Dans un article publié le 23 juillet sur le site anglais d’IREF Europe, Samuele Murtinu, professeur à l’Université d’Utrecht, appelle l’Europe à sortir de sa lenteur structurelle pour embrasser un modèle d’entrepreneuriat « accélérationniste ». Alors que des entreprises comme OpenAI, Tesla ou Netflix se sont imposées à l’échelle mondiale en un temps record, les entreprises européennes sont freinées par des réglementations rigides et une culture de l’aversion au risque. Murtinu souligne que les entrepreneurs les plus performants ne se contentent pas d’améliorer les produits ou services : ils déclenchent des vagues d’accélération technologique qui transforment des secteurs entiers. Cette dynamique confirme les enseignements des économistes comme Schumpeter, Frank Knight ou Ludwig von Mises : l’entrepreneur est un agent de destruction créatrice et d’arbitrage dans un monde incertain.
Murtinu observe que ces économistes n’ont pas anticipé le rôle central de l’IA, des algorithmes et des systèmes automatisés dans les décisions économiques. Il propose donc de compléter cette grille de lecture par les apports de l’accélérationnisme — un mouvement philosophique d’inspiration très diverses, de Marx aux postmodernes (Nick Land, Deleuze, Guattari) qui voit dans la fusion du capitalisme et de la technologie un processus irréversible d’accélération des processus de transformation. La question n’est donc plus de freiner le changement, mais d’en exploiter la vitesse et la puissance transformatrice.
Pour l’auteur, trois leviers sont nécessaires pour atteindre ce stade : simplifier les réglementations, investir dans des infrastructures stratégiques (comme les centres de recherche en IA) et faciliter les expérimentations sans le moindre blocage administratif. Murtinu insiste : cette approche fonctionne partout où elle est appliquée, indépendamment du régime politique. Les environnements les plus propices à l’innovation ne se limitent pas aux démocraties libérales — la Chine, Singapour ou l’Inde montrent aussi que la déréglementation stimule l’innovation technologique.
Murtinu considère que l’enjeu dépasse la simple compétitivité économique : il s’agit de l’avenir de l’Europe.
2 réponses
Le problème du « capitalisme accélérationniste », c’est que si on pousse sa logique jusqu’au bout, on se servira de l’IA pour faire le tri dans la population, entre ceux qui restent et ceux qu’on déchoit de la nationalité avec OQTF applicable sur le champ.
(c’est le scénario prévisible si demain, on nomme un patron de PME à l’Elysée avec les pleins pouvoirs, avec toutes les chances qu’il vire les meilleurs potentiels et ne garde que des bénis-oui-oui, ce qui est un grand classique dans les pays de culture latine)
La présence exclusive des bénis-oui-oui dans l’entourage des politiques a toujours été une constante en France, non ?