 € nets par an entre 10 et 20 ans d’ancienneté (63 470 € pour les chaires supérieures).
Moins payés que leurs voisins européens, mais plus de vacances
La différence avec les autres pays est souvent mise en avant pour illustrer l’argument de la paupérisation. En France, le salaire statutaire annuel brut des enseignants en 2024 était de 34 945 € en début de carrière au lycée, 54 861 € en fin de carrière ; c’était respectivement 48 975 € et 99 994 € aux Pays-Bas ; 69 293 € et 92 819 € en Allemagne. Bien sûr, de tels écarts ne veulent pas dire grand-chose en l’état brut. Sont-ils principalement liés au coût de la vie ? Eurydice montre qu’ils persistent lorsque l’on prend en compte le standard de pouvoir d’achat (SPA), une unité monétaire qui permet de comparer les pays à niveau de vie équivalent. Reste que la rémunération ne se dissocie pas du temps de travail.
Les heures de travail hebdomadaires sont chez nous appelées « obligations de service », auxquelles l’OCDE applique les règles de durée légale de droit commun. Les enseignants français en ont autant, si ce n’est plus, en général, que leurs voisins européens. Au lycée, le nombre net d’heures d’enseignement en 2023 était de 620 heures par an en Allemagne, 638 heures en Suisse, 720 heures en France et aux Pays-Bas (moyenne de 618 heures au sein de l’UE). Au collège, il était de 642 heures en Allemagne, 720 heures en France et aux Pays-Bas, et de 750 heures en Suisse (moyenne de 632 heures au sein de l’UE).
Cependant, globalement et rapporté à la durée légale de référence, qui n’est qu’une norme générale de la fonction publique, le temps de travail des enseignants français est inférieur à celui de leurs homologues européens : 1 607 heures par an dans le secondaire supérieur, contre 1 659 aux Pays-Bas, 1 778 en Allemagne, ou encore 1 810 en Suisse. Ces chiffres ne mesurent pas le travail réel des enseignants : ils reprennent la durée de référence de chaque fonction publique, alignée en France sur les 35 heures, et supposent que les tâches hors classe (préparation, corrections, conseils, réunions) la remplissent.
Le temps effectivement travaillé est plus difficile à établir. Les enseignants à temps plein déclarent travailler 1 635 heures par an en moyenne, un chiffre qui intègre le travail accompli pendant les vacances scolaires et qui dépasse donc la durée légale. Ces heures sont concentrées sur un calendrier singulier : les vacances scolaires en France sont parmi les plus longues d’Europe, avec, en 2026, 112 jours dans le primaire, soit 16 semaines, contre 11,7 semaines en Allemagne et aux Pays-Bas, et entre 9 et 15 semaines en Suisse. C’est une contrepartie réelle, qu’aucune comparaison honnête ne doit oublier.
L’exception culturelle française
Il ne peut donc y avoir de réponse unique à la question « les enseignants sont-ils sous-payés ? ». Un contractuel en CDD ou un certifié débutant, gagnent à peine plus de 2 000 € nets, mais un agrégé de classe préparatoire en milieu de carrière perçoit une rémunération supérieure à celle de la plupart des Français.
Cependant, au regard de leurs voisins européens, les enseignants français sont moins bien payés, et l’écart ne s’explique ni par le coût de la vie, ni par un temps d’enseignement plus faible : ils enseignent autant, si ce n’est davantage parfois. Mais ils bénéficient aussi des vacances scolaires parmi les plus longues d’Europe. Même si une partie de ces vacances est consacrée à la préparation des cours et aux corrections, cette souplesse du calendrier constitue un avantage non monétaire que les syndicats ignorent systématiquement, et que peu de salariés du privé peuvent obtenir.
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33 réponses
Les enseignants français sont bien rémunérés au regard de leurs résultats pitoyables
Les études PISA, TIMMS….montrent l effondrement du niveau scolaire en France
Un enseignant face à des classes primaires depuis 30 ans n a plus besoin de préparations pour ces cours idem pour un prof
Il ne fait que rabâcher mollement son cours
De surcroît ils opèrent dans les centres bourgeois des villes avec un public plus calme bien loin des des ghettos laissés aux nouveaux enseignants
Pour 4 mois de vacances par an avec des semaines de 28 h hebdo sur 4 jours c est même très bien payé
Ces clichés correspondent aux enseignants que j’ai eus dans les années 80, pas aux professeurs d’aujourd’hui (je parle pour le secondaire. Dans le primaire, il y a en effet un problème de niveau chez certains). Même s’il y a, évidemment, des brebis galeuses, elles sont moins nombreuses qu’alors.
Concernant les cours prêts depuis trente ans, vous saurez que je consacre tous les matins d’été (vous savez, les très longues vacances…) à retravailler mes cours.
