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mardi 9 décembre 2025

Les nuits de la peste, par Orhan Pamuk

Temps de lecture : 2 minutes

Les nuits de la peste, Orhan Pamuk

Dans  « Les nuits de la peste » O. Pamuk  enferme un long roman  où l’on retrouve tous  les débats qui agitent notre société actuelle. Le style n’en est pas moins romantique. La description de l’île de  Mingher  est paradisiaque jusqu’à ce que, par un beau matin de 1901, le vaisseau impérial du sultan Abdülhamid II qui  voguait vers la Chine, y fasse une halte imprévue. Pour quelle raison  Bokowski Pacha, inspecteur général de l’Administration sanitaire de l’Empire ottoman débarque-t-il,  accompagné du docteur Nuri Bey ? Une maladie infectieuse qui a tous les aspects de la peste transforme le voyage de noces de Nuri et de sa jeune  épouse, la princesse  Pakizé, nièce du sultan,  en secours médicaux. Malheureusement les désinfectants pulvérisés et la  quarantaine imposée  perdent vite  de leur crédibilité. Les insulaires ne savent plus à quel saint se vouer, l’abime se creuse entre scientifiques chrétiens et musulmans fatalistes, entre sages et indisciplinés, entre déserteurs et loyalistes, entre aide de l’Etat et désir d’Indépendance, beaux prétextes pour  usurper  le pouvoir.

Tyrannie et peste ne font plus qu’un, Sami Pacha le gouverneur ne pourra pas résister longtemps à la mutinerie où  prisonniers et quarantenaires voient leur portes s’ouvrir et leur vengeance arriver.  La violence décuple, jusqu’à l’absurdité totale quand Pakizé est nommée reine de l’ile par des pantins de la révolution qui continuent à laver les morts et à propager la peste au grand dam de Nuri. C’est cette décrépitude  moderne que dénonce Orhan Pamuk. L’île, célèbre pour ses cultures de roses, n’est plus qu’un champ de cendres. La tonalité du style de Pamuk  change sans cesse entre  confiance et désespoir, abnégation et arrivisme . La hache funeste finira-t-elle par faucher le drapeau national qui, dans ce paysd’herboristeries traditionnelles n’est autre que la bannière publicitaire d une pharmacie! Ainsi O.Pamuk réalise un très bel ouvrage reliant avec talent paradoxes humoristiques et réalisme, fine psychologie et lyrisme, passé et présent, amour humanitaire et politique…

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