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jeudi 11 juin 2026

Matthieu Pigasse, le millionnaire rouge contre le « système capitaliste à bout de souffle »

Temps de lecture : 2 minutes

Chantre de la gauche « radicale », l’homme d’affaires sera-t-il candidat à la prochaine élection présidentielle ?

On se souvient de celui qui était surnommé le « milliardaire rouge », Jean-Baptiste Doumeng, un homme d’affaires encarté au PCF. Le qualificatif doit-il s’appliquer au très médiatique Matthieu Pigasse, en dépit du fait qu’il ne soit pas communiste et que, semble-t-il, il ne soit pas (encore ?) milliardaire ? Les articles se sont multipliés au sujet d’une hypothétique candidature à l’élection présidentielle de 2027 de l’ancien énarque et banquier, dirigeant du groupe Combat Média. Car notre homme d’affaires est à gauche, très à gauche, et il mène une bataille médiatique contre le « fascisme » qui nous guette.

Le 10 juin sur RTL, il a (mollement) démenti, langue de bois à l’appui, sa candidature, tout en affirmant que, « candidat à aider », il soutiendrait chaudement celui qui unirait toutes les gauches, LFI incluse, mais que… « si la solution devait passer par (lui) », il serait « prêt », autrement dit il se sacrifierait en acceptant à contrecœur d’entrer à l’Elysée. Il en a profité pour appeler à une gauche, « crue », « radicale » et unie puisque manifestement la fréquentation des néocommunistes de LFI ne l’empêche pas de dormir, bien au contraire.

Il a une nouvelle fois déclaré qu’il défendait un programme de « partage des richesses », lieu commun de la gauche qui oublie, selon l’exclamation de Raymond Poincaré, qu’il faut les créer avant de les partager… Nicolas Lecaussin l’avait déjà renvoyé à ses chères études en rappelant que si l’homme d’affaires voulait partager sa fortune, libre à lui, mais qu’il n’avait aucune légitimité à exiger le partage des richesses d’autrui…

Matthieu Pigasse a également déclaré que, devant « un système capitaliste à bout de souffle », il défendait la lutte contre « l’austérité » -terme qui, sous la langue d’un homme de gauche français, signifie que le budget doit croître encore plus chaque année- et le « refus des inégalités », qui exploseraient -étant rappelé que, bien au contraire, après impôts et en tenant compte des prestations sociales, la France est un des pays les plus égalitaristes qui soient-.

Ajoutons qu’il vient de décrocher le contrat de restructuration de la dette vénézuélienne (Le Figaro, 6 juin 2026), un pays qu’il connaît bien, lui qui a osé déclarer sur RTL que Hugo Chavez avait été « élu démocratiquement » en son temps… Avec pareils propos, on en vient à se demander s’il ne serait pas un candidat très représentatif de l’ensemble des nuances de la gauche « radicale », d’autant plus lorsque l’on se souvient qu’il avait plaidé devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public en faveur d’une « taxe Zucman »… pour financer l’audiovisuel public (Challenges, 2 avril 2026) !

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