Enfin, les résultats à Pisa sont ceux des élèves, pas ceux des enseignants. Le ministre a d’ailleurs pointé les vrais problèmes : ils ne lisent plus, passent trop de temps sur les réseaux sociaux, d’où un appauvrissement intellectuel conséquent, et pour beaucoup ne sont pas suivis par les parents, eux-mêmes trop occupés sur leur portable.
Une vérité demeure, qu’il faut prendre la peine de considérer : même le meilleur professeur ne pourra faire réussir un élève qui ne travaille pas.
@christine votre capacité à ne jamais remettre en question ni vous mêmes ni le système est touchante si ce n’était pas si grave pour le collectif. Heureusement votre profil tend à disparaitre.
PISA est surtout le résultat des programmes et des méthodes d’enseignement, et il est vrai que les profs n’ont pas le choix mais les élèves non plus.
Réduire l’appauvrissement intellectuel aux réseaux sociaux est facile, mais l’appauvrissement date d’avant les portables !
Lorsque mes enfants étaient en 5e, en 2015, j’ai ressorti mon carnet de correspondance de 5e : j’avais 1 heure de français de plus qu’eux, en 1982 donc. Et pas de journée « ramassage des déchets » autour de l’école en primaire, et tant de sujets secondaires traités à la place des basiques !
J’étais forte en français et langues mais une buse en maths, je suis convaincue qu’avec la « méthode de Singapour » j’aurais progressé, mais non pas de méthode de Singapour en France… En revanche, méthode globale pour apprendre à lire mise en place dans les années qui ont suivi !
Voilà, inutile de chercher chez les parents ou dans les réseaux. Le problème est au sein même de l’éducation nationale. Refus de l’exigence, de noter correctement, délire de l’égalitarisme, « écriture inclusive »… sans parler des problèmes de mauvais comportements des élèves de plus en plus répandus dès le primaire.
Tout à fait exact. Non seulement nous avons moins d’heures, mais trop de ces heures sont prises par les activités annexes : parcours citoyens, effectivement, avec tri des déchets, coloriage d’affichettes lénifiantes et autres, préventions contre toutes sortes d’addictions, initiation à la culture, évaluations informatisées, parcours PIX, sécurité routière, découverte sportive, sorties, journées banalisées pour des raisons diverses et variées, désormais éducation sexuelle…
Si, prise individuellement, chacune de ces « activités » (le grand mot à la mode) peut se justifier, leur empilement anarchique transforme l’année scolaire en zapping permanent. L’attention des élèves s’éparpille sans cesse, non de leur faute, mais de la nôtre.
Les débats sur les rythmes scolaires m’amusent toujours un peu. Avant d’y songer, il faudrait déjà que le temps scolaire soit, hé bien, du temps scolaire. Nous en sommes loin.
Tout à fait d’accord avec votre note, mais il faudrait y ajouter le coût des retraites des enseignants. En prenant en compte leur salaire complet, il faut dire : des enseignants pas très bien payés, mais qui coûtent très cher.
Je serais très curieux de disposer de statistiques aussi complètes concernant les enseignants-chercheurs. De mon expérience, primes comprises, un maître de conférence est moins payé qu’un enseignant du secondaire, alors qu’il est titulaire d’un doctorat.
De plus, le fossé avec ses collègues étrangers est bien plus abyssal, alors que le marché de l’emploi et de la compétition est ici international. Il y a là une vraie problématique à entendre.
Beaucoup évoquent la chute du classement PISA qui est indéniable. Cependant ça n’est pas uniquement la faute des enseignants. En effet, ils sont soumis aux ordres de leur ministre qui se plie lui même aux directives idéologiques et pseudo pédagogiques de pédagogues sociologues gauchistes en carton pâte comme Bourdieu qui ont contribué à bien dégrader le système qui s’est vu gangrené par les idées de gauche et au nom de l’égalitarisme il a fallu baisser les niveaux pour que les nuls puissent aussi avoir leur bac. Si les professeurs ne suivent pas les BO ils sont sanctionnés lors des inspections qui entravent leur progression de carrière. Alors même s’ils sont contre certaines réformes ils les appliquent. Cependant il est Maitre dans sa classe, alors en dehors des inspections je jonglais et essayais de faire des cours comme j’avais eu la chance d’avoir à mon époque (avant le stupide collège unique) et je choisissais mes documents pour éviter la propagande gauchiste… et pour les inspections je briefais mes élèves et je servais la soupe aux inspecteurs. Après tout ça ne dure qu’une heure. Heureusement je n’enseigne plus en collège lycée car jamais je n’aurais pu enseigner la propagande wokiste actuelle….
Désolé mais les ministres des gouvernements de droite ont poursuivi globalement la même politique centralisée vis avis de l EN
Donc c est ce système jacobin qui est à abattre puis place à la subsidiarite
Il existe encore des enseignants pétris de pédagogisme, mais ils se font rares et sont en effet valorisés plus que les autres par la hiérarchie. Et n’oublions pas le temps consacré à propager les idées woke (souvent les jeunes profs), qui ne devraient pas avoir leur place à l’école. Combien d’heures vouées à dénoncer le patriarcat (par exemple), et perdues de fait pour l’enseignement des fondamentaux !
