Il n’a fallu que quelques heures à la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, pour tourner la page Maduro et se dire prête à « coopérer avec Washington ». Certes, dans son communiqué de lundi matin, au ton infiniment plus conciliant de celui de la veille où elle dénonçait le raid américain (dont la réussie incroyable permet de soupçonner des complicités au sein du régime, peut-être au plus haut niveau) ayant permis la capture expresse du numéro un du régime vénézuélien, elle appelle à une relation « équilibrée et respectueuse », mais personne ne s’y trompera : elle a peur d’être la prochaine cible d’un raid américain, ou tir de missile, explicitement brandi la veille par Donald Trump si elle ne faisait pas « ce qu’il faut ». Le président américain n’a pas précisé ce qu’il entendait par là, s’il s’agissait simplement d’ouvrir le secteur pétrolier de son pays aux majors américaines, ou d’engager une transition démocratique crédible.
Dans le premier cas, crédible du fait que le Venezuela est doté des principales réserves mondiales, non auditées, de pétrole, environ 300 milliards de barils, il ne sera pas possible de vérifier la validité d’éventuelles promesses de Caracas étant donné la complexité juridique et technique devant présider à un retour des majors expulsées, sauf Chevron, du pays ces dernières années. Pour ce qui est d’une transition politique, force est de constater que la Maison-Blanche a snobé outrageusement la chef de l’opposition, Maria Corina Machado, dans ses déclarations peu après le raid. Cela signifie-t-il que Donald Trump est prêt à laisser une dictature en place, du Maduro sans Maduro en quelque sorte ? Plausible, mais cela serait au prix d’un sérieux discrédit auprès des électeurs latinos aux Etats-Unis. Il est aussi vraisemblable que le deep state diplomatique américain estime que la Prix Nobel de la paix manque d’un plan articulé pour contrôler les institutions du pays si elle était installée à la tête du Venezuela avec son associé, Edmundo Gonzalez Urrutia, qui avait remporté la présidentielle de l’été 2024 avant que Nicolas Maduro ne vole outrageusement le scrutin. Il faudrait en effet des nerfs solides et des appuis au sein de l’appareil d’Etat, voire de l’armée, pour qu’une figure politique pro-Etats-Unis s’impose dans un pays où des centaines de généraux proches du régime socialio-communiste actuel contrôle les entreprises clés.
On pourrait en savoir plus bientôt ; l’article 233 de la Constitution du pays, oubliée de nombre de commentateurs de l’actualité (et dont il n’est pas certain que les dirigeants qui restent en place tiennent compte), prévoit l’organisation obligatoire d’élections dans les trente jours suivant le constat de « l’empêchement physique permanent » du président. Comme on voit mal les Etats-Unis relâcher rapidement l’ex-numéro un du régime inculpé de trafic de drogues, on se retrouvera donc rapidement dans ce cas de figure, du moins théoriquement.
Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral
Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.
3 réponses
On espère que les Américains ont prévu quelque chose de fonctionnel pour la suite… sans quoi leur coup de force tournera au désastre… Seul le peuple Vénézuélien peut faire sa propre transition. Soit avec les élus de l’opposition, soit avec une « perestroïka » interne au régime bolivarien…
Les leçons iracquiennes, afghanes, lybiennes….ont été retenues……..pas d interventions massives au sol, pas de renversement de régime…..on garde la structure initiale en essayant de rallier qq dignitaires aux objectifs américains…enfin du pragmatisme et du réalisme!!!!
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel
Toujours activé
L’accès ou le stockage technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
L’accès ou le stockage technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
3 réponses
On espère que les Américains ont prévu quelque chose de fonctionnel pour la suite… sans quoi leur coup de force tournera au désastre… Seul le peuple Vénézuélien peut faire sa propre transition. Soit avec les élus de l’opposition, soit avec une « perestroïka » interne au régime bolivarien…
« …. prévoit l’organisation obligatoire d’élections dans les trente jours suivant le constat de « l’empêchement physique permanent » du président »
Il faudra organiser le vote des millions de Vénézuéliens ayant fuit à l’étranger, sans doute pas une mince affaire….
Les leçons iracquiennes, afghanes, lybiennes….ont été retenues……..pas d interventions massives au sol, pas de renversement de régime…..on garde la structure initiale en essayant de rallier qq dignitaires aux objectifs américains…enfin du pragmatisme et du réalisme!!!!