Qu’y a-t-il de commun entre l’Observatoire national des termites et le Comité de l’environnement polaire ? L’argent des contribuables au service de leur inutilité.
Qu’y a-t-il de commun entre l’Observatoire national des termites et le Comité de l’environnement polaire ? L’argent des contribuables au service de leur inutilité.
Dans un de ses discours de campagne de 2007, Nicolas Sarkozy avait annoncé la fin des « organismes administratifs inutiles ». Deux ans après, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’a pas tenu sa promesse : de nombreux machins administratifs ont même été créés avec le même souci de gaspiller l’argent des contribuables.
Connaissiez-vous le Comité de l’environnement polaire ? Il a été créé il y a 16 ans, en mars 1993, par l’ancien Premier ministre, Pierre Bérégovoy. Ce Comité qui dépend du ministère de l’Environnement et de celui des Affaires Etrangères a été « chargé de vérifier la compatibilité des activités humaines relevant des autorités françaises dans les zones polaires et subantarctiques avec la préservation de l’environnement ». Son rôle et ses missions ne sont pas très claires et d’ailleurs il est difficile de savoir exactement tout ce qu’il a accompli depuis 1993. Ce qui est officiel c’est que ses onze membres se réunissent une ou deux fois par an. Ce n’est pas beaucoup si l’on veut vraiment sauver la calotte glaciaire…
Des organismes comme celui-ci il en existe des centaines, voire des milliers. L’administration est néanmoins incapable de fournir leur chiffre exact. Ils sont placés auprès du Premier ministre et des principaux ministres et vivent grâce à l’argent des contribuables. Les subventions varient de – seulement – quelques centaines d’euros jusqu’à plusieurs millions. Pour les seuls organismes dépendant de Matignon (plus de 800 Commissions administratives), la Cour des Comptes avait estimé (en 2007) leur coût de fonctionnement à 15 millions d’euros par an. Pour ce qui est des autres « machins administratifs », les magistrats de la Cour avouent leur impuissance : les financements publics sont tellement variés qu’il est difficile d’avoir une idée exacte. D’autant plus qu’en 2008, officiellement, 24 nouvelles commissions ont vu le jour. Parmi elles, le Conseil stratégique de l’agriculture et de l’agro-industrie durables, la Commission consultative d’évaluation des normes et le Comité scientifique du site « Intervention précoce, soutien à la parentalité ».
Pour le respect des contribuables
Depuis le début de l’année 2009, Nicolas Sarkozy s’est empressé de créer un Conseil de la création artistique pour « faire rayonner la culture française », un Haut Conseil du Dialogue Social dont les résultats se mesurent à l’aune des grèves dans les services publics, une Autorité de la concurrence composée de 11 fonctionnaires et de seulement 4 personnalités du privé, et il a nommé Michel Rocard en tant qu’Ambassadeur à « La négociation internationale sur les pôles Arctique et Antarctique ». Visiblement, le Comité de l’environnement polaire ne suffisait pas…
Si le gouvernement se préoccupait vraiment de l’argent des contribuables, il pourrait se poser des questions sur l’utilité d’un Observatoire national des termites (www.termite.com), d’une Commission générale de terminologie et de néologie dont le dernier Rapport date de 2001 ou bien d’une Commission nationale pour les arts de la rue ? Mais les politiques n’ont que faire de notre argent et les fonctionnaires en profitent pour s’octroyer des fromages.
D’après le Premier ministre, ce mois-ci, le gouvernement devrait annoncer la suppression de plusieurs de ces organismes inutiles. Pour le moment, rien n’a été fait ne serait ce qu’une nouvelle… création. La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, a annoncé la mise en place d’un Haut Conseil aux sciences sociales et aux humanités.
« Je vais créer un haut conseil aux sciences sociales et aux humanités », a déclaré Mme Pécresse, notamment « pour mettre un terme à l’incompréhension et à la méfiance » entre le gouvernement et les enseignants-chercheurs de ces matières. Et le respect des contribuables ?
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