Les inspections générales des finances (IGF), de l’environnement et du développement durable (IGGED), et des affaires culturelles (IGAC) ont remis en fin d’année 2024 un rapport qui vient seulement d’être rendu public.
Sobrement intitulé « Contribution et régulation de la publicité pour une consommation plus durable », il débute par une accusation : les communications commerciales (publicités, promotions, parrainage, influenceurs rémunérés, relations publiques, etc.) « contribuent à une consommation peu durable, avec des impacts environnementaux et sanitaires avérés ». Sont particulièrement visés les secteurs de l’alimentation et de l’industrie automobile : « 45% des publicités automobiles concernent des SUV, et 58 % des publicités alimentaires diffusées aux heures de forte audience, notamment des enfants, portent sur des produits de faible qualité nutritionnelle (Nutri-Score D et E) ».
Pour les trois inspections générales, cela n’est pas admissible. Il faut donc « réguler » – nouveau terme utilisé à toutes les sauces pour remplacer « réglementer » qui n’est plus au goût du jour quand tout le monde réclame de « simplifier » – la publicité pour la rendre « plus durable ».
Interdictions, taxations et réglementations
C’est ainsi que le rapport recommande :
- une plus forte contrainte sur les plateformes numériques des Gafam (plafonnement de la quantité de publicité visionnée par les utilisateurs, hausse de la taxe sur les services numériques) ;
- la mise de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), organisme d’autorégulation de la profession, sous la coupe de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) ;
- la généralisation du Nutri-Score, qui devra être obligatoire dans toutes les communications commerciales au plan national ;
- l’interdiction des communications commerciales pour les produits les plus émetteurs (ex. : trajets aériens courts, véhicules lourds) et la limitation de la quantité totale de publicités.
Interdictions, taxations, réglementations… l’administration française a toujours les mêmes recettes, souvent inefficaces et toujours attentatoires aux libertés. Mais il serait malséant de lui reprocher l’entièreté du contenu du rapport. Les inspections générales se sont en effet contentées de faire ce que le Premier ministre de l’époque, Gabriel Attal, leur demandait (voir la lettre de mission).
Il aurait été plus judicieux de demander à l’élite de l’administration d’évaluer l’efficacité réelle des mesures déjà prises en France pour lutter contre le réchauffement climatique mondial.
Illustration de couverture ©Freepik
Articles connexes:
Réformer le pass Culture ou le supprimer ?
L’instrumentalisation de l’affaire du cycliste…
Influenceurs : cessons cette chasse aux sorcières
« L’injuste prix de notre alimentation » selon le…
Absentéisme dans la fonction publique : 6 milliards…
La caisse de retraite des fonctionnaires…
Les « super-promotions » sur les produits d’hygiène…
Les Parisiens ont tranché : les SUV des banlieusards…
6 réponses
Encore un machin qui va coûter cher sans contrepartie : il va bientôt être plus rapide de dire ce qui est permis en France plutôt que ce qui est interdit
Oui car il faudrait selon cette méthode (chacun ayant ses raisons) interdire la pub pour
– les sodas
– la malbouffe
– la viande
– les grands distributeurs
– l’énergie
etc…
Je connais plusieurs résidences construites au cours des années 70, avec des parkings adaptés à la taille des voitures de l’époque. Les SUV d’aujourd’hui ne peuvent plus s’y garer car ils sont trop larges.
Réduire la taille des parkings : voici une solution pour décourager l’achat de SUV.
Plus sérieusement, la défense de la liberté n’interdit pas à l’État d’imposer des règles pour la vie en collectivité et l’anticipation de problèmes potentiels à venir. Il me semble avoir lu des écrits de l’IREF dans ce sens.
Je suis surpris de voir que chaque fois qu’une nouvelle réglementation, en particulier environnementale, apparaît, elle est systématiquement contestée par l’IREF.
Alors je pose une question : quelles sont les règles qui seraient nécessaires à un modèle de société libéral?
Par ailleurs, au nom du respect de l’individu, je trouve qu’il serait bien de mettre fin au harcèlement publicitaire.
Au fait qu’en pense le BVP ? (si il existe encore, ou par le zinzin qui le remplace).
Voire d’arrêter complètement la pub ce qui rendrait aux stations de métro leur vocation première et non un défilé de pubs incessant et insupportable… Mais là , la « Traîtresse », restera aux abonnés absents tellement cela rapporte de pognon..
Et puis, cela remplit les poches de la ratp qui n’a plus besoin de mettre de personnel pour arrêter tous les casos resquilleurs (euh pardon tous les pauvres petits chéris qui be sont pas d’ici et n’ont donc pas d’argent mais qui qui donnent l’occasion à la traîtresse et ses affidés – de gauche comme de droite – de nous pourrir la vie et de profiter de la gamelle).
A tous ces faiseurs -voire faisans- je dis assez de règlements, assez de directives, de conseils, de soi-disant bonnes idées, laissez nous respirer !!!