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vendredi 29 mai 2026

Non, l’IA ne va pas créer des millions de chômeurs, au contraire !

Temps de lecture : 2 minutes

« L’IA est bonne pour la croissance » titre fièrement l’article montrant un homme arborant un sourire enthousiaste. Fabien Curto Millet, chef économiste de Google, était interviewé par La Tribune Dimanche.

En effet, loin des discours alarmistes et autres études anxiogènes, une très récente étude menée auprès de 6000 dirigeants dans quatre pays par Nicholas Bloom, économiste de Stanford, révèle que ces derniers s’attendent à ce que l’IA détruise 0,7% des emplois dans les 3 ans, soit 1,75 millions sur les quatre pays. Et non les terribles 20% parfois avancés.

Mais que dire alors de toutes les suppressions d’emplois attribuées à l’IA (comme dans le conseil ou l’audit aux Etats-Unis l’an dernier) ? « [I]l est plus facile d’accu­ser l’IA que de remettre en ques­tion la per­ti­nence d’un pro­duit face à son mar­ché ou le bien-fondé d’un modèle éco­no­mique. L’IA peut par­fois avoir une res­pon­sa­bi­lité, mais on l’implique très sou­vent à tort » corrige M. Curto Millet.

Et d’ajouter : « Au sujet du mar­ché du tra­vail, des pré­dic­tions par­fois apo­ca­lyp­tiques s’expriment quo­ti­dien­ne­ment. Ces inquié­tudes sont com­pré­hen­sibles, compte tenu de la rapi­dité sans pré­cé­dent de ce chan­ge­ment. Mais je ne les par­tage pas. Toute l’his­toire éco­no­mique enseigne que la tech­no­lo­gie est créa­trice d’emplois. » Ainsi de l’informatique, qui a créé plus de 19 millions d’emplois aux Etats-Unis quand il n’en a supprimé que 3,5 millions. Ou de l’automatisation, comme dans le secteur automobile au début du XXe siècle, où « [l]es emplois, loin d’être sup­pri­més, ont mal­gré tout signi­fi­ca­ti­ve­ment aug­menté dans ce sec­teur, parce que le prix des voi­tures a dimi­nué grâce à cette pro­duc­ti­vité, entraî­nant une hausse de la demande, d’où des embauches impor­tantes ».

C’est le fameux processus de destruction créatrice au cœur du capitalisme, cher à Joseph Schumpeter. Le progrès technique détruit de l’emploi, certes, mais en créé encore plus car en augmentant la productivité du travail, il le rend encore plus attractif pour l’investissement.

En outre, l’IA rend les travailleurs plus productifs, et d’autant plus les moins productifs.

Cela suppose néanmoins une politique de concurrence, pour éviter les concentrations et autres abus de position dominantes qui nuisent au progrès, ainsi qu’une initiative de formation des employés pour monter en compétence sur l’IA. « Il faut aller ren­con­trer les gens là où ils sont et orga­ni­ser des for­ma­tions en milieu de car­rière, car selon une enquête Google-Ipsos aux États-Unis, seuls 14 % des employés ont reçu une for­ma­tion IA de leur employeur entre mars 2025 et mars 2026. »

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9 réponses

  1. Entre les enthousiastes et les apocalyptiques, il est bien difficile de se faire une opinion personnelle sur ce que sera le monde et la vie de tous les jours dans 5 ou 10 ans, quand l’IA sera partout ? Peut-être même qu’elle sera là où personne ne la prédit aujourd’hui. C’est une aventure de plus à l’échelle mondiale.

  2. A ceci près que les emplois menacés sont des emplois à haut salaires dont la consommation fait tourner le commerce de proximité et dont les cotisations financent le système social alors que les pensions des retraités actuels sont déjà passablement payées à crédit…

  3. A quoi servirait que l’IA détruise tout les emplois comme certains le prétendent si les entreprises utilisant plus que l’IA n’ont en fin de course plus assez de clients pour consommer leurs produits?

  4. Le syndrome des luddites continue de faire des ravages au sein des medias en vendant de la peur aux gogos!!!!

  5. Gagner 19 millions d’emplois et en perdre 3,5 millions …. Où est l’intérêt si avec 3,5 le travail se faisait ? D’autant que l’on a mis à contribution tous les administrés et les clients qui doivent se débrouiller avec cet outil de progrès
    Exemple : plusieurs heures pour une déclaration d’impôts quand il fallait 1/4 d’feure avant l’informatique !

  6. L’IA, c’est certain ne peut que détruire des emplois. Affirmer le contraire est naïf. Il n’y a aucun intérêt à augmenter la masse salariale dans quelque domaine que ce soit. L’IA peut être un facteur de compensation et même de gain de pouvoir d’achat face à la dénatalité. A la condition que l’on ne recherche pas à compenser la perte d’habitants par l’importation de populations inadaptées pour satisfaire le besoin d’électeurs.

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