Journal d'actualité libéral
|
vendredi 23 janvier 2026

Mercosur : l’Assemblée nationale tourne une nouvelle fois le dos aux opportunités pour la France

Temps de lecture : 2 minutes

Le 27 novembre 2025, La France insoumise (LFI), conduite par Mathilde Panot, a fait adopter à l’Assemblée nationale une proposition de résolution invitant le Gouvernement français à s’opposer à l’accord commercial conclu entre l’Union européenne et le Mercosur. Sur 245 députés présents, 244 ont soutenu le texte, une élue ayant expliqué avoir « voté par erreur » le « non », ce qui rend l’adoption de la résolution unanime. L’accord UE-Mercosur doit encore faire l’objet de négociations au niveau européen durant le mois de décembre.

La proposition de résolution rappelle que cet accord concernerait près de 800 millions de consommateurs à l’échelle mondiale, « couvrant entre 40 milliards d’euros et 45 milliards d’euros d’exportations et d’importations ». Grâce à ce dispositif, les entreprises européennes disposeraient d’un accès à de nouveaux marchés, en bénéficiant d’un approvisionnement facilité en matières premières ou denrées venues d’Amérique du Sud.

Pourtant, LFI, fidèle à ses réflexes socialo-étatistes, expose pourquoi un tel accord serait néfaste. « Pression significative sur les prix et les débouchés des exploitations françaises », menace d’« accroissement des surfaces destinées aux productions d’exploitation […] au détriment des forêts ainsi que des écosystèmes », ou encore la « difficulté à rivaliser avec de grandes exploitations sud‑américaines dont les coûts de production reflètent des cadres réglementaires sociaux, sanitaires et environnementaux bien moins contraignants que ceux en vigueur dans l’Union européenne ». Dans ce cas, pourquoi ne pas commencer par regarder directement chez nous et contester la lourdeur administrative qui accable nos agriculteurs (en particulier la PAC) plutôt que de vouloir maintenir ces derniers dans un carcan qui les étouffe ?

Les exportations agroalimentaires française ne représentent que 5 % du total des exportations de l’UE vers le Mercosur, soit 272 millions d’euros en 2024. À l’heure actuelle, il y a des droits de douane Mercosur qui atteignent 55 % sur les produits agroalimentaires. Dans le cadre de l’accord UE-Mercosur, ces taxes seront fortement abaissées, jusqu’à zéro pour certaines. Plus généralement, plus de 4 600 entreprises françaises exportent vers le Mercosur, et 79 % d’entre elles sont des PME.

Le déficit de l’Union européenne vis‑à‑vis du Mercosur dans le secteur agroalimentaire est indéniable. Mais, si nous offrions d’abord davantage de liberté à nos talentueux agriculteurs, ils retrouveraient de l’espoir et leur productivité pourrait augmenter considérablement. Ils seraient alors capables non seulement de résister à l’afflux de produits sud-américains, mais aussi de tirer parti du libre-échange.

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


17 réponses

  1. Ce que les protectionnistes et autres souverainistes comme Philipot ou De Villier n’ont toujours pas compris est que le commerce mondial va dans les deux sens. A quoi bon vouloir ré-industrialiser la France si c’est pour fermer les frontières. Quand aux normes sanitaires soit-disantes insuffantes dans les autres pays, faudrait se rappeler d’où vient la crise de la vache folle, l’ epizootie, les huiles d’olives frelatées ou le scandale des lasagnes. Ce serait plutôt les États-Unis ou le Brésil de se méfier de l’alimentation importée d’Europe.

      1. Oui c’est vrai. Parce que la règle numéro une en Europe est:  » tout est dangereux ou suspect ce qui vient d’ailleurs « .

        1. L’épidémie d’obésité, bien visible, qui sévit et progresse dans de nombreux pays industrialisés avec ses conséquences sanitaires et sociales ne peut être ignorée.
          L’état de santé d’une population est liée entre autres à la qualité d’une alimentation devant faire l’objet de contrôles incontournables et cohérents, dans le cadre d’éventuelles retombées économiques indirectes importantes.

