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vendredi 12 décembre 2025

Reconquête ! veut « dépolitiser » et « libérer » la France, mais toujours par l’État 

Temps de lecture : 2 minutes

russie

Nous avons fréquemment critiqué les positions d’Eric Zemmour, au grand dam de certains de nos lecteurs d’ailleurs. Sa focalisation sur l’immigration comme source de tous les maux et son étatisme forcené ne pouvaient que nous déplaire. Il faut néanmoins reconnaître que depuis quelques mois, il semble avoir changé de ton.

Tout d’abord, le président de Reconquête ! s’est explicitement démarqué du programme économique et social de Marine Le Pen et du Rassemblement national en n’hésitant pas à le qualifier de « socialiste ». Lors de son discours de rentrée le 7 septembre à Orange, le président de Reconquête! a clamé qu’il fallait « libérer les Français de la politique » et « dépolitiser le pays ».

Les mêmes mots se retrouvent dans une tribune de Sarah Knafo à Valeurs actuelles (11 septembre 2024). Le titre, « Dépolitiser la France pour la libérer », reprend peu ou prou les mots que nous avions utilisés à répétition dans différentes pendules. La députée européenne du parti parle de la libération « de la folie des normes et du fisc », de la baisse des impôts, de la fin des « chèques » donnés aux Français. « Il est temps de permettre aux Français de respirer, de créer, de bâtir à nouveau ». Elle conclut à une nécessaire « révolution antipolitique ».

Reconquête! serait-il en passe de devenir libéral ? Ne rêvons tout de même pas… « Ce n’est pas du libéralisme, car ce n’est pas une théorie. C’est une pratique », assène Sarah Knafo qui manifestement ignore que certains pays ont mis en œuvre de larges mesures de libéralisation depuis les années 1970…

Surtout, la députée européenne stigmatise les « politiciens » qui ont pris en France de mauvaises décisions au détriment du « peuple » (le vocabulaire reste anti-individualiste), alors même que l’État est toujours soigneusement préservé. On comprend bien que, selon une vieille tradition de droite, l’État est une bonne chose à partir du moment où les « bonnes » personnes le dirigent. Mais, comme le disait Ronald Reagan, « l’État n’est pas la solution à notre problème ; l’État est le problème ».

On ne s’étonnera donc pas de lire sous la plume de Sarah Knafo qu’il « faut cesser de subventionner les associations politisées », alors qu’un libéral dirait que, par principe, aucune association ne devrait être subventionnée ; qu’il « faut remplacer le ministère de la Culture, intrinsèquement de gauche, par un ministère des Beaux-Arts et du Patrimoine », lequel serait donc, lui, « de droite » si l’on saisit le raisonnement.

Nul mot n’est dit sur la méthode de « libération », mais il est clair que tout continuerait de venir d’en haut, alors que les libéraux font confiance à la société civile et à la subsidiarité, et qu’ils délimitent soigneusement les limites de la puissance publique afin de garantir la liberté des individus.

Encore un effort, Madame, Monsieur, les dirigeants de Reconquête!

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5 réponses

  1. Pour moi surtout moins d’état, mais également moins d’associations, moins d’administration, moins de commissions, beaucoup plus de privé, donc beaucoup moins d’assistanats. J’ajouterai pour finir revoir la constitution qui n’est plus dans le coup, en finir avec le mille feuille institutionnel, donc beaucoup moins d’élus.

  2. les Français ont toujours méprisé leurs représentants. Il en était ainsi durant la 4è république ; idem pour la 3è république, du début à la fin. Et si les Français avaient raison?

  3. Éric Zemmour et ses partisans ont toujours été d’inspiration Bonapartiste et Gaulliste, donc foncièrement étatiste. Ne vous en déplaise, je doute qu’ils y tournent le dos, et rien ne les y oblige. Ne sommes-nous pas tous libres d’adhérer aux idées que l’on souhaite ?
    Ce n’est donc pas à des partis existants de faire des efforts pour se rapprocher de vos idées : c’est à vous de les défendre si cela vous tient tant à cÅ“ur (principe de subsidiarité). Entrez donc en politique si vous avez de bonnes idées à défendre et à mettre en valeur ; encore un effort, monsieur Feldman.

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