Journal d'actualité libéral
|
mercredi 10 juin 2026

 Pour Les Ecologistes, la « Nature » doit participer à la gouvernance des entreprises !

Temps de lecture : 2 minutes

Après avoir défendu une « Sécurité sociale de l’alimentation », le député écologiste veut que Gaïa soit représentée dans les méchantes entreprises.

Charles Fournier ( à ne pas confondre avec son presque homonyme Charles Fourier, le socialiste utopiste du XIXe siècle, quoique…) s’était déjà distingué avec le dépôt d’une proposition de loi (n° 386, 15 octobre 2024) « visant l’instauration d’une Sécurité sociale de l’alimentation ». Le député écologiste vient de récidiver avec le dépôt d’une proposition de loi (n° 2568, 3 mars 2026) « visant à représenter la nature en entreprise ».

De manière piquante, alors que l’on anathématise habituellement les parlementaires qui recopient les suggestions de certains lobbies, nul ne sera choqué de constater que cette proposition singe le travail de plusieurs associations et une étude de l’Institut Rousseau (Jean-Jacques, pas Sandrine), intitulée Repenser la nature en entreprise (24 février 2026), qui parle d’un « contexte d’épuisement du capitalisme libéral et des référentiels (sic) hérités de la Modernité occidentale ».

La proposition Fournier part de l’idée que la rénovation de la « démocratie au travail » est incomplète et qu’il convient d’ « élargir le cercle de celles et ceux qui participent à la définition de l’intérêt de l’entreprise ». Il s’agit de « questionner le primat des intérêts humains dans la gestion des affaires et notamment le primat des intérêts actionnariaux, comme le montrent les multiples jurisprudences faisant la part belle à la liberté d’entreprendre et aux droits des actionnaires (quelle horreur !) ». Or, les règles actuelles « ne permettent pas de conférer à la Nature (avec une majuscule svp) et à ses représentants un pouvoir significatif dans la gouvernance des entreprises ». Aussi la proposition entend-elle représenter la nature dans le dialogue social, les conseils d’administration et les assemblées d’actionnaires. La nature deviendrait « syndiquée », « administrative » et « actionnaire ».

Ce faisant, la proposition témoigne d’un cocktail détonnant, à vrai dire fort peu original chez les écologistes contemporains : un mélange d’antihumanisme, d’animisme, d’atavisme social et de holisme, autrement dit d’anti-individualisme. Elle constitue également un massacre de la notion de droit de l’homme. En effet, les droits ne sont ni donnés, ni conquis, ils appartiennent consubstantiellement à un être et cet être ne peut qu’être humain, n’en déplaise à nos Verts-rouges. Enfin, la proposition politise l’entreprise, et elle efface encore plus la frontière entre l’État et la société civile.

Un point a particulièrement retenu notre attention, même si, là encore, il n’avait rien de surprenant au regard des élucubrations contemporaines des khmers verts (pour paraphraser le regretté Gérard Bramoullé) de par le monde. La proposition prévoit que la nature sera représentée par des administrateurs indépendants dans les conseils d’administration des grandes entreprises et que ces administrateurs seront des personnes morales sous statut d’établissements publics placés sous tutelle ministérielle (l’État donc administrateur d’entreprises privées !) ou d’organismes d’intérêt général. Mais, si la « Nature » a des droits, pourquoi a-telle besoin d’être représentée par des êtres humains ?!

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


12 réponses

  1. Alors qu’ils montrent l’exemple que c’est possible mais en créant leurs propres entreprises  » nature  » . Mais j’imagine que pour eux c’est moins risqué de le faire chez les autres. Car je doute qu’ils ne voudront pas assumer les risques qui vont avec.

