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dimanche 30 août 2026

Les enseignants français ne sont pas aussi mal payés que les syndicats le prétendent

Temps de lecture : 2 minutes

Les enseignants sont souvent présentés par les syndicats comme la catégorie la plus lésée de la fonction publique. La Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) – le service statistique de l’Éducation nationale –  vient d’apporter de la nuance au débat sur le sujet de leurs rémunérations.

En 2024, un enseignant fonctionnaire ou assimilé de l’Éducation nationale percevait en moyenne 3 090 € nets par mois, soit une hausse de 4,3 % en euros constants sur un an. Pour ceux présents à la fois en 2023 et en 2024 (soit plus de 9 agents sur 10), la progression atteint 5,2 % en euros constants. Elle résulte notamment des revalorisations du point d’indice et des primes, lesquelles représentent, en moyenne, 20,6 % du salaire brut dans le second degré, et 14,8 % dans le premier degré.

Cette étude a fait l’objet de nombreuses critiques des syndicats et des enseignants eux-mêmes. Pour Elisabeth Allain Moreno, secrétaire générale de SE-UNSA, « le salaire est devenu une obsession » pour les enseignants, qui sont 71 % à se sentir ni respectés, ni reconnus dans leur métier d’après un sondage publié le 25 août.

Mais ces chiffres ne sont qu’une moyenne qui, par définition, ne reflète pas toutes les situations individuelles. La DEPP montre que les rémunérations restent très différentes selon les corps et les carrières. En 2024, les enseignants du premier degré touchaient 2 850 € nets par mois en moyenne, contre 3 240 € dans le second degré et 4 080 € pour les agrégés et professeurs de chaire supérieure. À noter que les contractuels, qui représentent 8 % du total des enseignants, ne sont pas comptabilisés… ce qui arrange probablement le ministère puisqu’ils gagnent, en moyenne, 2 130 € nets par mois.

C’est en comparant avec d’autres pays européens que l’on se rend compte du niveau général des rémunérations des enseignants français. Selon les données de la Commission européenne, les salaires statutaires bruts annuels des débutants sont nettement supérieurs dans plusieurs pays. Dans le primaire, les enseignants gagnent environ 55 000 € bruts au Luxembourg et en Allemagne, contre 30 000 € en France. Dans le secondaire inférieur, les écarts sont encore plus importants : 62 000 € au Luxembourg, 61 000 en Allemagne, 55 000 en Suisse, contre seulement 33 000 en France. Ces données ne sont toutefois pas directement comparables aux salaires nets de la DEPP : elles correspondent à des traitements statutaires et excluent la plupart des primes.

Les enseignants français sont donc loin d’être les mieux payés d’Europe, leurs conditions de travail ne sont pas toujours à envier non plus (ils se déclarent d’ailleurs moins satisfaits de leur emploi que la moyenne de l’OCDE), mais contrairement à ce qu’affirment les syndicats, il serait excessif de les réduire à une forme de paupérisation.

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