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dimanche 8 février 2026

Qui donne aux pauvres prête à Dieu, qui donne à l’État prête à rire

Temps de lecture : 2 minutes

Compte tenu de la dégradation de nos finances publiques, la fiscalité dite volontaire serait-elle la panacée ?

Le Figaro consacre un long article à la fiscalité volontaire (sur ce sujet voir le commentaire du livre Le Cens de l’État) sous le titre « « On peut tous agir à notre niveau » : Ces Français qui font des dons à l’État pour réduire la dette publique ». Il expose que des citoyens envoient de l’argent à l’État sans attendre de contrepartie sous forme de déduction fiscale. Le fondement textuel est à trouver dans l’article L 1121-1 du code général de la propriété des personnes publiques (l’un des 80 codes, ou à peu près, que compte notre ordonnancement juridique !) qui dispose qu’un particulier peut faire un don ou un legs à l’État, en l’occurrence par un arrêté du ministre de l’Economie et des Finances.

Le quotidien cite ce contribuable qui a envoyé en novembre 2024 un chèque du montant mirifique de 150 euros ou tel autre qui avait envoyé en 2021 un chèque de 40.000 euros tout de même (soit environ 0,00001 % du montant de la dette de l’État de l’époque…). Philbert Carbon avait rappelé dans une pendule (23 juin 2025) qu’un contribuable avait vu son don de 45 euros accepté par un arrêté du ministre de l’Economie et des Finances… six mois après !

Rien n’empêcherait la situation des finances publiques d’empirer de nouveau

Pour la petite histoire, nous avions, il y a de nombreuses d’années, fait un don à la Sécurité sociale. En effet, nous avions changé nos lunettes pour un coût de plusieurs centaines d’euros et la Sécurité sociale nous avait remboursé de quelque chose comme… un euro. Nous lui avions donc écrit pour la remercier de sa générosité et pour lui retourner la somme dans la mesure où, tout bien considéré, il était préférable que les contribuables ne « voient » pas le trou de la Sécurité sociale. Nous avions reçu en réponse une charmante lettre d’un fonctionnaire pince-sans-rire qui acceptait avec émotion notre don. Cette facétie nous avait été inspirée par le regretté Pierre Desproges qui avait reçu en son temps un chèque de quelques Francs de la part de l’administration fiscale et qui avait chaudement remercié « (son) Trésor » en précisant que cette somme lui servirait à acheter des carambars…

Trêve de plaisanterie : il y a deux manières d’interpréter ces dons de contribuables plus ou moins charitables. D’un côté, on peut se réjouir que ces derniers aient compris la gravité de la situation financière de leur pays. Mais, d’un autre côté, on peut se demander s’ils ont bien conscience des causes de cette situation. En effet, à supposer même qu’une telle initiative permette un assainissement des finances publiques, rien n’empêcherait la situation d’empirer de nouveau, plus encore à la suite de l’arrivée au pouvoir d’hommes politiques incompétents ou démagogiques.

En contrepoint, l’opération préalable est de limiter l’État. Lorsque ce dernier aura été réduit pour l’essentiel à ses missions régaliennes, il ne sera plus question de finances en capilotade.

 

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12 réponses

  1. Plutôt que « donner », on préférerait que les citoyens (Oups, je voulait dire les gens présents en France) aient des comportements qui ne génèrent pas des dépenses publiques « évitables ».

  2. le premier poste de dépenses publiques ce sont les 211 milliards de cadeaux d’argent public aux entreprises privées. Le 2e ce sont les 100 milliards d’évasion fiscale, en faveur de laquelle Macron a supprimé 4000 postes de contrôleurs.

  3. A la différence qu’à Dieu je lui donne quand j’en ai la possibilité et les moyens, pendant que l’Etat me prend sans me demander mon avis… et à tous les étages de la consommation.

  4. On leurs donnerait le Sahara,au bout de 5 ans ils faudrait qu’ils achètent du sable ailleurs .Coluche

  5. L’incompétence criante et irresponsable des gens qui nous gouvernent , Ministre des Finances compris , faux banquier s’il en est , sauf peut être quand il s’occupe de son propre patrimoine, s’oppose à un mode de fiscalité volontaire .
    Amélie « Lombard de Montchalin » serait même capable d’embaucher du personnel pour suivre ces entrées de fonds inattendues , ainsi que d’autres pour adresser un courrier de remerciements.

  6. Je trouve plutôt sidérant que quiconque puisse avoir ne serait-ce que l’idée de faire un don à l’Etat, celui-ci ne nous prend t il pas suffisamment d’argent avec tous les impôts, contributions, taxes et autres cotisations ?
    Ce pays est géré par des barbouilloux , je répugne même dans ce cas à parler de gérer. Si le trou a bien été foré par ses prédécesseurs, Macron n’a cessé de l’agrandir en laissant pourtant à la traîne certains investissements tels que le renouvellement de la flotte de Canadair. Nous avons un pourcentage de personnel administratif délirant comparé à nos proches voisins comme l’Allemagne.
    En matière de gestion, je suggère à nos amateurs de se faire donner quelques leçons par la République d’Irlande…

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