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mercredi 27 mai 2026

Le paradoxe de l’inclusivité

Temps de lecture : 2 minutes

Dans un article publié le 3 septembre sur le site anglais d’IREF Europe, Samuele Murtinu s’intéresse au concept d’inclusivité qu’il qualifie de « mythe » : sur le papier, les mouvements progressistes contemporains se veulent ouverts à toutes les différences, qu’elles soient politiques, économiques ou éthiques. Dans les faits, observe Murtinu, cette inclusivité s’avère très sélective, car elle s’arrête là où commencent les divergences idéologiques sur des questions jugées cruciales.

Cette contradiction est particulièrement visible aux États-Unis. L’universitaire se fonde sur les données du Network Contagion Research Institute qui montrent que la violence pour des motifs politiques s’est banalisée dans certains milieux de la gauche radicale. L’assassinat du PDG de United Healthcare a été justifié, voire célébré dans des messages viraux circulant sur Internet. Selon une enquête citée par Murtinu, près de la moitié des personnes se définissant comme « de gauche » pensent qu’il est acceptable d’assassiner Elon Musk. Ce chiffre s’élève à 55 % si la cible est Donald Trump. Pour l’auteur, les discours sur la tolérance se retournent contre ceux qui ne partagent pas les mêmes opinions.

Samuele Murtinu s’intéresse à la pensée de Carl Schmitt, juriste allemand, pour éclairer ce paradoxe. Pour ce dernier, l’essence du politique réside dans la distinction entre l’ami et l’ennemi. Dans cette logique, les mouvements progressistes, tout en prônant l’ouverture universelle, finissent par désigner comme « ennemis » tous ceux qui représentent une menace existentielle pour les valeurs de leur communauté. C’est ce que Murtinu appelle un mécanisme d’exclusion morale : certains individus ou groupes sont exclus du champ de la dignité humaine, ce qui justifie qu’ils soient ostracisés ou même victimes de violences.

Les exemples sont multiples : des initiatives pro-natalité sont accusées de détruire la planète, des militants pro-vie sont réduits à des suppôts du suprémacisme blanc, des partisans d’une aide militaire à l’Ukraine sont traités de bellicistes. Une fois cette étiquette collée, on se rend bien compte que l’inclusivité n’est plus universelle. Tolérer ces « ennemis » serait perçu comme une trahison des valeurs fondamentales du mouvement.

Voilà, pour Samuele Murtini, la contradiction fondamentale des mouvements progressistes, qui embrassent à la fois l’inclusivité universelle et la logique politique schmittienne. Ils ne peuvent maintenir ces deux positions de manière cohérente : soit tous les hommes et toutes les idées méritent d’être considérés, soit les communautés politiques doivent exclure leurs ennemis pour survivre. Or, lorsque les opposants politiques sont vus comme des ennemis plutôt que comme des concitoyens ayant des points de vue différents, les processus de délibération démocratique s’effondrent. 

Illustration de couverture © atlascompany sur Freepik

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6 réponses

  1. Je pense qu’il suffit de consulter l’histoire de Pol-Pot, Trotsky, Staline, Mao, Robespierre, Guévara, Béria, Wichynski, Lénine, Saint-Just, Hébert, et autres sociopathes, pour savoir à quoi s’en tenir sur la gauche… et leurs « intellectuels » sont du même tonneau : Vergès, Sartre, Sorel, Proudhon, Bakounine, Marx, Louis Blanc, etc. furent un sacré ramassis de justificateurs du crime. En vérité, comme le disait fort justement Marcel Gauchet il y a quelques temps : « soyons lucides, nous faisons simplement face à une ré-émergence de la gauche totalitaire ». N’oublions pas que des journaux comme « Le Monde » ont coché toutes les cases de l’horreur, célébrant Pol-Pot et Khomeiny, et que « L’Humanité » (grassement subventionnée) a oscillé entre la collaboration avec les nazis (Pacte Germano-Soviétique) et l’apologie du Goulag et du NKVD. Il est grand temps de retrouver un libéralisme de combat face à cette menace inquiétante. Les gens qui sous prétexte de « barrage républicain » fricotent avec l’extrême-gauche et vont se faire applaudir à la Fête de l’Huma ont une responsabilité accablante.

  2. Pour ma part, j’ai découvert le concept d’inclusivité lors d’une formation sur le handicap, dans laquelle mon professeur aimait citer l’affirmation suivante « il n’y a pas de handicap, c’est la culture qui n’est pas adaptée aux différentes situations individuelles ».

    C’est une logique qui me paraît profondément libérale, et depuis je suis très attaché à cette notion d’inclusivité.

  3. L’article répond à mes inquiètuudes, la démocratie est de plus en plus bafouée aujourd’hui par certaines minorités.

  4. Eric Berne avait deja écrit pourquoi il était facile de retourner un extrémiste pour l’autre bord, le profil de personnalité de l’extrémiste étant: I’m OK, You’are OK, THEY (l’autre bord) are not OK.

    Sinon Le lys dans la Vallée a deja tout résumé…

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