Journal d'actualité libéral
|
mercredi 11 février 2026

Bientôt une police du gaspillage alimentaire ?

Temps de lecture : 2 minutes

Nos gouvernants n’arrêtent pas de prendre des mesures contre le gaspillage alimentaire. Dès 2013 (révisé en 2017), un Pacte national était mis en place, visant à réduire le gaspillage alimentaire de 50% d’ici 2025 pour les secteurs de la distribution et de la restauration collective, et d’ici 2030 pour les autres secteurs.

Depuis cette date, la frénésie réglementaire n’a pas cessé

Citons, entre autres :

  • la loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte qui introduit l’obligation, pour la restauration collective publique, d’avoir une démarche de lutte contre le gaspillage alimentaire ;
  • la loi dite « Garot » du 11 février 2016 qui interdit la destruction d’aliments encore consommables et oblige les distributeurs de plus de 400 m² à signer des conventions de don à des associations d’aide alimentaire ;
  • la loi EGalim du 30 octobre 2018 qui introduit l’obligation, à partir du 1er juillet de 2021, pour les opérateurs de la restauration commerciale de proposer le « gourmet bag » (doggy bag à la française) ;
  • la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (loi Agec) du 10 février 2020 qui étend notamment l’obligation de diagnostic anti-gaspillage aux industries agroalimentaires ainsi que les obligations de la loi Garot aux opérateurs de commerce de gros alimentaire ;
  • la loi du 22 août 2021 sur la lutte contre le dérèglement climatique et le renforcement de la résilience face à ses effets qui prévoit d’expérimenter la réservation de repas dans la restauration collective pour lutter contre le gaspillage alimentaire.

Cet arsenal législatif n’a eu que peu d’effets jusqu’à présent. Il est vrai qu’il ne s’attaque pas aux principaux gaspilleurs : les particuliers. Ils sont à l’origine de 40% du gaspillage alimentaire.

Pour y remédier, le député socialiste Guillaume Garot, qui incrimine le manque de contrôle, propose la création d’une police du gaspillage. Des fonctionnaires viendront-ils inspecter nos poubelles, nous faire la leçon, pour ne pas dire nous « rééduquer », et nous verbaliser si nous avons trop jeté ?

Après la police des températures, c’est donc celle des déchets alimentaires que l’on veut faire entrer dans nos logements. Avec les socialistes, décidément, Big Brother n’est jamais très loin !

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


5 réponses

  1. Réduire de 50% un phénomène qui n’est pas mesuré, c’est de la connerie à l’état de pureté cristalline. Il en va de même pour toutes les politiques environnementales prises à la va-vite car, en effet, qui oserait se prononcer « contre l’environnement » ?
    Cela fait passer un nombre hallucinant d’âneries et surtout cela donne l’illusion de l’action à des politiques incapables de la moindre influence quand il s’agit de faire leur job qui est d’améliorer la situation des citoyens qui les élisent.
    Des exemples : zéro émissions, zéro gaz à effet de serre, zéro artificialisation, zéro déchet, zéro pesticide, etc.
    J’attends avec impatience la politique  » zéro connerie » en matière environnementale.
    Nous en sommes loin, à une distance sidérale !
    Courage.

  2. Dans le passé, on disait avec bonhommie qu’en France tout finissait par des chansons.
    Mais la réalité a bien changé. De nos jours, en France, tout finit par des interdictions et des amendes. Et on s’étonne de la consommation croissante d’antidépresseurs !

  3. Confions cette mission à l’ADEME qui est experte en comportements domestiques. Elle seule sait quand on doit prendre une douche, changer de slip, laver son jean ou comment faire sécher son linge.
    Des inspecteurs pourraient faire du covoiturage avec ceux de la police de l’environnement qui viendraient contrôler si on n’a pas désherbé son allée avec du glyphosate.
    Une agence spéciale devrait bien sûr être crée pour assurer la coordination de ces deux organismes.

  4. Le problème est quel le dit gaspillage alimentaire est en fait constitué pour l’essentiel des os et de la peau de la viande avec 30% des carcasses perdues, des épluchures diverses, orange, maïs et noix par exemple, voire de l’enveloppe des graines comme le blé ou le riz (35% de perte environ). Même le fameux soja qui fait tant rêver les écolos comme base alimentaire est constitué seulement de 15 à 25% d’huile consommable par les humains. Le reste (tourteau) doit être donné aux animaux comme les vaches pour ne pas être perdu. Tout un paradoxe. Tout bien compté, la vraie perte est plutôt de l’ordre de 5%, sauf dans les pays les plus pauvres: la pauvreté énergétique limite la possibilité de réfrigérer les aliments, ce qui augmente la perte globale.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.