Les résultats des élèves français dans les classements internationaux ne sont pas brillants, que ce soit PISA pour les jeunes de 15 ans en mathématiques, sciences et compréhension de l’écrit ; TIMMS pour les élèves de CM1 et 4ème en mathématiques et en sciences ; PIRLS pour les élèves de CM1 en compétence littéraire… En principe, l’Éducation nationale est censée rendre possible l’égalité des chances pour tous les jeunes Français, indépendamment de leur milieu social. Pourtant, les différences de niveaux se sont accentuées ces dernières décennies selon l’origine sociale des élèves. L’école d’aujourd’hui reproduit davantage les inégalités de classe, comme nous l’écrivions dans un précédent article.
Dans un essai dense et stimulant, Philippe Nemo, directeur de l’École professorale de Paris et auteur d’une vingtaine d’ouvrages, retrace l’histoire de l’école. Contrairement aux idées reçues, la notion d’un enseignement public assuré par l’État est relativement récente. Pendant longtemps, l’éducation (ou devrait-on dire, l’instruction) reposait en grande partie sur l’Église, qui incarnait le pouvoir spirituel, tandis que le pouvoir temporel – celui des rois – se limitait à créer ou encourager certaines institutions savantes (Collège royal, Académies, grandes écoles d’ingénieurs). Cette distinction est fondamentale : le spirituel guidait les âmes, le temporel se contentait d’encadrer sans imposer une morale unique.
Ce sont les socialistes qui ont, en réalité, détourné le sens d’une « école de la République »
On y apprend que le point de bascule idéologique se situe à partir de la Révolution française : les Jacobins voulaient instaurer une école publique monopolistique, ce qui marquait une rupture nette avec la philosophie des hommes des Lumières. Ce sont les socialistes qui ont, en réalité, détourné le sens d’une « école de la République », pour la transformer en un « lieu de rééducation et de conversion », une « nouvelle Église avec son nouveau clergé », une idée qui n’a rien de scientifique et qui s’apparente surtout à un dogme. C’est aussi la raison pour laquelle l’Éducation nationale n’est pas particulièrement le fruit de la pensée d’hommes comme Talleyrand, Condorcet ou Daunou. Elle n’est pas plus en accord avec la philosophie de Jules Ferry ou de Clémenceau.
Aujourd’hui, l’État fixe les programmes, recrute les enseignants, limite les marges de manœuvre des familles et des initiatives privées. L’Éducation nationale est devenue un appareil bureaucratique, où critiquer la doxa officielle – comme l’avait fait le mathématicien Laurent Lafforgue, forcé de démissionner de son poste au Haut Conseil de l’Éducation (HCE) en 2005 – revient à se heurter à un mur. Comment en sommes-nous arrivés là ? Le déclin de l’école a été accéléré au XXème siècle lorsque les socialistes ont commencé à gagner de l’importance politiquement, jusqu’à ce que les syndicats prennent le pouvoir et imposent progressivement leur agenda politique (création du statut de la fonction publique, du ministère de l’Éducation nationale, de l’école unique, recherche de l’égalité des résultats au détriment de l’égalité des chances…).
Comment sortir de cette situation ? Philippe Nemo ouvre des pistes : s’inspirer des pays qui ont misé sur l’autonomie de gestion des établissements. L’école ne se réformera pas en empilant les circulaires, mais en renouant avec sa mission originelle (instruire, et non éduquer) et en se libérant du carcan étatique.
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Une réponse
Il faut liquider le mammouth et passer à la subsidiarité!!!!!