Mais là aussi, ça concerne une minorité d’enseignants.
Nous pouvions encore procéder ainsi sous François Hollande (qui avait, au fond, une gestion bonhomme que j’ai vite regrettée). Avec Emmanuel Macron, le poids de l’administration est devenu beaucoup plus étouffant. J’enrage d’ailleurs de l’entendre qualifié de « libéral » alors qu’il est peut être le dirigeant de la 5e le plus obsédé par le contrôle social administratif centralisé.
Les macroniens ont multiplié les entraves à la liberté pédagogique : le parcours de carrière, le contrôle continu (qui vise à standardiser les évaluations, donc les cours, à l’échelle nationale), et l’usage immodéré des « parcours » (environnement, éducation sexuelle…), qui politisent les programmes. Nos cahiers de textes informatisés peuvent être vérifiés heure par heure par l’administration, ce qui n’était pas le cas avant.
Cependant, et c’est là un paradoxe incroyable, tous ces outils de contrôle se sont retournés contre leurs auteurs. Blanquer croyait imposer par la contrainte la méthode syllabique et l’enseignement explicite ; c’est exactement l’inverse qui s’est produit. L’administration a engrangé ces nouveaux pouvoirs, merci pour elle, et les a utilisés non pour obéir au ministre, mais pour s’opposer à lui. Le contrôle continu au bac a fait exploser la surnotation, par exemple, ce qui était l’exact contraire du but recherché. Edouard Geffray, l’an dernier, a été ridiculisé par les corps d’inspection, qui n’ont pas tenu compte de ses instructions sur les barèmes.
Je ne crois pas que ces macroniens soient des traitres machiavéliques, qui font en sous-main le contraire de ce qu’ils annoncent aux médias. Je crois, plus simplement, qu’ils sont très naïfs. Ils sortent de l’ENA la tête farcie de concepts, se gobergent de leur autorité intellectuelle, pensent que leur mot fait loi, sans réaliser que leur administration, dominée par une gauche en voie de radicalisation, a pris le contrôle dans leur dos.
Le boomerang jacobin leur est revenu dans la figure. On croit gouverner d’en haut mais, en fin de compte, ce sont les sectionnaires locaux, les apparatchiks, qui profitent de la situation.
Sous François Hollande, je n’ai jamais eu le moindre problème à enseigner de façon explicite, et souvent magistrale, en donnant des leçons de grammaire à l’ancienne. J’ai même été titularisé avec de tels cours.
Sous Macron, je m’en prends plein la figure. Alors même que je suis en accord avec les idées pédagogiques de JM Blanquer et E Geffray, que je respecte leurs circulaires, c’est moi qui dois lutter. Ne pas utiliser l’écriture inclusive, rien que ça, est devenu un petit combat régulier, bien qu’elle soit interdite par circulaire.
A l’éducation nationale, la gauche a réussi son coup d’état de l’intérieur. Maintenant que les macroniens, par pure bêtise jacobine, ont accru son emprise administrative, elle sera probablement impossible à déloger, de même que dans les médias publics ou à l’université.
Petites précisions pour les commentateurs qui corrèlent le salaire des enseignants et le classement PISA :
I – Ce ne sont pas les enseignants qui ont alourdi les programmes avec des activités absurdes (ateliers de l’égalité par exemple) qui ont conduit à une baisse drastique du nombre d’heures de Français ou de Maths.
2 – L’Ecole se voulant inclusive, nombre de profs comptent dans leurs classes des autistes, des sourds, des enfants souffrant de troubles comportementaux parfois graves ou encore des étrangers ne parlant pas un mot de Français. Et les assistants prévus par les textes ne sont pas toujours là. Comment ne pas voir que cela nuit à la qualité de l’enseignement ?
3 – Nombre de professeurs sont confrontés à une hostilité très forte de la part de nombre de parents qui contestent les observations faites à leurs chers petits. Et que lesdits professeurs sont livrés à eux-mêmes.
4 – Les enseignants ne sont pas seuls responsables du niveau des enfants. Si des enfants ont moins de 50 mots de vocabulaire, c’est que leurs parents ne leur ont pas consacré du temps.
Bref, si les professeurs ont une responsabilité évidente, elle doit être nuancée.
@Blondin comme en 40 les résistants étaient peu nombreux. Beaucoup niaient la baisse de niveau, beaucoup sont encore pour le collège unique, contre les classes de niveau, contre les notes. Beaucoup d’entre eux ont applaudi ces réformes. Pour un raison simple : elles épargnaient leurs enfants. Eux pouvaient se jouer de la carte scolaire et pousser pour être dans des bonnes classes.Ca leur a plu de casser les jambes des enfants des autres.