  2. L’entreprise étant elle même un élément de la nature, pas besoin de représentant!
    Par contre que les imbéciles soient représentés, on peut toujours se poser la question…

  3. Selon la Banque de France les gains écosytémiques sont évalués à 44000 milliards bien plus qu’aucune société cotée et leurs armada de cabinet d’avocats « spécialisés »
    https://www.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/publications/perte-de-biodiversite-et-stabilite-financiere-une-nouvelle-frontiere-pour-les-banques-centrales-et

    La nature est le fond de commerce de l’humanité, rien ne se perd, rien ne se crée (…)

    La nature est l’ensemble des êtres vivants dont nous faisons partie.

    Pourquoi n’auraient-ils au moins pas droit à l’aide juridictionnelle ?

    Question « bête » (…)

    1. Il serait temps de sortir de la futilité et de faire quelque chose pour sortir ce pays de la décadence dans laquelle l’a plongé la gauche!

  4. Jamais les « Verts » n’ont mieux mérité le sobriquet de « pastèque ». Leur crypto communisme à la soviétique suinte de toutes parts.

  5. « La proposition prévoit que la nature sera représentée par des administrateurs indépendants dans les conseils d’administration des grandes entreprises et que ces administrateurs seront des personnes morales sous statut d’établissements publics placés sous tutelle ministérielle (l’État donc administrateur d’entreprises privées !) »

    Que l’état (et les écologistes politiques) fassent déjà le ménage dans le code de l’environnement et qu’ils le fassent appliquer. Ce sera déjà un bon début pour l’obtention du cap et d’un contrat première embauche.

    Bien à vous

  6. C’est pourtant ce qu’ont fait les entreprises avec leurs « directions RSE » trop souvent sous l’influence de militants écolos quand elles ne sont pas aux mains de gugusses au moins aussi abrutis que ce député et qui les minent de l’intérieur en produisant à jets continus des âneries sur papier glacé (et leurs sites internet), âneries démenties par les réalités industrielles et économiques et que l’administration finit par croire, en remettant des couches d’exigences issues du programme des écologistes : empreintes carbones et promesses totalement irréalistes de « décarbonation », étiquetage, certifications à la c.., etc.
    Un véritable suicide.

  7. Pour voir le niveau de nuisance des escrologistes je donne un exemple : Ils ont imposé à un promoteur qui a aménagé un immeuble pour personnes âgées de limiter la température des pièces à 19°.
    Ils n’ont rien à imposer,ces personnes ont le droit de se chauffer comme elles l’entendent et SURTOUT en vieillissant la température du corps baisse et pour éviter des problèmes de santé graves,la médecine déclare qu’il leur faut au moins entre 210et 23° pour les éviter

  8. Ce n’est pas aux entreprises mais au législateur de prendre des dispositions limitatives en matière écologique. La question écologique n’a rien de nouveau. Déjà à l’époque romaine tardive, l’abusus est limité sur les rivières et les forêts : le propriétaire peut exploiter et vendre sa rivière ou sa forêt, mais il ne peut pas l’anéantir entièrement. Les jurisconsultes romains ont bien compris le rôle écologique de certains espaces. Au moyen-âge et sous l’ancien-régime, les « eaux et forêts » poursuivent cette veille. A l’époque moderne, le libéral Paul Leroy-Beaulieu traite de ce sujet écologique dans son livre « l’état moderne et ses fonctions ». Notons qu’une semblable limitation existe sur certains biens culturels qu’il est possible de posséder privativement mais non pas de détruire. L’état lui-même, au temps des mérovingiens passe d’un héritage privé à un héritage public : la primogéniture va permettre de rétablir une république à l’intérieur de la royauté. Notons aussi les limitations juridiques posées à la propriété dans le traitement des esclaves depuis l’antiquité. Il existe donc une solide tradition jus-naturaliste sur la limitation de la propriété dans certains cas. Je pense que les libéraux devraient travailler là-dessus pour répondre aux délires néo-théocratiques des écologistes.

  9. les écologistes sont comme le parti communiste avec le peuple, il savant ce que la nature « veut ».. et ce dont elle a besoin..0

    l’écologisme n’a rien ou presque à voir avec l’environnement tout avec le fait de forcer les gens à vivre comme les écologistes l’entendent.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.