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jeudi 6 août 2026

Liberté économique et environnement : un tandem inattendu pour la prospérité durable

Temps de lecture : 2 minutes

Liberté économique et environnement

Dans son article du Journal des Libertés no.26, Carlo Stagnaro, directeur de recherche à l’Instituto Bruno Leoni, explore l’idée selon laquelle les libertés économiques ne sont pas incompatibles avec la protection de l’environnement, bien au contraire. Alors que la majorité des Européens souhaitent renforcer la réglementation environnementale pour faire face à la pollution, au gaspillage ou au changement climatique, l’auteur démontre que les économies fondées sur le marché libre peuvent atteindre de meilleurs résultats, de manière plus efficace et plus durable.

À la base de la liberté économique, on retrouve le respect de la propriété privée, la faiblesse de la fiscalité et de la réglementation, l’État de droit, et l’ouverture des marchés. Ces éléments favorisent la croissance économique en stimulant l’innovation. L’auteur insiste sur le rôle central de l’entrepreneur qui, dans un cadre concurrentiel, est incité à innover pour accroître ses profits : cela passe par l’amélioration des processus, la création de nouveaux produits ou la réduction des coûts. Ce mécanisme schumpétérien, soutenu par la recherche empirique, enrichit la société en élargissant l’offre de biens et en satisfaisant de nouveaux besoins. L’innovation transforme des « inconnues inconnues » en opportunités concrètes.

Mais cette prospérité accrue entraîne-t-elle nécessairement une dégradation environnementale ? Non, répond Stagnaro, qui mobilise le concept de « courbe environnementale de Kuznets » : à un faible niveau de revenu, la pollution augmente, car les besoins fondamentaux dominent les priorités. Toutefois, à mesure que le PIB par habitant s’élève, la demande pour un environnement sain progresse, entraînant une inflexion dans les comportements et les investissements, vers des technologies plus propres et plus efficientes. Ce mécanisme, appuyé par de nombreuses études empiriques, s’explique par une double dynamique : d’une part, la capacité accrue à financer la dépollution ; d’autre part, une incitation renforcée à innover en faveur de technologies durables.

Ainsi, les libertés économiques ne favorisent pas seulement une plus grande richesse, elles encouragent aussi le progrès technologique au service de l’environnement. Plusieurs recherches (Saravakos, 2024 ; Sart et al., 2022) ont établi une relation de cause à effet entre liberté économique et amélioration de la qualité de l’environnement, notamment en matière de réduction des émissions de CO₂.

Stagnaro plaide donc pour des politiques environnementales fondées sur les mécanismes de marché, en particulier la tarification des émissions carbone. Les politiques industrielles fondées sur des subventions discrétionnaires (privilégiant certaines technologies comme le solaire ou l’éolien) sont souvent inefficaces, coûteuses et exposées au favoritisme.

L’article conclut qu’il n’existe pas de contradiction fondamentale entre liberté économique et durabilité écologique. Bien qu’il ne nie pas l’utilité de l’action publique, il démontre que les outils fondés sur les incitations du marché sont non seulement plus efficients, mais aussi plus compatibles avec les objectifs environnementaux à long terme.

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