De toute façon quand on voit le résultat, ils sont déjà trop payés
Il n’y a qu’à voir le classement PISA….on recule d’année en année
Donc dire que c’est la faute des gouvernement, de l’immigration, etc…
Je pense qu’ils devraient surtout se remettre en cause, y compris les syndicats, et se dire que le problème est peut être de chez eux aussi
Et pour les salaires, je pense qu’il devraient plutôt avoir un fixe et une prime au résultat en fin d’année. On retrouverait vite de bons résultats….
Vous faites des comparaisons ave des pays comme l’Allemagne, les Pays Bas et la Suisse, qui ont des niveaux de vie autrement plus élevé que la France. Sans parler qu’en Allemagne les enseignants enseignent toujours 2 matières.
Comparez avec d’autre pays en Europe qui auraient un niveau de vie comparable à nous tel que la Grèce par exemple.
Je l’ai déjà dit, mais le misérabilisme des professeurs fait partie des choses qui m’exaspèrent dans ce métier. Non, nous ne sommes pas des crève-la-faim. On vit correctement avec un salaire de professeur certifié, même dans une région chère comme celle que j’habite, et nos vacances constituent un avantage en nature précieux que d’autres professions peuvent nous envier à juste titre.
Ce n’est vraiment pas le problème, mais c’est globalement la seule chose dont les syndicats et les médias savent parler.
Quatre collègues assassinés en service pendant le mandat d’Emmanuel Macron. Du jamais vu dans l’histoire récente. Silence radio. Et pour un meurtre, combien d’insultes, de menaces, de pressions ? Combien de professeurs qui travaillent dans la peur ?
D’après PISA, nous sommes dans les quatre derniers (sur 91) pour ce qui est de la discipline en classe. Cela signifie, pour le dire tout net, que nos établissements scolaires sont livrés à la loi de la jungle. Alors que cette donnée devrait faire les gros titres, car l’ordre est la condition sine qua non de tout apprentissage, on l’a à peine évoquée.
Et que dire de la gestion calamiteuse des ressources humaines ? L’inspecteur sort de son bureau du siège de l’académie, débarque en cow-boy dans un établissement excentré dont il ne sait rien, vérifie rapidement les formulaires administratifs, lance en quelques minutes ses ordres, toujours les mêmes depuis 35 ans (du ludique, de la mise en activité, laisser les élèves deviner leurs savoirs, organiser des débats, faire des groupes pour qu’ils interagissent…), puis repart dans son bureau en vous ayant déjà oublié. Comment évaluer le travail d’un agent par une visite d’une heure tous les six ans, sinon selon les critères du conformisme idéologique et administratif le plus plat ?
Il faudrait parler sécurité, liberté, responsabilité, et aussi culture commune, savoirs à transmettre.
Au lieu de ça, dans ce pays drogué à la bureaucratie, on parle classes, indices, échelons, corps, grades… Jadis pays de culture et d’humanisme, la France est devenue cette inquiétante administration qui tourne à vide.
merci de ce point de vue d’enseignant. Pisa n’est que le reflet de notre médiocrité commune mais pas entièrement celle des enseignants. je connais des classes où nos « élites » ont voulu faire de l’inclusion ( Néfaste Bourdieu) .
Le prof se retrouve avec un môme qui se met à crier en plein cours. les enfants ont peur. Plutôt que de dire: » ben oui, il n’est pas comme les autres, il ne peut pas faire peur aux autres enfants ». Là les parents gueulent: il a « droit » à l’école comme les autres.
C’est arrivé dans l’académie de Paris en Juin. Les parents ont porté plainte devant le tribunal administratif : le môme a été réintégré. Apres, quelle victoire pour les parents et quelle défaite pour la directrice et les enseignants et la Nation.
L’absence totale de gestion des élèves violents dans le primaire est l’un des pires scandales de notre République. L’état utilise les autres enfants comme boucliers humains pour encaisser une violence qu’il refuse de prendre en compte. C’est l’état lui-même qui, à force de naïveté, de déni de réel, se rend complice de maltraitance infantile.
Cela n’empêchera pas le même état, ses mêmes responsables et experts, de conduire moult études et conférences s’interrogeant doctement sur le mal-être des élèves, sans comprendre cette évidence : quand on est parmi les tous derniers pays de l’OCDE pour ce qui est de la sécurité en classe, il ne faut pas s’attendre à ce que les victimes soient bien dans leur peau.
3 090 € nets, c’est une moyenne. Un certifié au premier échelon est à 1 862 €. Un contractuel tourne autour de 2 130 €. Un agrégé de prépa n’habite pas le même métier. Parler de « les enseignants » comme d’un seul salaire, c’est le piège syndical et le piège de l’article.
En SPA, la France reste sous l’Allemagne et les Pays-Bas. Les heures d’enseignement au lycée sont comparables, parfois plus hautes. Le calendrier, lui, ne l’est pas : 16 semaines de vacances dans le primaire. Une partie se mange en copies. Le reste est un avantage que le privé n’a pas.
