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lundi 23 mars 2026

Marine Tondelier essaye un jean – et autres histoires de la gauche

Temps de lecture : 4 minutes

Quiconque n’est pas « de gauche » mesure mal à quel point cet engagement politique glorieux est difficile à tenir. Ajoutez-y la dimension « planète, climat et gentilles abeilles » chère au cÅ“ur des écologistes, puis saupoudrez de féminisme à la façon de Sandrine Rousseau, et vous verrez immédiatement qu’il faut être expert en quadrature du cercle pour y survivre et commencer à s’y sentir à l’aise. Autrement dit, abandonner toute logique et privilégier la mauvaise foi quand le débat se complique.

S’agissant des écologistes, on savait déjà que leur objectif climatique suprême de  limiter les émissions de CO2 manquait cruellement de sérieux dans la mesure où il s’accompagne d’un autre objectif encore plus important, semble-t-il, et néanmoins complètement contradictoire : sortir du nucléaire, source d’électricité pourtant idéalement décarbonée et finement pilotable, au profit de l’éolien et du solaire, lesquels sont des énergies renouvelables non seulement intermittentes et non pilotables mais susceptibles d’introduire de plus en plus d’instabilité dans le réseau électrique à mesure que leur part augmente.

S’agissant du glyphosate, on savait déjà que les écologistes étaient d’autant plus acharnés à obtenir son interdiction totale qu’ils le considèrent comme un élément déterminant de l’agriculture intensive qu’ils réprouvent. En revanche, silence radio sur la question du cuivre utilisé comme fongicide en agriculture biologique, laquelle agriculture n’est jamais évoquée par les écologistes qu’avec des trémolos de bonheur dans la bouche. La dangerosité du cuivre est pourtant connue de longue date et a poussé cet été l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) à durcir ses conditions d’utilisation en agriculture.

S’agissant de la Secrétaire nationale des Écologistes (ex-EELV) Marine Tondelier, on savait déjà que ses pieuses déclarations sur son mode de vie 100 % vertueux pour la planète ne valaient pas grand-chose. Elle a beau dire, tweeter et répéter qu’elle se chauffe à 19 °C, qu’elle a ses propres poules et qu’elle ne prend pas l’avion, force est de constater que son engagement écolo la pousse aussi à retourner en Guyane tous les ans pour aller voir comment un certain arbre « planté il y a 20 ans (…) par des copains de Guyane Écologie » se développe. On se doute bien qu’elle n’y va ni en train ni en voilier.

https://x.com/marinetondelier/status/1771973558513569947

Mise au pied du mur de ses contradictions, elle esquive et contre-attaque : « Je ne prends pas l’avion depuis des années, ni ne mange de viande depuis 15 ans, je doute que ces messieurs qui me critiquent le fassent. »

La cohérence, c’est d’un ennui… Mais quoi qu’il arrive, la gauche en général et les écologistes en particulier ont raison parce qu’ils ont le monopole du cÅ“ur, ce qui les positionne immédiatement et éternellement du bon côté de l’histoire et de l’humanisme, tandis que tous les autres ont mille fois tort, quelle que soit leur rationalité et/ou la qualité scientifique de leurs raisonnements, y compris quand le réel leur donne raison.

Et nous arrivons ainsi à la question sociale. Faites remarquer à un militant de gauche que la France est le pays le plus redistributif au monde (comme s’y employa l’entrepreneur Rafik Smati récemment), et le militant (la militante, en l’occurrence) vous répondra : « Ne m’embrouillez pas avec vos chiffres, il y a 10 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté. » 

Première remarque, le seuil de pauvreté caractérise un niveau relatif de revenu (60 % du revenu médian). En conséquence, même dans une société riche qui disposerait d’un niveau de vie élevé du bas en haut de l’échelle sociale, on trouverait des familles vivant sous le seuil de pauvreté. Cela pour dire que cette grandeur ne saurait caractériser à elle seule le niveau de vie effectif des habitants d’un pays.

Mais surtout, ai-je envie de dire, faudrait savoir. D’un côté, le 7 novembre, Marine Tondelier se lamente sur la misère sociale qui s’accroit partout en France et qui risque de se multiplier encore plus en raison du budget « austéritaire » de Sébastien Lecornu. Et puis le 8, changement de ton radical. Manifestement en campagne en vue de l’élection présidentielle de 2027 – elle a annoncé sa candidature le mois dernier -, on la retrouve au salon du Made in France sur le stand du fabricant des jeans 1083 :

https://x.com/marinetondelier/status/1987168865156284445

Des jeans qui ont l’air effectivement très bien, mais qui coûtent « un peu plus cher », comme le dit si pudiquement Marine Tondelier. Les prix vont de 129 à 210 euros pour les modèles hommes, quand on peut s’offrir un jean Zara pour 50 euros. Mais des jeans qui, d’après elle, « font gagner de l’argent » : pas de travail d’enfants, pas d’exploitation des travailleurs, pas de pollution, pas de longs transports depuis le bout du monde – toute la fabrication (ou presque, parce qu’il est aussi question d’approvisionnements en Italie et en Tanzanie) s’est déroulée dans les 1083 km qui représentent la plus grande longueur de l’Hexagone.

