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jeudi 12 février 2026

Notre-Dame de Paris, entre restauration et contradiction

Temps de lecture : 2 minutes

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Cinq ans après l’incendie de Notre-Dame de Paris, la Cathédrale est rendue à elle-même et ses huit siècles d’histoire. Résultat d’une coordination inouïe, de pompiers héros, de milliers d’artisans au savoir-faire unique, ce chantier assure d’un jeu de forces humain et collectif et symbolise des valeurs qui nous dépassent.

Cet exploit met néanmoins en perspective, de façon moins étincelante, le travail de la justice, qui brille par son silence. Elle promet à qui veut l’entendre que l’enquête serait sur le point de s’achever, sans plus de précision.

Alors qu’un procureur de la République, trois juges d’instruction, et une poignée d’enquêteurs se sont succédés dans le même temps, aucune mise en examen n’est intervenue, et a fortiori toujours aucune responsabilité n’est identifiée. Par élimination, il est privilégié une origine accidentelle plutôt que criminelle.

Pourtant, des défaillances ont été soulignées : des ouvriers travaillant sur le toit fumaient malgré l’interdiction, des dispositifs électriques contraires aux autorisations étaient présents sous les combles, un système électrique d’un ascenseur aurait été défaillant, de même qu’un dispositif d’alarme, contribuant à retarder l’appel des pompiers. Même d’origine accidentelle, une responsabilité devrait pouvoir être identifiée. L’enjeu est déterminant.

Au-delà de la question purement financière de la réparation du dommage matériel colossal incombant aux assurances, se pose la question, de santé publique, de la prise en charge à long terme du préjudice causé par les émanations de plomb aux abords de l’incendie. Cette fumée jaune d’un polluant éternel, toxique et cancérigène, a entrainé des taux de plomb 25 fois supérieurs au seuil de référence dans les environs sur les parisiens. Et il a été démontré que le saturnisme peut révéler ses effets dévastateurs des années après l’exposition.

Point zéro des routes de France, Notre-Dame rappelle finalement une exception française, d’un pays qui continue de rayonner dans le monde, mais en même temps d’une justice en manque de moyens, symptomatique d’un pays à bout de souffle, sans budget ; en tout cas face à ses contradictions.

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l’auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.

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2 réponses

  1. Cette propension très Française à vouloir trouver à tout prix un coupable est vraiment consternante. Imaginons que vous réussissiez à identifier l’ouvrier qui aurait jeté son mégot de cigarette. Vous serez bien avancé? Vous lui enverrez la facture de quelques milliards, ou vous le ferez jeter en prison? Bravo, ce sera très utile à la cathédrale et à la société. Pour une fois qu’en France, on a su se retrousser les manches pour résoudre un problème, plutôt de de chercher un coupable, j’applaudis.

  2. Le chantier de Notre-Dame efficacement et rondement mené a prouvé une fois de plus, même si ce n’était pas nécessaire que lorsque les dépenses ne sont pas limitées, on peut , en France, faire de grandes choses.

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