La question utile n’est pas « sous-payés, oui ou non ». C’est qui, à quel échelon, pour quel service, et ce que coûte la retraite à part. Un débutant en CDD et une chaire supérieure ne posent pas le même problème budgétaire. Les confondre arrange tout le monde sauf la grille.
Autre point important : l’EN se comporte comme si on était prof du début à la fin de sa carrière.
Or, nombre de personnes se verraient bien professeurs en deuxième ou troisième partie de carrière.
J’ai été tenté par ce choix, quitte à faire un effort financier. Mais me retrouver avec le salaire d’un débutant; c’est hors de question. Et je ne suis sûrement pas le seul.
C’est dommage car l’EN souffre aussi de son endogamie, du fait que la plupart des profs sont passés directement de la faculté à l’enseignement et ne connaissent que très peu voire pas du tout le monde du travail.
Les élèves pourraient quant à eux bénéficier d’un autre regard et de l’expérience de « seniors ».
Quant aux profs, nombre d’entre eux souhaiteraient faire autre chose mais n’osent pas sauter le pas voire ne l’envisagent même pas.
Je note surtout leur manque d’enthousiasme, les devoirs rendus très en retard ou même jamais rendus. Qui se moque de qui, sinon les enseignants de leurs élèves?
Bonjour,
Votre analyse est pertinente, mais incomplète: il faudrait y intégrer le nombre d’années d’activité professionnelle, qui est sans doute variable selon les pays que vous citez.
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33 réponses
Les enseignants français sont bien rémunérés au regard de leurs résultats pitoyables
Les études PISA, TIMMS….montrent l effondrement du niveau scolaire en France
Un enseignant face à des classes primaires depuis 30 ans n a plus besoin de préparations pour ces cours idem pour un prof
Il ne fait que rabâcher mollement son cours
De surcroît ils opèrent dans les centres bourgeois des villes avec un public plus calme bien loin des des ghettos laissés aux nouveaux enseignants
Pour 4 mois de vacances par an avec des semaines de 28 h hebdo sur 4 jours c est même très bien payé
Ces clichés correspondent aux enseignants que j’ai eus dans les années 80, pas aux professeurs d’aujourd’hui (je parle pour le secondaire. Dans le primaire, il y a en effet un problème de niveau chez certains). Même s’il y a, évidemment, des brebis galeuses, elles sont moins nombreuses qu’alors.
Concernant les cours prêts depuis trente ans, vous saurez que je consacre tous les matins d’été (vous savez, les très longues vacances…) à retravailler mes cours.
Enfin, les résultats à Pisa sont ceux des élèves, pas ceux des enseignants. Le ministre a d’ailleurs pointé les vrais problèmes : ils ne lisent plus, passent trop de temps sur les réseaux sociaux, d’où un appauvrissement intellectuel conséquent, et pour beaucoup ne sont pas suivis par les parents, eux-mêmes trop occupés sur leur portable.
Une vérité demeure, qu’il faut prendre la peine de considérer : même le meilleur professeur ne pourra faire réussir un élève qui ne travaille pas.
@christine votre capacité à ne jamais remettre en question ni vous mêmes ni le système est touchante si ce n’était pas si grave pour le collectif. Heureusement votre profil tend à disparaitre.
PISA est surtout le résultat des programmes et des méthodes d’enseignement, et il est vrai que les profs n’ont pas le choix mais les élèves non plus.
Réduire l’appauvrissement intellectuel aux réseaux sociaux est facile, mais l’appauvrissement date d’avant les portables !
Lorsque mes enfants étaient en 5e, en 2015, j’ai ressorti mon carnet de correspondance de 5e : j’avais 1 heure de français de plus qu’eux, en 1982 donc. Et pas de journée « ramassage des déchets » autour de l’école en primaire, et tant de sujets secondaires traités à la place des basiques !
J’étais forte en français et langues mais une buse en maths, je suis convaincue qu’avec la « méthode de Singapour » j’aurais progressé, mais non pas de méthode de Singapour en France… En revanche, méthode globale pour apprendre à lire mise en place dans les années qui ont suivi !
Voilà, inutile de chercher chez les parents ou dans les réseaux. Le problème est au sein même de l’éducation nationale. Refus de l’exigence, de noter correctement, délire de l’égalitarisme, « écriture inclusive »… sans parler des problèmes de mauvais comportements des élèves de plus en plus répandus dès le primaire.
Tout à fait exact. Non seulement nous avons moins d’heures, mais trop de ces heures sont prises par les activités annexes : parcours citoyens, effectivement, avec tri des déchets, coloriage d’affichettes lénifiantes et autres, préventions contre toutes sortes d’addictions, initiation à la culture, évaluations informatisées, parcours PIX, sécurité routière, découverte sportive, sorties, journées banalisées pour des raisons diverses et variées, désormais éducation sexuelle…
Si, prise individuellement, chacune de ces « activités » (le grand mot à la mode) peut se justifier, leur empilement anarchique transforme l’année scolaire en zapping permanent. L’attention des élèves s’éparpille sans cesse, non de leur faute, mais de la nôtre.
