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mercredi 27 mai 2026

Médecine du travail : plus de 2 milliards… pour ça ?

Temps de lecture : 2 minutes

« Êtes-vous bien assis à votre poste de travail ? », « Votre environnement de travail, avec vos collègues, est-il satisfaisant ? », « Rencontrez-vous des problèmes particuliers ? » Ces questions sont familières pour les salariés du secteur privé. En effet, la loi impose à l’employeur de « protéger la santé et la sécurité de ses salariés ». Plus précisément, toutes les entreprises de moins de 500 salariés, soit la majorité des entreprises en France, doivent adhérer aux services de prévention et de santé au travail interentreprises (SPSTI).

Pour les entreprises, les coûts liés aux SPSTI ne sont pas négligeables. Le coût moyen national des cotisations est estimé à 116 euros pour 2026 (contre 115,5 euros en 2024), avec une fourchette allant de 92,80 euros à 139,20 euros pour chaque salarié.

Pour mieux en saisir l’ampleur, examinons le total national. En 2024, selon l’URSSAF, la France comptait 20,3 millions de salariés dans le secteur privé en moyenne annuelle. Parmi eux, au minimum 17,4 millions étaient suivis par les SPSTI, soit environ 85 % des salariés du secteur privé. De ce fait, pour les entreprises rattachées aux SPSTI (autrement dit quasiment toutes), le coût total par salarié s’élève à environ 2,01 milliards d’euros en 2024. Il s’agit d’une dépense globale très importante, surtout pour les petites entreprises, qui peinent déjà à faire face à leurs charges étouffantes.

Pourtant, ce modèle économique semble difficilement soutenable à long terme, au vu de la situation actuelle de la médecine du travail. Selon le ministère du Travail, le nombre de médecins a diminué de 15 % en dix ans, passant de 5 108 en 2012 à 4 298 en 2022. Pire encore, en 2030, ce nombre pourrait tomber à 3 565. Par ailleurs, en 2023, 61 % des salariés du secteur privé n’ont pas bénéficié d’une visite avec un service de médecine du travail au cours de l’année.

Bien évidemment, l’idée première de la médecine du travail ne part pas d’une mauvaise intention. Il s’agit de s’assurer que les salariés du secteur privé bénéficient d’un bon suivi de leur santé. Il est également évident que certaines professions, dans certains domaines (nous pouvons citer le BTP ou encore l’industrie chimique, entre autres), nécessitent des consultations régulières. Mais, encore une fois, au vu de la situation économique actuelle du pays, il serait pertinent de modifier son processus en rationalisant les dépenses tout en maximisant son efficacité.

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13 réponses

  1. « Modifier son processus en rationalisant les dépenses tout en maximisant son efficacité ? »
    Pourriez vous être plus précis ?

    1. ça s’appelle faire du reengineering de l’organisation…Plus efficient avec moins de monde. Ce qu’aucun fonctionnaire n’a appris à faire mais que des centaines de cadres du privé ont deja fait.

    2. Effectivement j’ai du relire cette phrase, mais en 2 secondes on la comprend : réduire les coûts en recentrant cette médecine sur les secteurs à risques. d’autant que c’est une proposition parfaitement logique.

  2. Pourquoi ne pas demander à son médecin traitant un certificat d’aptitude au travail ?
    A force d’économiser des milliards par-ci par-là… mais ce n’est hélas pas dans le mode de pensée des incapables dépensiers qui nous dirigent !

  3. Nous constatons que seuls les travailleurs du privé sont soumis à ce contrôle de l’aptitude au travail…
    C’est bien la preuve que nos fonctionnaires ne font rien ! 😂🤣

  4. Faire un article et finir sur « il serait pertinent de modifier son processus en rationalisant les dépenses tout en maximisant son efficacité. » ça n’est pas sérieux… Je ne crois pas que vous connaissez si bien le monde de la médecine du travail, et les cadences infernales dont son soumis les médecins du travail, cadences toujours plus importantes au fil des années.

    1. Effectivement, je ne suis pas médecin du travail, et à aucun moment dans cet article il est dit que la médecine du travail est inutile (cf le dernier paragraphe de l’article). Nos médecins sont précieux. Seulement voilà, la médecine du travail coûte cher pour les entreprises (en augmentation depuis une dizaine d’années me semble-t-il), alors que son efficacité pourrait paraître amoindrie au vu des chiffres de ces dernières années.
      Dans ce cas, nous pourrions peut être la rendre obligatoire seulement pour certains métiers, afin de rationaliser les coûts. Sachant qu’au delà de notre médecine du travail, la médecine générale est déjà malade…

  5. Mais, je ne comprends pas : le gouvernement a effectivement agi pour anticiper le problème. La visite était annuelle, elle est devenue bi-annuelle, et maintenant elle n’est obligatoire qu’une fois tous les 5 ans. Mécaniquement, ça veut dire qu’on a besoin de 5 fois moins de médecins du travail, non…?

  6. La première et dernière fois que j’ai utilisé la médecine du travail, j’ai eu une inflammation à l’oeil, le « médecin du travail » pour tester la vue m’avait donné un cache pas nettoyé, pour cacher un oeil après l’autre.
    Plus jamais la médecine du travail !!!

  7. Responsable d’un service d’une centaine d’ingénieurs et de techniciens spécialisés dans les services nucléaires, le médecin du travail en tête d’un groupe de membres du comité hygiène et sécurité, s’est introduit dans mon bureau sans préavis pour m’expliquer que le dossier de mon siège n’était pas adapté à mon poste travail ! J’ai rapidement identifié une source d’économie pour l’entreprise , mais malheureusement …

  8. Je travaille dans le domaine des soins infirmiers. Savez vous qu’il existe depuis plusieurs années des infirmier(e)s en santé au travail dans ces centres ?
    J’en connais certain(e)s, qui n’ont aucun scrupule à dire très franchement qu’ils/elles ont choisi cette voie pour se planquer, se la couler douce…

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