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mercredi 27 mai 2026

Référendum sur la justice : pari perdu par Giorgia Meloni

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Une réforme phare du système judiciaire italien, défendue par le gouvernement de Giorgia Meloni, aurait été rejetée à l’issue d’un référendum organisé dimanche et lundi, selon des sondages à la sortie des urnes. Le non obtiendrait 54%, après le dépouillement des bulletins de plus de la moitié des bureaux de vote, indiquait lundi après-midi le site du ministère de l’Intérieur.

Un échec du référendum serait un coup dur pour Mme Meloni, qui dirige depuis octobre 2022 un gouvernement de coalition d’une stabilité inhabituelle. Elle a toutefois exclu catégoriquement l’idée de démissionner en cas de défaite.

Les Italiens étaient appelés à se prononcer sur une réforme qui prévoit de séparer les fonctions de juges et procureurs, divisant le Haut conseil de la justice (CSM) en deux organes autonomes dont les membres ne seraient plus élus mais désignés par tirage au sort. Le gouvernement faisait valoir, non sans raison, que le système actuel porte des risques importants de corruption, voire d’influence mafieuse sur les magistrats, tandis que l’opposition, non sans raisons aussi (puisque le dossier est complexe), estimait que le projet pouvait menacer l’indépendance de la justice.

Plus généralement, tout référendum sur des questions existentielles (donc au-delà de ceux très concrets sur des sujets parfois minuscules pratiqués en Suisse) est bienvenu pour revitaliser la démocratie, à l’heure où la volonté populaire semble confisquée par des élus très souvent indifférents aux désirs des électeurs. L’initiative n’est toutefois pas sans risque, ainsi que l’illustre le référendum sur le Brexit au Royaume-Uni, ou que l’illustrerait peut-être une consultation populaire sur les impôts ou les dépenses publiques en France. En même temps, l’espoir « est un risque à courir ; c’est même le seul qui en vaille la peine », disait Bernanos.

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5 réponses

  1. « (donc au-delà de ceux très concrets sur des sujets parfois minuscules pratiqués en Suisse)  »
    Le sujets minuscules sont considérés tels par les élites dirigeantes. La population Suisse a le bonheur de pouvoir passer outre sur ces avis « autorisés ».

  2. Rien n’empêche le gouvernement italien d’apporter des garanties afin de faire évoluer le texte proposé et de reproposer une nouvelle mouture au peuple italien en 2027.
    « Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage ».
    La pratique des référendums représente une alternative aux dérives autocratiques actuellement en cours dans certains pays européens.
    Encore faut il être assez courageux, comme peuvent l’être certaines femmes politiques, pour s’y aventurer.

  3. L’Italie n’étant pas la France, peut-être que des parlementaires réunis en congrès ne décideront pas, un ou deux ans après ce referendum, que les Italiens auront quand même, sous une forme à peine édulcorée, ce qu’ils ont massivement et indiscutablement rejeté précédemment. A voir.

  4. Encore un exemple qui montre que le référendum réclamé a corps et a cris par nos populistes hexagonaux ne règle aucun problème majeur
    Les difficultés actuelles ne sont pas institutionnelles mais releve d un état d esprit des citoyens narcissiques qui pataugent allègrement dans leurs contradictions

  5. Les difficultés actuelles ne tiendraient-elles pas plutôt à l’état d’esprit de certains qui voient du populisme dans le premier alinéa de l’article 3 de la Constitution de 1958 : « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum »?
    En France, puisqu’on ne le pratique plus depuis 21 ans, on ignore si le referendum ne règle aucun problème majeur. On sait toutefois, depuis le traité de Lisbonne, que les parlementaires n’ont aucun état d’âme à tranquillement s’asseoir sur la volonté clairement exprimée par le peuple.

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