Les débats sur les rythmes scolaires m’amusent toujours un peu. Avant d’y songer, il faudrait déjà que le temps scolaire soit, hé bien, du temps scolaire. Nous en sommes loin.
……….donc rien ne vous incombe!!
Cher payé pour le classement Pisa que l’on connaît
Salaire moyen ou salaire médian ?
Tout à fait d’accord avec votre note, mais il faudrait y ajouter le coût des retraites des enseignants. En prenant en compte leur salaire complet, il faut dire : des enseignants pas très bien payés, mais qui coûtent très cher.
Les conditions de départ à la retraite (âge, revenu) sont-ils aussi comparables ?
Je serais très curieux de disposer de statistiques aussi complètes concernant les enseignants-chercheurs. De mon expérience, primes comprises, un maître de conférence est moins payé qu’un enseignant du secondaire, alors qu’il est titulaire d’un doctorat.
De plus, le fossé avec ses collègues étrangers est bien plus abyssal, alors que le marché de l’emploi et de la compétition est ici international. Il y a là une vraie problématique à entendre.
Beaucoup évoquent la chute du classement PISA qui est indéniable. Cependant ça n’est pas uniquement la faute des enseignants. En effet, ils sont soumis aux ordres de leur ministre qui se plie lui même aux directives idéologiques et pseudo pédagogiques de pédagogues sociologues gauchistes en carton pâte comme Bourdieu qui ont contribué à bien dégrader le système qui s’est vu gangrené par les idées de gauche et au nom de l’égalitarisme il a fallu baisser les niveaux pour que les nuls puissent aussi avoir leur bac. Si les professeurs ne suivent pas les BO ils sont sanctionnés lors des inspections qui entravent leur progression de carrière. Alors même s’ils sont contre certaines réformes ils les appliquent. Cependant il est Maitre dans sa classe, alors en dehors des inspections je jonglais et essayais de faire des cours comme j’avais eu la chance d’avoir à mon époque (avant le stupide collège unique) et je choisissais mes documents pour éviter la propagande gauchiste… et pour les inspections je briefais mes élèves et je servais la soupe aux inspecteurs. Après tout ça ne dure qu’une heure. Heureusement je n’enseigne plus en collège lycée car jamais je n’aurais pu enseigner la propagande wokiste actuelle….
Tout à fait, merci pour votre commentaire.
Désolé mais les ministres des gouvernements de droite ont poursuivi globalement la même politique centralisée vis avis de l EN
Donc c est ce système jacobin qui est à abattre puis place à la subsidiarite
Il existe encore des enseignants pétris de pédagogisme, mais ils se font rares et sont en effet valorisés plus que les autres par la hiérarchie. Et n’oublions pas le temps consacré à propager les idées woke (souvent les jeunes profs), qui ne devraient pas avoir leur place à l’école. Combien d’heures vouées à dénoncer le patriarcat (par exemple), et perdues de fait pour l’enseignement des fondamentaux !
Mais là aussi, ça concerne une minorité d’enseignants.
@patricia bravo et merci. Aujourd’hui rares sont les lieux où les conditions d’une quelconque transmission sont encore possibles.
Nous pouvions encore procéder ainsi sous François Hollande (qui avait, au fond, une gestion bonhomme que j’ai vite regrettée). Avec Emmanuel Macron, le poids de l’administration est devenu beaucoup plus étouffant. J’enrage d’ailleurs de l’entendre qualifié de « libéral » alors qu’il est peut être le dirigeant de la 5e le plus obsédé par le contrôle social administratif centralisé.
Les macroniens ont multiplié les entraves à la liberté pédagogique : le parcours de carrière, le contrôle continu (qui vise à standardiser les évaluations, donc les cours, à l’échelle nationale), et l’usage immodéré des « parcours » (environnement, éducation sexuelle…), qui politisent les programmes. Nos cahiers de textes informatisés peuvent être vérifiés heure par heure par l’administration, ce qui n’était pas le cas avant.
Cependant, et c’est là un paradoxe incroyable, tous ces outils de contrôle se sont retournés contre leurs auteurs. Blanquer croyait imposer par la contrainte la méthode syllabique et l’enseignement explicite ; c’est exactement l’inverse qui s’est produit. L’administration a engrangé ces nouveaux pouvoirs, merci pour elle, et les a utilisés non pour obéir au ministre, mais pour s’opposer à lui. Le contrôle continu au bac a fait exploser la surnotation, par exemple, ce qui était l’exact contraire du but recherché. Edouard Geffray, l’an dernier, a été ridiculisé par les corps d’inspection, qui n’ont pas tenu compte de ses instructions sur les barèmes.