Et puis des jeans solides, qui durent longtemps et qui sont fabriqués « par des salariés qui ont sauvé leur entreprise. » Enfin, plus exactement, qui essaient de sauver leur entreprise, car pour l’instant, les résultats ne sont pas au rendez-vous. Figurez-vous que curieusement, le facteur prix est important pour les consommateurs… Goutte d’eau de 50 000 jeans annuels dans un marché français où il s’en vend 67 millions par an, 1083 aimerait pouvoir s’appuyer sur la commande publique – pour la fabrication des futurs uniformes de l’Éducation nationale, par exemple. Tiens donc… Fiscalité délirante d’un côté, aides et connivence de l’autre – la France dans toute sa splendeur désindustrialisée.

Mais bref, Marine Tondelier est conquise. Plus cabotine que jamais, elle n’arrête pas de dire qu’on lui a conseillé de réessayer le jean de son choix une demi-taille au-dessus. Elle assure ne pas s’en formaliser, mais peut-être pourrait-elle tout simplement envisager de ralentir sur les bons déjeuners dans les salons du très chic et très cher restaurant Matignon.

Surtout, peut-être pourrait-elle essayer d’additionner deux et deux. Comment l’économie Made in France qu’elle promeut ainsi pourrait-elle être abordable pour le plus grand nombre si elle et ses amis du Nouveau Front populaire persistent à vouloir accroître les coûts de production à travers des augmentations d’impôts et des cotisations sociales toujours plus élevées afin de financer des dépenses sociales en constante augmentation ?

Illustration de couverture : la Secrétaire nationale des Écologistes (ex-EELV) Marine Tondelier en octobre 2024. Photo AFP.

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l’auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.

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13 réponses

  1. Compte tenu de l’infantilisme de nos politiques écologistes, pourriez vous adjoindre le QI de ces personnes donneuses de leçons en début d’article afin que l’on prenne la décision de lire ou non l’article

  2. Très bien dit (ou plutôt écrit). Entièrement d’accord avec cette analyse. La décadence de la France grâce aux Écolos !

  3. Dur dur d’être écolo et socialiste dans l’âme avec un zeste de compassion pour de pauvres jeunes migrants essentiellement mâles qui fuient leur pays où tout va mal en abandonnant leur famille pour rejoindre ce qui est pour eux un eldorado où pourtant tout va de travers pour ceux qui les accueillent.

  4. Article facile. Marine Tondelier, l’exemple parfait de la communiste qui s’est repeinte en vert pour faciliter son ascension vers le pouvoir, est prête à toutes les contradictions et reniements pour arriver à ses fins. Il faudrait suggérer aux auteurs d’Asterix de faire une bande dessinée humoristique de sa carrière pour railler la logique et le bon sens gaulois qui lui manquent totalement par opposition à l’arrogance dont elle déborde.

  5. Presque tout est dit. Manque au tableau d’imposture l’antisémitisme de plus en plus évident et l’immigrationnisme forcené de cette femme et de sa bande. Aucune différence entre ces anti-français et ceux de LFI (et accessoirement le P. C. et bon nombre de membres du P. S.)

    1. Effectivement, ils sont juste contre nature ,la politique ce ne devrait etre que de la gestion, et quand il y en a , la distribution positive (formation) des benefices.

  6. Comme c’est reposant de lire ce billet rempli d’un excellent humour toutes les lignes. Tout est dit, mais avec l’excellence et la subtilité d’une plume acérée qui sait piquer là où ça fait mal…
    J’admire la pertinence de ces quelques lignes et je souhaite vraiment que la personne dont il est question les lise : l’effet en est garanti, et je pense que la distance entre les prochains murs qu’elle longera et cette personne sera bien réduite de moitié, sinon plus…

  7. Dans sa vidéo elle précise qu'(elle) termine son voyage en Guyane, Martinique, Guadeloupe. Si elle ne prend pas l’avion comment a t elle réalisé son périple.
    Bof, elle n’est pas à une contradiction près…

  8. Je suis très étonné de ne pas voir d enquêtes journalistiques pour vérifier le mode de vie réel de tous ces donneurs de leçon : vacances déplacements loisirs voir s-ils s’appliquent à eux même leurs si valorisants principes

  9. Bravo pour l’article !
    Et les super réponses humoristiques !
    Pour ma part..
    Mme Tondelier….
    Bla bla bla…
    Je laisse des blancs entre les lignes….je n’ai que ça à écrire …du niveau Tondelier.
    Mes blancs entre les lignes expriment sa profonde…pensée .

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