    1. Votre pensée curieuse laisse croire que vous préférez voir mourir cette agriculture qui nous fait vivre depuis quelques siècles au profit de productions étrangères et que par définition chacun fait selon sa compétence .
      Mais cher Dominique ce n’est ni plus ni moins une pensée profondément marxiste .
      Revoyez votre copie , elle n’est pas au goût du jour , même chez les macronistes , aussi médiocres soient ils .

  2. L’avantage du traité du Mercosur est qu’il profiterait au libéralisme argentin.
    Pour le reste, j’ai beau aimer les voitures allemandes, je n’irai pas jusqu’à sacrifier nos agriculteurs pour leurs beaux yeux !

      1. Sans oublier les consommateurs qui votent avec leur CB et souhaiteraient ainsi choisir en toute liberté le contenu de leurs assiettes.
        Notre pays n’était-il pas réputé pour sa gastronomie et le dynamisme de son agriculture ?

      2. Nicolas , et si on laissait le marché fonctionner librement , sans entrave ? Les excès des uns seraient naturellement écrasés par la normalité des autres . La France est exportatrice nette en production agricole depuis le XV° siècle autant qu’on puisse le mesurer. Alors pourquoi est-elle devenue insuffisante depuis cinq ans environ ? Excès de réglementation et de traités ?
        Bonne question n’est-ce pas ?
        Messieurs je ramasse les copies dans 4 heures .

  3. Je suis entièrement d’accord avec Mr Lecaussin, les agriculteurs français sont largement subventionnés. Ils pleurent, gémissent, manifestent,… mais oublient de dévoiler leur patrimoine immobilier, terrien, animalier,…..
    Dans ma région, la majeur partie est propriétaire de Manoir, de Mercedes, de gros tracteur (américain)…..
    Tant mieux s’ils s’en sortent, mais qu’ils cessent de geindre et qu’ils respectent leur outil de travail.
    Et tant mieux si le Mercosur se met en place, cela permettra à des personnes à faible moyen de pouvoir se nourrir en quantité, faute de qualité, mais cela ne changera pas grand chose pour ce qui est de la qualité (il suffit de voir tous les rappels de produits français).

    1. Les agriculteurs doivent vivre très confortablement d’un travail d’une importance vitale, loin d’être la vocation première du citoyen de base qui n’envisage pas forcément des semaines dépassant largement les 35 heures avec bien souvent de dures conditions
      Il en est de même par ailleurs pour bien d’autres professions difficiles nécessitant un QI bien supérieur à la moyenne avec d’importantes responsabilités.(Secteur médical).
      Je ne vois aucun inconvénient à ce que le travail acharné de certains de nos concitoyens ,très déterminés, intelligents et courageux, permette à ces derniers de s’enrichir.
      Il serait temps de réhabiliter certaines valeurs fondamentales représentant les fondements mêmes de nos sociétés.

  4. De tels traités commerciaux concoctés par les eurocrates de Bruxelles devraient en France, être soumis à référendum : que le peuple décide, cela s’appelle la démocratie ! Personne ne devrait avoir peur de la vox populi !

    1. Ce serait la moindre des choses de pouvoir exercer la « Vox populi » à l’instar du système Suisse,et comme le permet d’ailleurs notre constitution.
      Pour l’instant nous attendons Godot…….

  5. Mes machines, destinées à l’industrie agro alim, étaient taxées de droits de douanes à 100 % – au Brésil- au prétexte qu’il existait 2 fabricants de ce type de machine localement….

  6. Le libre échange est une politique économique avantageuse sous réserve que chaque partie respecte scrupuleusement les mêmes normes. À défaut de pouvoir vérifier l’application des normes dans les pays de production, il faut peut-être assouplir les règles européennes et notamment françaises.
    Les agriculteurs disposent d’un gros patrimoine immobilier, c’est leur outil de travail.
    Peu d’agriculteurs sont riches en tirant profit de leurs terres, et c’est dommage en regard du travail qu’ils fournissent. Ils doivent vivre noblement de leur travail sans ces subventions qui les assujettissent et les font passer pour des assistés !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.