Je ne crois pas que ces macroniens soient des traitres machiavéliques, qui font en sous-main le contraire de ce qu’ils annoncent aux médias. Je crois, plus simplement, qu’ils sont très naïfs. Ils sortent de l’ENA la tête farcie de concepts, se gobergent de leur autorité intellectuelle, pensent que leur mot fait loi, sans réaliser que leur administration, dominée par une gauche en voie de radicalisation, a pris le contrôle dans leur dos.
Le boomerang jacobin leur est revenu dans la figure. On croit gouverner d’en haut mais, en fin de compte, ce sont les sectionnaires locaux, les apparatchiks, qui profitent de la situation.
Sous François Hollande, je n’ai jamais eu le moindre problème à enseigner de façon explicite, et souvent magistrale, en donnant des leçons de grammaire à l’ancienne. J’ai même été titularisé avec de tels cours.
Sous Macron, je m’en prends plein la figure. Alors même que je suis en accord avec les idées pédagogiques de JM Blanquer et E Geffray, que je respecte leurs circulaires, c’est moi qui dois lutter. Ne pas utiliser l’écriture inclusive, rien que ça, est devenu un petit combat régulier, bien qu’elle soit interdite par circulaire.
A l’éducation nationale, la gauche a réussi son coup d’état de l’intérieur. Maintenant que les macroniens, par pure bêtise jacobine, ont accru son emprise administrative, elle sera probablement impossible à déloger, de même que dans les médias publics ou à l’université.
Triste constat! Le cancer gauchiste se métastase !
Petites précisions pour les commentateurs qui corrèlent le salaire des enseignants et le classement PISA :
I – Ce ne sont pas les enseignants qui ont alourdi les programmes avec des activités absurdes (ateliers de l’égalité par exemple) qui ont conduit à une baisse drastique du nombre d’heures de Français ou de Maths.
2 – L’Ecole se voulant inclusive, nombre de profs comptent dans leurs classes des autistes, des sourds, des enfants souffrant de troubles comportementaux parfois graves ou encore des étrangers ne parlant pas un mot de Français. Et les assistants prévus par les textes ne sont pas toujours là. Comment ne pas voir que cela nuit à la qualité de l’enseignement ?
3 – Nombre de professeurs sont confrontés à une hostilité très forte de la part de nombre de parents qui contestent les observations faites à leurs chers petits. Et que lesdits professeurs sont livrés à eux-mêmes.
4 – Les enseignants ne sont pas seuls responsables du niveau des enfants. Si des enfants ont moins de 50 mots de vocabulaire, c’est que leurs parents ne leur ont pas consacré du temps.
Bref, si les professeurs ont une responsabilité évidente, elle doit être nuancée.
tout est juste. Bravo pour la clarté
@Blondin comme en 40 les résistants étaient peu nombreux. Beaucoup niaient la baisse de niveau, beaucoup sont encore pour le collège unique, contre les classes de niveau, contre les notes. Beaucoup d’entre eux ont applaudi ces réformes. Pour un raison simple : elles épargnaient leurs enfants. Eux pouvaient se jouer de la carte scolaire et pousser pour être dans des bonnes classes.Ca leur a plu de casser les jambes des enfants des autres.
Combien de jours de grève pour combattre toutes les lacunes que vous citez?
De toute façon quand on voit le résultat, ils sont déjà trop payés
Il n’y a qu’à voir le classement PISA….on recule d’année en année
Donc dire que c’est la faute des gouvernement, de l’immigration, etc…
Je pense qu’ils devraient surtout se remettre en cause, y compris les syndicats, et se dire que le problème est peut être de chez eux aussi
Et pour les salaires, je pense qu’il devraient plutôt avoir un fixe et une prime au résultat en fin d’année. On retrouverait vite de bons résultats….
Vous faites des comparaisons ave des pays comme l’Allemagne, les Pays Bas et la Suisse, qui ont des niveaux de vie autrement plus élevé que la France. Sans parler qu’en Allemagne les enseignants enseignent toujours 2 matières.
Comparez avec d’autre pays en Europe qui auraient un niveau de vie comparable à nous tel que la Grèce par exemple.
Comme il est écrit dans l’article, les différences entre ces pays persistent à niveau de vie équivalent. Cliquez sur les liens.
Je l’ai déjà dit, mais le misérabilisme des professeurs fait partie des choses qui m’exaspèrent dans ce métier. Non, nous ne sommes pas des crève-la-faim. On vit correctement avec un salaire de professeur certifié, même dans une région chère comme celle que j’habite, et nos vacances constituent un avantage en nature précieux que d’autres professions peuvent nous envier à juste titre.
Ce n’est vraiment pas le problème, mais c’est globalement la seule chose dont les syndicats et les médias savent parler.
Quatre collègues assassinés en service pendant le mandat d’Emmanuel Macron. Du jamais vu dans l’histoire récente. Silence radio. Et pour un meurtre, combien d’insultes, de menaces, de pressions ? Combien de professeurs qui travaillent dans la peur ?
