La condamnation de l’ancienne présidente Cristina Kirchner et la confiscation de centaines de millions de dollars d’actifs appartenant à son clan ont été célébrées en Argentine. Mais pour Mary Anastasia O’Grady, journaliste spécialiste de l’Amérique latine, cela ne suffira pas pour remettre le pays sur pied : malgré les réformes de Javier Milei, l’Argentine est toujours affaiblie par le manque de crédibilité de ses institutions et de sa monnaie.
Condamnée à six ans de résidence surveillée pour fraude dans l’attribution de marchés publics, Cristina Kirchner continue de diriger la principale faction péroniste depuis sa résidence surveillée. La confiscation de ses actifs donne l’impression que la justice finit enfin par fonctionner, mais le système judiciaire du pays est connu pour être politisé. À l’époque où les Kirchner étaient populaires, leurs affaires passaient inaperçues. Aujourd’hui, l’opinion publique a changé. Avec les nombreuses preuves concernant l’enrichissement illicite de la famille, et alors que le pays subit les conséquences de son « socialisme au caviar », cette sanction financière s’impose comme une évidence.
Le problème se retrouve dans la politique monétaire. Comme l’a souligné l’économiste argentin Nicolás Cachanosky, les tentatives de stabilisation ne datent pas d’hier. Elles ont été menées « sous des gouvernements militaires comme sous des gouvernements démocratiques, dans le cadre de programmes hétérodoxes comme orthodoxes, par des économistes partisans du marché comme par des responsables politiques qui ne l’étaient pas (…). Chaque période s’est finalement terminée de la même manière. » Le problème, selon lui, ne vient pas seulement des politiques menées, mais du cadre institutionnel : dans un pays où les règles sont continuellement adaptées aux besoins politiques du moment, aucun régime monétaire fondé sur le peso ne peut inspirer une confiance durable.
Mary Anastasia O’Grady ne minimise pas pour autant les succès de Javier Milei. Lorsqu’il est arrivé au pouvoir en décembre 2023, le pays était au bord de la crise. En 2025, l’économie enregistrait une croissance de 4,4 %. Les réformes fiscales, la déréglementation massive et la suppression du contrôle des loyers ont également stimulé l’investissement et l’offre de logements. L’Argentine connaît en parallèle un boom énergétique et minier, et il y a moins d’une semaine, l’agence Fitch a relevé la note de sa dette.
Ces progrès sont toutefois fragiles. L’inflation devrait atteindre environ 30 % cette année. La croissance attendue, autour de 3,5 %, est modeste pour une économie émergente. Les marchés continuent d’anticiper un possible retour des péronistes après Milei. L’incertitude politique se traduit par une prime de risque très élevée : les investisseurs exigent des rendements nettement supérieurs pour les obligations arrivant à échéance après la fin potentielle du mandat présidentiel.
Enfin, la désinflation actuelle repose en partie sur des opérations de carry trade : les investisseurs profitent des taux élevés en pesos, tout en restant méfiants envers la monnaie argentine. Ils craignent en effet que la banque centrale soit contrainte, à terme, d’émettre massivement de la monnaie pour rembourser les créanciers. Pour Mary Anastasia O’Grady, c’est une mauvaise habitude dont l’Argentine ne parvient pas à se défaire.
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3 réponses
je partage l’analyse… « Chaque période s’est finalement terminée de la même manière. Le problème, selon lui, ne vient pas seulement des politiques menées, mais du cadre institutionnel : dans un pays où les règles sont continuellement adaptées aux besoins politiques du moment, aucun régime monétaire fondé sur le peso ne peut inspirer une confiance durable. » … l’alternance démocratique n’apporte aucune confiance durable… à la longue, c’est même le contraire… Ce qui fait l’essor économique, c’est la stabilité par-delà les alternances politiques… En France, hormis la parenthèse révolutionnaire, la monnaie fut d’une remarquable stabilité entre la Régence et la Grande Guerre (1715 – 1914) => deux siècles de stabilité de la Livre-or puis Franc-or, malgré des changements politiques nombreux. C’est cela la clef du développement. L’économie doit être indépendante du politique. … le pire est qu’aujourd’hui ce sont les autocraties asiatiques et orientales qui, malgré leurs défauts, disposent de ce temps long dans la gouvernance.
Si le pays dans les 3 à 5 ans qui viennent retrouve le plein emploi avec une hausse du pouvoir d’achat ainsi qu’une résurgence des droits de propriété non capté par les corrompus socialo-communistes de toutes obédiences, alors la crédibilité des institutions et le peso retrouveront toutes leur solidité.
Une monnaie solide repose d’abord sur la création de richesse appartenant à ceux qui travaillent sans être pillé par des pouvoirs politique et/ou corporatiste (le communisme de connivence).
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3 réponses
je partage l’analyse… « Chaque période s’est finalement terminée de la même manière. Le problème, selon lui, ne vient pas seulement des politiques menées, mais du cadre institutionnel : dans un pays où les règles sont continuellement adaptées aux besoins politiques du moment, aucun régime monétaire fondé sur le peso ne peut inspirer une confiance durable. » … l’alternance démocratique n’apporte aucune confiance durable… à la longue, c’est même le contraire… Ce qui fait l’essor économique, c’est la stabilité par-delà les alternances politiques… En France, hormis la parenthèse révolutionnaire, la monnaie fut d’une remarquable stabilité entre la Régence et la Grande Guerre (1715 – 1914) => deux siècles de stabilité de la Livre-or puis Franc-or, malgré des changements politiques nombreux. C’est cela la clef du développement. L’économie doit être indépendante du politique. … le pire est qu’aujourd’hui ce sont les autocraties asiatiques et orientales qui, malgré leurs défauts, disposent de ce temps long dans la gouvernance.
Le cas de l’Argentine montre qu’on ne sort pas facilement d’un système socialiste. A méditer pour la France !
Excellents commentaires mais :
Si le pays dans les 3 à 5 ans qui viennent retrouve le plein emploi avec une hausse du pouvoir d’achat ainsi qu’une résurgence des droits de propriété non capté par les corrompus socialo-communistes de toutes obédiences, alors la crédibilité des institutions et le peso retrouveront toutes leur solidité.
Une monnaie solide repose d’abord sur la création de richesse appartenant à ceux qui travaillent sans être pillé par des pouvoirs politique et/ou corporatiste (le communisme de connivence).