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lundi 8 décembre 2025

RSA pour les 16-25 ans : le choix de l’assistanat plutôt que l’emploi

Temps de lecture : 2 minutes

Le 6 novembre, la sénatrice Antoinette GUHL a déposé une proposition de loi afin d’étendre le RSA aux jeunes sans emploi ni formation de 16 à 25 ans. Pour l’élue écologiste, il s’agit d’un « minimum vital » et d’un « outil d’insertion sociale et professionnelle ». Elle considère en effet que l’exclusion des jeunes du RSA est injuste : ils sont 1,4 million à n’avoir ni emploi, ni formation fin 2024. Le contrat d’engagement jeune (CEJ), qui s’adresse spécifiquement à ce genre de profil, est trop peu utilisé selon elle. Quant au RSA jeune actif, les conditions sont strictes : résider en France de manière stable et effective, exercer une activité professionnelle pendant au moins deux ans à temps plein au cours des trois années précédant la demande (sauf si l’on est un « parent isolé »), rechercher un emploi…

La première question que l’on peut légitimement se poser est la suivante : comment financer une aide sociale supplémentaire ? La France est le pays de l’UE ayant le taux de prélèvements obligatoires le plus élevé par rapport à son PIB. En 2024, elle était le troisième pays aux dépenses sociales les plus élevées (30,65 % du PIB), juste après l’Autriche et la Finlande (selon Eurostat, deuxième en Europe), et très au-dessus de la moyenne de l’OCDE (21,23 % du PIB). Faut-il ponctionner encore plus les contribuables ? Le fait que le FMI s’inquiète de la situation financière déplorable de la France ne semble pas déranger la sénatrice écologiste, qui persiste à croire que les conséquences des décisions des uns et des autres devraient reposer sur la collectivité et qu’il faudrait tout attendre de l’État.

Il existe pourtant des solutions bien plus simples pour améliorer l’insertion professionnelle des jeunes, à commencer par la libéralisation du marché du travail et la suppression du SMIC, véritable trappe à bas salaire et obstacle à l’embauche des profils peu qualifiés et peu expérimentés. L’exemple des pays comme l’Allemagne ou la Suisse peut aussi être utile : ils ont un taux de chômage des moins de 25 ans parmi les plus faibles d’Europe (respectivement 6,3 % et 8,3 %) parce qu’ils misent sur l’apprentissage, sur la proximité entre les écoles et les entreprises, et sur les passerelles entre formation et emploi.

Les socialistes, qu’ils soient de gauche ou de droite, ont toujours ignoré les effets délétères des politiques économiques qu’ils prônent : au lieu de favoriser l’autonomie et la responsabilité individuelle, cette loi, si elle est adoptée, va surtout encourager la dépendance et l’assistanat, et aggraver le niveau d’étatisation d’un pays en lente décomposition. Aucune politique de redistribution ne remplacera jamais un marché libre et des formations alignées sur les besoins des entreprises.

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13 réponses

  1. Le RSA est une dépense extrêmement efficace car elle assure pour un coût mesuré la prise en charge de profils dont le privé se passe tout à fait, des millions de profils bien plus compétitifs étant déjà immédiatement disponibles sur le marché du travail. Quant à la comparaison avec l’Allemagne ou la Suisse, elle n’est pas très pertinente car dans ces pays, on a arrêté de faire des enfants depuis les années 70, ce qui place les salariés en position de force pour négocier de bons salaires alors qu’en France, on peut tout à fait être qualifié, expérimenté, mais bloqué au Smic car du fait de la démographie française, le marché est saturé de candidats et libéralisation devient alors synonyme de tiers-mondisation…

    1. Le RSA est une mesure d’assistanat dont on se passerait volontiers (comme la totalité des aides sociales). Qui êtes-vous pour parler à la place des entreprises ? La comparaison avec l’Allemagne et la Suisse est au contraire très pertinente parce qu’ils ont un système qui fonctionne mieux que le nôtre sur ce point et dont on aurait tout intérêt à s’inspirer. Sur la démographie : j’ai l’impression que vous concevez l’économie comme un gâteau à se partager. Les bons salaires en Suisse s’expliquent principalement par une fiscalité réduite et une intervention limitée de l’Etat dans la sphère économique.

      1. Je suis ingénieur spécialiste des problèmes de gestion et d’organisation et donc les bons salaires Suisses s’expliquent en grande partie par le statut de paradis fiscal ayant longtemps fait affluer les capitaux et aussi par la dénatalité car celle-ci permet de recentrer l’industrie sur du haut de gamme à forte marge. Inversement, dans les pays « natalistes » comme la France, le Royaume Uni ou les Etats-Unis, l’industrie s’est généralement effondrée et on recourt à l’argent magique pour augmenter artificiellement la taille du gâteau, et en France, on le fait par le social car les Français sont un peuple de paysans et la mentalité paysanne, c’est vraiment du gagnant/perdant et quand c’est du gagnant/gagnant, c’est que c’est l’Etat qui paie!

        1. La question n’est pas de savoir si c’est « facile » ou non de dire ça à titre personnel ; la question est de savoir quelles conditions sont les plus favorables à l’émergence d’une société prospère et comment lutter efficacement contre la pauvreté à long terme.

  2. N’est-il pas surprenant d’entendre parler d’assistanat à outrance de la part de la gauche (RSA, Revenu universel,…) quand on sait que les politiques et financiers louchent sur l’épargne des Français ? Serait-ce une manière de s’enrichir facilement en spoliant les épargnants et en contrepartie en leur distribuant des miettes ?

  3. Les ecolos ne parlent jamais d’écologie
    Même mantra que leurs collègues de gauche, taxer, subventionner
    Quand on veut trouver du boulot on en trouve, n’importe lequel si on en a besoin

  4. Un jeune de 16 ans qui ne sait pas quoi faire de sa vie, on lui propose soit d’aller travailler, soit de suivre une formation. Un pays qui propose à ce même jeune de rester chez lui et d’être payé à ne rien faire, c’est un pays fini, désespéré.

    1. Et pour cause, remettre au travail ces jeunes supposerait fatalement de tailler dans les rentes des retraités pour financer les emplois et électoralement parlant, c’est suicidaire car les moins de 35 ans, c’est 17% du corps électoral, alors que les retraités, c’est 40% du corps électoral…

  5. Le narco trafic a une longue et belle vie devant lui …
    Au guêt dès 12 ans, ils toucheront même le RSA à 16 ans …
    Quelle décadence et c’est un faible mot , ce pays…….
    Quand donnerons-nous un grand coup de pied dans la fourmillière ….. pour juste changer de cap ????

  6. Mais bien sûr continuons dans l’ absurde.
    Payons les…. ils ne peuvent pas aller travailler, se former ? Pourquoi ? Ils sont handicapés ? pour qu’ils puissent se tourner les pouces. Cela va certainement les pousser à avoir envie d’ aller gagner leur vie !
    Et après la prochaine étape c’est quoi ? Les 12 -14 ans ?
    Y’ en a vraiment marre de ces idées de m….. ou c’est toujours Nicolas le dindon de la farce ! Il y a bien assez d’assistés dans ce pays, pas besoin d’en rajouter ! ! Poussez les plutôt à aller travailler.

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