Décidément, le Gouvernement a du mal avec les prévisions. Après s’être lourdement trompé sur l’ampleur du déficit budgétaire, notamment parce que les recettes fiscales de 2023 ont été largement surévaluées, il continue sur sa lancée.
Alors que le prix des cigarettes ne cesse de grimper – il est passé de 3,20€ le paquet en 2000 à 12€ en 2024, soit une hausse de 275 % en 24 ans – et qu’il devrait atteindre 13€ en 2027 selon le nouveau programme national de lutte contre le tabac (PNLT), le rendement des taxes s’étiole.
Le ministère de l’Économie et des Finances estime qu’elles rapporteront 400 millions d’euros (M€) de moins que prévu. Une bien mauvaise nouvelle pour le Gouvernement qui ne sait pas comment trouver les 25 milliards d’euros (Md€) d’économies promis à Bruxelles.
Les recettes des taxes sur le tabac ont connu un pic en 2020 (avec 14,841 Md€ hors TVA). En 2024, selon Bercy, elles ne devraient rapporter que 13,6 Md€ au lieu des 14 Md€ prévus dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). En quatre ans, la baisse serait donc de 8,35%. Sur la même période, le prix du paquet de cigarettes a augmenté de 3,45%, passant de 11,60€ à 12€. Quant au nombre de paquets de cigarettes vendus, il est passé de 1,82 à 1,48 milliards (en 2023), soit une baisse de 18,7%.
Sans faire de savants calculs, au vu des chiffres ci-dessus, il est facile de conclure que la hausse du prix (et, par conséquent, des taxes) est insuffisante pour compenser la baisse des ventes. Cela affecte donc les recettes fiscales.
Certains se réjouiront de ces chiffres qui tendent à prouver que les Français fument de moins en moins. Hélas, rien n’est moins sûr.
D’abord parce que la prévalence tabagique stagne : 25,5% des Français fumaient quotidiennement en 2020 et 24,5% en 2022 (-4%). Curieusement, Santé publique France n’a pas publié le chiffre pour 2023 comme elle le fait habituellement le 31 mai lors de la Journée mondiale sans tabac. Serait-ce parce qu’il n’est pas bon ?
Ensuite, parce que, si les ventes chez les buralistes baissent, celles sur les marchés parallèles progressent. Le cabinet KPMG estime que 39,7% des cigarettes consommées en France proviennent du marché parallèle.
L’ancien ministre de la Santé, Aurélien Rousseau, affirmait que « le levier du prix, c’est ce qui fonctionne le mieux » pour faire baisser le nombre de fumeurs. Les chiffres lui donnent tort. En haussant constamment le prix des cigarettes, le Gouvernement pousse les fumeurs, pour préserver leur pouvoir d’achat, à s’approvisionner sur les marchés parallèles et les enferme dans leur addiction. Les inciter à se tourner vers les alternatives sans fumée – cigarette électronique, tabac à chauffer, sachets de nicotine, etc. – serait plus efficace pour détourner les fumeurs de la cigarette comme l’ont montré moultes expériences étrangères.
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