D’après PISA, nous sommes dans les quatre derniers (sur 91) pour ce qui est de la discipline en classe. Cela signifie, pour le dire tout net, que nos établissements scolaires sont livrés à la loi de la jungle. Alors que cette donnée devrait faire les gros titres, car l’ordre est la condition sine qua non de tout apprentissage, on l’a à peine évoquée.
Et que dire de la gestion calamiteuse des ressources humaines ? L’inspecteur sort de son bureau du siège de l’académie, débarque en cow-boy dans un établissement excentré dont il ne sait rien, vérifie rapidement les formulaires administratifs, lance en quelques minutes ses ordres, toujours les mêmes depuis 35 ans (du ludique, de la mise en activité, laisser les élèves deviner leurs savoirs, organiser des débats, faire des groupes pour qu’ils interagissent…), puis repart dans son bureau en vous ayant déjà oublié. Comment évaluer le travail d’un agent par une visite d’une heure tous les six ans, sinon selon les critères du conformisme idéologique et administratif le plus plat ?
Il faudrait parler sécurité, liberté, responsabilité, et aussi culture commune, savoirs à transmettre.
Au lieu de ça, dans ce pays drogué à la bureaucratie, on parle classes, indices, échelons, corps, grades… Jadis pays de culture et d’humanisme, la France est devenue cette inquiétante administration qui tourne à vide.
merci de ce point de vue d’enseignant. Pisa n’est que le reflet de notre médiocrité commune mais pas entièrement celle des enseignants. je connais des classes où nos « élites » ont voulu faire de l’inclusion ( Néfaste Bourdieu) .
Le prof se retrouve avec un môme qui se met à crier en plein cours. les enfants ont peur. Plutôt que de dire: » ben oui, il n’est pas comme les autres, il ne peut pas faire peur aux autres enfants ». Là les parents gueulent: il a « droit » à l’école comme les autres.
C’est arrivé dans l’académie de Paris en Juin. Les parents ont porté plainte devant le tribunal administratif : le môme a été réintégré. Apres, quelle victoire pour les parents et quelle défaite pour la directrice et les enseignants et la Nation.
L’absence totale de gestion des élèves violents dans le primaire est l’un des pires scandales de notre République. L’état utilise les autres enfants comme boucliers humains pour encaisser une violence qu’il refuse de prendre en compte. C’est l’état lui-même qui, à force de naïveté, de déni de réel, se rend complice de maltraitance infantile.
Cela n’empêchera pas le même état, ses mêmes responsables et experts, de conduire moult études et conférences s’interrogeant doctement sur le mal-être des élèves, sans comprendre cette évidence : quand on est parmi les tous derniers pays de l’OCDE pour ce qui est de la sécurité en classe, il ne faut pas s’attendre à ce que les victimes soient bien dans leur peau.
Merci !
3 090 € nets, c’est une moyenne. Un certifié au premier échelon est à 1 862 €. Un contractuel tourne autour de 2 130 €. Un agrégé de prépa n’habite pas le même métier. Parler de « les enseignants » comme d’un seul salaire, c’est le piège syndical et le piège de l’article.
En SPA, la France reste sous l’Allemagne et les Pays-Bas. Les heures d’enseignement au lycée sont comparables, parfois plus hautes. Le calendrier, lui, ne l’est pas : 16 semaines de vacances dans le primaire. Une partie se mange en copies. Le reste est un avantage que le privé n’a pas.
La question utile n’est pas « sous-payés, oui ou non ». C’est qui, à quel échelon, pour quel service, et ce que coûte la retraite à part. Un débutant en CDD et une chaire supérieure ne posent pas le même problème budgétaire. Les confondre arrange tout le monde sauf la grille.
Autre point important : l’EN se comporte comme si on était prof du début à la fin de sa carrière.
Or, nombre de personnes se verraient bien professeurs en deuxième ou troisième partie de carrière.
J’ai été tenté par ce choix, quitte à faire un effort financier. Mais me retrouver avec le salaire d’un débutant; c’est hors de question. Et je ne suis sûrement pas le seul.
C’est dommage car l’EN souffre aussi de son endogamie, du fait que la plupart des profs sont passés directement de la faculté à l’enseignement et ne connaissent que très peu voire pas du tout le monde du travail.
Les élèves pourraient quant à eux bénéficier d’un autre regard et de l’expérience de « seniors ».
Quant aux profs, nombre d’entre eux souhaiteraient faire autre chose mais n’osent pas sauter le pas voire ne l’envisagent même pas.
Je note surtout leur manque d’enthousiasme, les devoirs rendus très en retard ou même jamais rendus. Qui se moque de qui, sinon les enseignants de leurs élèves?
Bonjour,
Votre analyse est pertinente, mais incomplète: il faudrait y intégrer le nombre d’années d’activité professionnelle, qui est sans doute variable selon les pays que vous citez.